L’EXTRA-TERRESTRE (2000)

Deux des trois « Inconnus » se retrouvent dans cette comédie de science-fiction improbable où un alien échoué sur Terre est traqué par des robots…

L’EXTRA-TERRESTRE

 

2000 – FRANCE

 

Réalisé par Didier Bourdon

 

Avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascale Arbillot, Danièle Lebrun, Antoine du Merle, Olivier Rabourdin, Olivier Marchal, Jérôme Chappatte, Marina Moncade

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES I ROBOTS

Coincés depuis la fin des années 90 par un conflit qui les oppose à Paul Lederman, Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus ne peuvent plus légalement s’appeler « Les Inconnus » ni jouer ensemble sans reverser une part conséquente de leurs bénéfices à leur ancien producteur et manager. Pour contourner ce problème, le trio se divise. C’est ainsi que Bourdon et Campan tournent ensemble dans Le Pari, qu’ils coréalisent avec un certain succès en 1997. Lancé trois ans plus tard, L’Extra-terrestre les réunit à nouveau, même si cette fois-ci Bourdon signe seul la mise en scène en s’appuyant sur un scénario de Valentine Albin (La Vengeance d’une blonde, Hercule et Sherlock). À vrai dire, Campan hésite un peu à s’embarquer dans l’aventure, dans la mesure où il ne se pense pas du tout taillé physiquement pour incarner un androïde destructeur. Mais l’expérience s’annonce amusante. Et si l’acteur doit se soumettre à quelques séances de maquillage spéciaux orchestrées par Reiko Kruk et Dominique Collandant (Nosferatu fantôme de la nuit, Frankenstein 90), il n’a en revanche que peu de répliques à mémoriser. D’autres comédiens familiers des Inconnus s’embarquent dans L’Extra-terrestre, notamment Henri Courseaux (Le Téléphone sonne toujours deux fois) et Antoine Du Merle (Les Trois frères).

Des images de synthèse extrêmement primaires – pourtant conçues par les spécialistes d’une compagnie alors à la pointe des effets numériques, Medialab – alimentent le générique de début et annoncent déjà une certaine pauvreté visuelle. L’espace, des astéroïdes et un vaisseau spatial lancé à vive allure vers la Terre s’y affichent en vrac, dans une nuée de pixels peu convaincants. Et nous voilà face à Zerf (Didier Bourdon), un soldat extraterrestre à forme humaine originaire de la planète Kryptalon. Envoyé en reconnaissance sur la Terre, il a failli à sa mission à la suite d’une fausse manœuvre et se retrouve perdu en plein Massif central. Or Yeb et Xab (Bernard Campan et Olivier Rabourdin), deux androïdes de Praton, une planète avec laquelle Kryptalon est en guerre depuis 130 ans, sont à sa poursuite dans le but de le tuer. Traqué sans répit, Zerf est pris en autostop par Agathe (Pascale Arbillot), une jeune femme qui vient de se séparer de son amant et qui semble être son seul salut pour échapper à ses assaillants et regagner sa planète…

E.T. contre Terminator ?

Ce plongeon pur et dur dans le fantastique, alimenté par la mécanique classique du « poisson hors de l’eau », ressemble à une tentative maladroite de retrouver un peu tardivement les recettes des Visiteurs. Le poster du film reprend d’ailleurs l’imagerie du duo antithétique : Le Jaqcuouille courbé qu’incarnait Christian Clavier devient ici un Didier Bourdon presque bossu au look improbable (engoncé dans un kilt, coiffé comme Desireless), et le fier chevalier Jean Réno s’est transformé en robotique Bernard Campan. Comme on pouvait le craindre, les gags s’avèrent tous plus poussifs et attendus les uns que les autres. Mêmes les séquences prometteuses – la confrontation avec les punks dans le restoroute, le repas familial, l’affrontement au milieu d’une fête de village – tombent à plat. Bourdon nous amuse très peu en E.T. adulte perdu sur Terre, pas plus que Campan et Olivier Rabourdin en Terminators à la coupe iroquoise. Mal écrit, mal mis en scène, mal joué, mal rythmé, L’Extra-terrestre s’encombre en outre d’une musique techno sans finesse reprenant le fameux motif de la « Symphonie du Nouveau Monde » de Dvorak popularisée par la chanson « Initial B.B. » de Gainsbourg. Bref, nous voilà face à un beau ratage. Cela dit le projet lui-même ne s’annonçait pas particulièrement palpitant, donc la déception reste toute relative.

 

© Gilles Penso

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