WICKED LAKE (2008)

Quatre jeunes femmes partent en week-end dans une cabane près d’un lac où des hommes lubriques les agressent, jusqu’à ce que la menace s’inverse…

WICKED LAKE

2008 – USA

Réalisé par Zach Passero

Avec Carlene Baker, Eryn Joslyn, Eve Mauro, Robin Sydney, Michael Esparza, J.D. Brown, Will Keenan, Tim Thomerson, Angela Bettis, Marc Senter, Luke Y. Thompson

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I CANNIBALES

Wicked Lake ayant été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux et s’étant vu doter d’une belle édition en DVD et en Blu-Ray, nous étions légitimement prêts à découvrir une œuvre intéressante et singulière. Rien ne nous préparait donc à l’impensable désastre artistique que représente cette série Z bâclée avec un budget quasi-inexistant par le réalisateur Zach Passero, surtout connu pour ses activités de monteur sur des films aussi variés que The Woman, Ghoul, Tales of Halloween ou L’Homme qui a tué Hitler et puis le Bigfoot. Le premier plan du film annonce la couleur. Ilene, une jeune femme incarnée par Robin Sydney, habituée des productions Charles Band (les sagas Evil Bong, et Gingerdead Man), y pose entièrement nue pour les besoins d’un cours de dessin. Tandis que la caméra s’attarde plus que de raison sur chaque détail de son anatomie, l’un des élèves, Caleb (Marc Senter), habillé comme Prince et agité de tremblements compulsifs, s’active sur sa planche à dessin en imaginant que la jeune femme se caresse langoureusement en lui adressant des messages salaces. Puis il la suit à la sortie du cours, la démarche claudicante, le phrasé saccadé, la raccompagne chez elle, la supplie pour toucher l’un de ses seins et s’enfuit en courant quand il constate qu’elle partage son appartement avec trois girondes colocataires.

Lorsque nous nous retrouvons en présence de la famille de Caleb, des rednecks dégénérés et hystériques, nous comprenons définitivement que la finesse ne sera pas de mise et que Wicked Lake sera un film sans queue ni tête. La séquence suivante, d’une gratuité qui laisse rêveur, montre Ilene et ses trois amies Jill (Eve Mauro), Helen (Eryn Joslyn) et Mary (Carlee Baker), se complaire dans une grande orgie conçue manifestement pour titiller la libido du public masculin et l’inciter à regarder la suite. Car n’importe quel spectateur normalement constitué pourrait être tenté de lâcher l’affaire. C’est d’un œil très distrait que nous suivons ensuite les quatre jeunes femmes s’embarquer pour un road trip qui les mènera dans une maison au bord d’un lac. Au programme : un week-end de nudisme et de détente. Mais la famille de Caleb les a suivies et entend bien se livrer à quelques viols, tortures et assassinats sur les ingénues. Pour compliquer les choses, un duo de ploucs échappés de la station-service du coin décide de se mêler à la fête. Comme si ça ne suffisait pas, deux flics sont également sur les traces de nos protagonistes…

Les sorcières cannibales

Le film semble donc vouloir prendre la forme d’une variante de I Spit on Your Grave qui multiplierait par quatre le nombre des victimes. Mais le scénario nous apprend qu’à minuit, les jeunes femmes révèleront leur vraie nature et pourront retourner la situation. Ce sont en effet de redoutables créatures soudain dotées d’immortalité et d’un appétit anthropophage insatiable. S’agit-il de sorcières, comme le suggèrent les dialogues (« nous ne voyageons pas sur des balais, nous préférons les voitures »), de cannibales ou de vampires ? Nous ne le saurons jamais vraiment, et après tout qu’importe. À ce stade, l’amateur de gore a droit à quelques excès amusants et à une poignée de séquences outrancières (les furies qui aspirent le cerveau d’une de leur victime avec une paille ou qui font cuire la tête coupée d’un autre dans un four à micro-ondes, le malheureux Caleb qui se retrouve cloué contre la porte et n’en finit plus d’agoniser) mais c’est bien maigre pour justifier ne serait-ce que l’existence d’un tel nanar. Extrêmement mal joué (les femmes multiplient les éclats de rire forcés, les hommes grognent comme des bêtes lubriques), filmé n’importe comment, monté en dépit du bon sens, Wicked Lake traîne en longueur et ne va nulle part. En guest-stars, nous apercevons Tim Thomerson, lui aussi familier des films de Charles Band (Zone Troopers, Dollman, Future Cop) et Angela Bettis (May, Carrie), sans que leur présence n’apporte la moindre plus-value à ce film calamiteux.

© Gilles Penso

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