TREMORS (1990)

Un western moderne plein d'humour avec Kevin Bacon, Fred Ward et une nuée de vers gigantesques

TREMORS

1990 – USA

Réalisé par Ron Underwood

Avec Kevin Bacon, Fred Ward, Finn Carter, Michael Gross, Reba McEntire, Robert Jayne, Charlotte Stewart, Tony Genaro

THEMA INSECTES ET INVERTÉBRÉS I SAGA TREMORS

Ron Underwood n’avait jusqu’alors réalisé qu’une poignée de téléfilms anonymes, mais la productrice Gale Ann Hurd (Aliens et Terminator tout de même !) décida de miser sur lui et sur le scénario inventif qu’il concocta avec S.S. Wilson et Brent Maddock, lui allouant un budget de onze millions de dollars. Perfection, une bourgade perdue en plein désert du Nevada, devient soudain la proie de vers géants qui ondulent sous la surface et surgissent pour détruire tout sur leur passage en engloutissant les rares humains se trouvant aux alentours. Une jeune géologue, venue pour étudier l’étrange réaction de sismographes installés dans la région, se joint malgré elle à deux hommes à tout faire, qui étaient sur le point de quitter Perfection, ainsi qu’aux autres habitants de la bourgade. Tous vont devoir unir leurs forces pour lutter contre ces mutants voraces, bientôt baptisés « graboïdes » (littéralement « attrapoïdes ») par un commerçant désireux d’en faire une attraction touristique.

Tremors mixe l’influence des monstres géants des années 50 et les codes des films catastrophe animaliers hérités des Dents de la mer. Pourtant, le long-métrage décomplexé de Ron Underwood se distingue par un ton très personnel et exhale une fraîcheur franchement enthousiasmante. Le contexte de western moderne du récit sied à merveille à cette invasion de vers géants autrement plus impressionnants que ceux de Dune. La qualité des effets spéciaux mécaniques d’Alec Gillis et Tom Woodruff est d’autant plus manifeste que les apparitions des créatures souterraines sont exclusivement diurnes, la plupart du temps en plein soleil, ce qui n’enlève rien à leur potentiel d’épouvante. « Nous avons dû construire de nombreuses marionnettes plus ou moins grandes et plus ou moins sophistiquées de vers géants pour ce film », explique Alex Gillis. « Certaines étaient grandeur nature, d’autres à échelle réduite. Les plus complexes étaient animée de manière animatronique, et les plus simples manipulées comme des marionnettes à main. Le tournage était assez éprouvant, parce que nous passions notre temps avec des masques sur le visage à creuser la terre pour y installer nos marionnettes. Nous étions couverts de poussière et de sable, c’était épuisant et un peu décourageant. Mais le film est devenu un classique et ce fut le point de départ de notre atelier d’effets spéciaux Amalgamated Dynamics. » (1)

Le buddy movie du désert

L’angoisse inhérente à la situation de base va crescendo, reposant sur l’élimination progressive de chacun des échappatoires prévues par les protagonistes, déjà fort mal lotis à la base par une isolation complète d’avec le monde extérieur : des montagnes d’un côté, une colline de l’autre, une route impraticable, et le téléphone coupé. Kevin Bacon et Fred Ward composent un duo antithétique savoureux, qui repose sur le principe classique du «buddy movie» et dote le film de nombreuses touches d’humour contrastant avec la menace qui couve d’un bout à l’autre du métrage. On peut s’étonner, en revanche, que le couple armurier et amoureux des pétoires en tout genre n’ait pas été davantage tourné en dérision, leur fascination pour les armes à feu confinant pourtant au grotesque. Plus le film avance, plus la minutie du scénario et de ses rouages se révèle, chaque détail implanté de manière anodine tout au long du récit (l’adolescent qui joue au ballon, la petite fille qui saute sur son ressort, le réfrigérateur, le bulldozer…) jouant un rôle clé aux moments de suspense les plus forts. En la matière, la séquence où les héros s’enferment dans une petite boutique en s’efforçant de faire le silence (la moindre vibration attirant immanquablement les monstres vers la surface) est un petit chef d’œuvre de tension. Le succès de Tremors entraîna la mise en chantier de quatre séquelles destinées au marché de la vidéo et d’une série télévisée.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2018


© Gilles Penso  

 

Complétez votre collection

Partagez cet article