AVALANCHE SHARKS (2014)

Dans une station de sports d’hiver californienne, des requins monstrueux se cachent sous la neige et attaquent les vacanciers…

AVALANCHE SHARKS

2014 – CANADA

Réalisé par Scott Wheeler

Avec Alexander Menedeluk, Kate Nauta, Benjamin Easterday, Eric Scott Woods, Kelle Cantrell, Richard Gleason, Amy Ninh, James Quimet, Nicole Helen

THEMA MONSTRES MARINS

Dès juillet 2013, le succès tout à fait improbable de Sharknado pousse la chaîne de télévision Syfy à annoncer la mise en chantier d’une suite. Aussitôt, toutes les petites sociétés de production activent leurs méninges pour proposer leur propre variante sur le thème des requins et des catastrophes naturelles. Au mois d’octobre est donc officiellement lancé Sharkavalanche, qui deviendra finalement Avalanche Sharks. Dans un premier temps, ce film est envisagé comme une suite directe de Sand Sharks, dans lequel le shérif d’une ville balnéaire et une biologiste marine unissaient leurs forces contre des requins mutants nageant sous le sable. Mais Brooke Hogan, l’interprète de la scientifique, n’est pas disponible. Les producteurs changent donc leur fusil d’épaule. Si un shérif et une spécialiste des animaux marins sont bien présents en tant que couple dans Avalanche Sharks, ce ne sont pas les mêmes personnages, incarnés donc par des acteurs différents. Tourné sur le domaine skiable de Mammoth Mountain, en Californie, le film est confié à Scott Wheeler. Réalisateur d’une poignée de fausse superproductions pour la compagnie The Asylum (Voyage au centre de la terre, Transmorphers : Robots Invasion), Wheeler a aussi une solide expérience en tant que superviseur d’effets visuels, non seulement pour de nombreuses séries TV (Dark Skies, X-Files, Buffy contre les vampires, Millenium, Dune, Battlestar Galactica) mais aussi pour une grande quantité de micro-productions aux budgets minuscules.

Sand Sharks démarrait à 100 km/heure grâce au montage syncopé d’une course entre deux motocross sur le sable d’une plage. Avalanche Sharks prend le même chemin, suivant cette fois-ci la descente très rapide de deux snowboarders praticiens du hors-piste. Et la scène se termine de la même manière : les deux adeptes du sport extrême sont soudain engloutis par des requins bizarres qui surgissent du sol. Or les vacances de printemps approchent, et la station de sports d’hiver de Mammoth Mountain s’apprête à accueillir de nombreux étudiants venus festoyer. Alors que l’un des habitants, Wade (Alexander Mendeluk), s’inquiète de la disparition de son frère (l’un des deux snowboarders du prologue), il se heurte à l’inefficacité du secouriste de la station, Dale (Eric Scott Woods), plus préoccupé par le bronzage et la drague que par les missions de sauvetage. Bientôt, d’autres disparitions mystérieuses s’enchaînent. Le shérif local (Richard Gleason) décide donc de prendre les choses en main, quitte à faire fermer les pistes s’il le faut. Bien sûr, le directeur de la station (Benjamin Easterday) et le maire de la ville (Mike Kennedy) veulent à tout prix dédramatiser la situation pour éviter un manque à gagner financier sur la saison. Et pendant ce temps, les « requins des neiges » continuent leur massacre…

Les requins font du ski

Ce qui nous frappe immédiatement dans Avalanche Sharks, au-delà de l’incroyable médiocrité des images de synthèse censées représenter les monstres, c’est la stupidité généralisée de l’ensemble des personnages du film. Les garçons en rut, les filles qui gloussent bêtement, le secouriste béat, le shérif inexpressif, tous rivalisent de bêtise, comme s’ils participaient au concours du Q.I. le plus faible. On croirait assister à la réunion des candidats d’une télé-réalité lâchés sur des pistes de ski. La VF grossit davantage le trait en rajoutant un maximum de gags absurdes dans les dialogues. Exemple : après avoir été coupée en deux par un requin, une jeune femme agonisante, qui voit son petit-ami prendre ses jambes à son cou, lui lance « Et voilà, comme d’habitude, tu fuis tes responsabilités ! ». Lorsque celui-ci, paniqué, raconte à ses amis ce qui vient de se passer, il leur dit : « Elle s’est fait déchiqueter, il en restait juste assez pour faire un kebab ! ». Voilà pour la tonalité du film. Le scénario lui-même hésite sans cesse sur l’origine des créatures. Si Sand Sharks s’en tenait à une seule explication (une espèce préhistorique ayant évolué pour pouvoir se déplacer sous le sable), Avalanche Sharks mélange plusieurs idées, comme si le scénariste n’avait pas réussi à trancher. On évoque donc à la fois la légende locale du Skookum (une entité revancharde invoquée par un chaman après le massacre des tribus locales par des chercheurs d’or), des créatures extra-terrestres qui auraient quitté leur planète pour s’installer sur la nôtre, ou encore des êtres interdimensionnels capables de se téléporter. Bref on n’y comprend rien, et les deux versions du montage (la courte pour le streaming et la longue pour l’exploitation en DVD) n’arrangent pas les choses, puisqu’elles se contredisent, ajoutant ou retranchant des séquences, dont un épilogue bizarre situé sur Mars.

© Gilles Penso

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