LIMITLESS (2011)

Un écrivain sans le sou découvre une pilule expérimentale miraculeuse qui lui permet d’utiliser ses capacités cérébrales à plein régime…

LIMITLESS

 

2011 – USA

 

Réalisé par Neil Burger

 

Avec Bradley Cooper, Robert De Niro, Abbie Cornish, Andrew Howard, Anna Friel, Johnny Whitworth, Tomas Arana, Robert John Burke, Darren Goldstein

 

THEMA POUVOIRS PARANORMAUX

Limitless est l’adaptation du roman Champs de ténèbres (The Dark Fields) d’Alan Glyn, publié en 2001. En le découvrant, la scénariste Leslie Dixon (Freaky Friday, Et si c’était vrai…) tombe sous le charme et en achète les droits. En échange d’un poste de coproductrice et d’un accord stipulant que personne d’autre qu’elle ne pourra retoucher le script, elle vend son scénario à Universal et contacte le réalisateur Neil Burger (L’Illusionniste avec Edward Norton, et plus tard la saga Divergente). C’est finalement Relativity Media et Virgin qui produiront le film. Shia LaBeouf est d’abord envisagé pour en tenir le rôle principal, sa carrière étant alors sur la piste ascendante, notamment grâce à Transformers et Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Mais le jeune acteur se blesse la main dans un accident de voiture et doit passer son tour. Voilà pourquoi Bradley Cooper, sur le point de passer dans la « liste A » des comédiens bankables grâce au succès de Very Bad Trip, prend le relais. Honnêtement, nous n’y perdons pas au change, tant Cooper s’investit pleinement dans ce rôle multi-facettes. Pour lui donner la réplique, c’est l’immense Robert De Niro qui partage le haut de l’affiche. Certes, l’ex-Taxi Driver n’intervient qu’à mi-parcours de métrage et n’apparaît pas plus d’une vingtaine de minutes à l’écran. Mais son charisme impeccable irradie une grande partie du film, comme à l’époque d’Angel Heart.

Cooper incarne Eddie Mora, un écrivain new yorkais qui peine à joindre les deux bouts, subit les affres de la page blanche et vit dans un appartement désordonné dont il risque d’être expulsé. Pour couronner le tout, sa petite amie Lindy (Abbie Cornish), frustrée par son manque de progrès et d’ambition, décide de rompre avec lui. Le tableau n’est donc guère reluisant. En pleine errance dans les rues de la ville, Eddie rencontre Vernon (Johnny Whitworth), le frère de son ex-femme, un ancien dealer qui lui propose de tester l’échantillon d’un nouveau produit pharmaceutique expérimental et révolutionnaire, le NZT-48. Selon Vernon, cette pilule permet aux humains de développer toutes leurs capacités cérébrales et aidera Eddie à résoudre ses problèmes de créativité. Ce dernier est évidemment perplexe, mais qu’a-t-il à perdre ? Il ingère donc le mystérieux médicament, incrédule… et soudain tout s’éclaire. Le voilà doté d’une mémoire parfaite, d’une capacité d’analyse hors-pair, d’une créativité sans borne. Bref, son cerveau est en ébullition. Mais il y a bien sûr un revers à la médaille…

Brainstorm

Pour dépeindre la soudaine ouverture d’esprit de son protagoniste, Neil Burger déploie des trésors d’inventivité et multiplie des idées de mise en scène surprenantes qui n’auraient pas dépareillé chez David Fincher (on pense notamment aux trouvailles visuelles de Fight Club) : des changements radicaux de colorimétrie, de vertigineux enchaînements de zooms rapides dans les rues de la ville, la démultiplication de Bradley Cooper à l’écran symbolisant son décuplement d’énergie, une pluie de lettres de l’alphabet qui tombent sur son bureau au moment où l’inspiration lui vient brusquement, le plafond de son appartement qui affiche les cours de la bourse… Nous voilà littéralement en présence d’une sorte de super-héros dont le pouvoir serait une intelligence sans limite. Or ces nouvelles capacités se révèlent dévorantes. Car il faut à Eddie toujours plus de savoir, d’idées, d’ambition, jusqu’à son inévitable mise en danger. S’il stagne, il craint de littéralement imploser. Mais le cerveau humain est-il capable de fonctionner à un tel régime sans effet secondaire indésirable ? Et le corps est-il prêt à subir de telles mutations ? Bradley Cooper incarne à merveille les différentes phases de ce personnage balloté entre plusieurs états contraires : l’épave qu’il est en début de métrage, l’éveil soudain de ses sens, la redescente douloureuse, les moments d’euphorie, de manque, de doute… Les amateurs du roman regretteront peut-être que le scénario ait évacué tout le sous-texte politique de l’intrigue, mais Limitless reste un thriller paranormal passionnant, qu’il n’est pas interdit d’appréhender comme une métaphore des effets de la cocaïne sur les requins de la finance.

 

© Gilles Penso

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