

Le lutin grimaçant aux pouvoir magiques est de retour dans le Los Angeles des années 90 pour obliger une jeune femme à l’épouser…
LEPRECHAUN 2
1994 – USA
Réalisé par Rodman Flender
Avec Warwick Davis, Charlie Heath, Shevonne Durkin, Sandy Baron, Adam Biesk, James Lancaster, Linda Hopkins, Arturo Gil, Kimmy Robertson, Clint Howard
THEMA DIABLE ET DÉMONS I PETITS MONSTRES I SAGA LEPRECHAUN
Malgré ses modestes ambitions, Leprechaun connut un certain succès auprès des amateurs de films d’horreur comiques et décomplexés, poussant son scénariste et réalisateur Mark Jones à en initier une suite. Mais Jones est alors occupé à écrire Rumpelstiltskin, qui repose sur les mêmes ingrédients et qu’il espère doter du potentiel d’une nouvelle franchise. Il reste donc producteur de Leprechaun 2 mais cède la mise en scène à Rodman Flender, futur réalisateur de La Main qui tue et d’un paquet d’épisodes de séries TV. Co-écrit par Turi Meyer et Alfredo Septién (qui deviendront des piliers de la série Smallville), le scénario balbutie un peu avant de trouver sa forme définitive. L’une des idées initiales est de fait revenir le personnage de Tory Redding, incarné par Jennifer Aniston dans le premier film, pour que le Leprechaun cherche à se venger d’elle en l’obligeant à l’épouser. La jeune actrice se voit offrir 25 000 dollars pour reprendre le rôle, mais la série Friends accapare alors tout son temps et s’apprête à devenir le triomphe que l’on sait. Le récit est donc retravaillé pour intégrer un nouveau personnage. Son rôle est d’abord confié à Denise Richards, laquelle se révèle indisponible (elle sera la même année à l’affiche de l’hallucinant Tammy and the T-Rex). C’est finalement Shevonne Durkin qui tiendra le haut de l’affiche de Leprechaun 2.


Le prologue du film se situe en Irlande, en l’an 994. Le jour de la Saint-Patrick, le Leprechaun (Warwick Davis, toujours) s’apprête à célébrer son millième anniversaire et décide de prendre femme. Il jette son dévolu sur une jolie jeune fille en fleur (Shevonne Durkin) qui s’avère être la fille de William O’Day (James Lancaster), un pauvre hère à son service. Si la malheureuse éternue trois fois d’affilée, elle sera liée pour toujours au redoutable lutin. Mais en criant « à tes souhaits ! », son père la sauve des griffes du Leprechaun, qui le tue aussitôt et fait le serment d’épouser une descendante de la famille O’Day lors de son prochain millième anniversaire. La petite créature grimaçante est donc patiente et tenace ! Nous voilà donc transportés dans le Los Angeles de 1994, le jour de la Saint Patrick. Le Leprechaun ressurgit comme prévu et trouve sa proie : Bridget, qui ressemble trait pour trait à sa lointaine ancêtre (et pour cause, c’est la même actrice) et qu’il décide cette fois-ci de ne pas laisser filer entre ses griffes…
La fiancée du lutin
Comme le premier Leprechaun, cette suite est très sympathique, certes, mais pas foncièrement passionnante, et l’on se perd encore en conjectures sur l’incroyable longévité de cette saga au concept pourtant si limité. Warwick Davis semble toujours s’amuser dans le rôle du petit monstre, soutenu par l’excellent maquillage de Gabe Bartalos. Quelques mises à mort originales ponctuent par ailleurs le métrage, notamment ce garçon qui croit embrasser les seins d’une fille alors qu’il s’agit de deux hélices sur le point de le déchiqueter. Car notre Leprechaun est toujours maître dans l’art de créer des illusions, mais aussi de se rendre invisible ou de déplacer les objets à distance, son seul point faible étant manifestement le contact avec du fer forgé – qui semble être la kryptonite des lutins de son espèce. Son repaire, dans lequel se déroule le dernier acte du film, prend les allures d’un décor de train fantôme, les protagonistes traversant inlassablement le même couloir pour nous faire croire à un souterrain labyrinthique. Nous avons même droit à un squelette vivant et menaçant, qui aurait bien sûr gagné à être animé en stop-motion – façon Ray Harryhausen – plutôt que sous forme d’une marionnette mécanique très restreinte dans ses mouvements. Au détour du casting, le spectateur attentif reconnaîtra les visages furtifs de Clint Howard (le psychopathe de Ice Cream Man) et Kimmy Robertson (la Lucy de Twin Peaks) dans le rôle de deux touristes. Après cet opus, sorti dans les salles américaines en avril 1994, les suivants seront directement distribués en vidéo.
© Gilles Penso
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