THE ST. FRANCISVILLE EXPERIMENT (2000)

Dans ce faux documentaire motivé par le succès du Projet Blair Witch, quatre jeunes gens mènent l’enquête dans une maison hantée de Louisiane…

THE ST. FRANCISVILLE EXPERIMENT

 

2000 – USA

 

Réalisé par Ted Nicolaou

 

Avec Paul Salamoff, Troy Taylor, P.J. Palmer, Madison Charap, Ryan Larson, Tim Baldini, Ava Jones, Katherine Smith, Sarah Clifford

 

THEMA FANTÔMES I SAGA CHARLES BAND

Pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre que le succès invraisemblable du Projet Blair Witch (10 000 dollars de budget, 248 millions de dollars au box-office mondial) motiva la mise en chantier de The St. Franciscville Experiment. Si le producteur Charles Band n’est pas très familier avec les codes du « found footage », il s’en remet à l’expertise de Paul Salamoff, qui vient d’écrire pour lui l’histoire du sympathique Les Morts haïssent les vivants. Salamoff décide alors de sortir le grand jeu en plongeant quatre jeunes acteurs dans une « vraie » maison hantée et de tourner cette expérience comme un authentique documentaire. C’est du moins de cette manière qu’il présente le projet au spécialiste du surnaturel Troy Taylor, engagé comme consultant et expert. La première partie du tournage, qui se déroule entre le 15 et le 18 septembre 1999 dans une maison de Louisiane à la sinistre réputation, respecte l’idée d’un reportage pris sur le vif, avec des comédiens ne sachant pas du tout à quoi s’attendre. Si ce n’est que le réalisateur Ted Nicolaou, habitué des productions Charles Band, veille tout de même au grain. Mais à mi-parcours, le film change de mains, passant des compagnies Tana 9 et Full Moon à Kushner-Locke, puis à Trimark et à LionsGate. Déçus par les rushes qu’ils voient, les acquéreurs successifs de The St. Francisville Experiment décident de tourner des rushes additionnels, d’ajouter quelques effets spéciaux basiques et deux ou trois rebondissements. Peine perdue : le film reste aussi monotone qu’un encéphalogramme plat.

Le scénario nous apprend que la maison de St Franciscville fut le théâtre d’horribles exactions perpétrées par l’esclavagiste qui occupait les lieux au 18ème siècle. Un garçon y aurait été retrouvé enchaîné dans la cuisine, le visage à moitié déchiqueté et recouvert de plaies infectées, aux côtés d’une femme enfermée dans une cage tellement étroite que ses os s’en trouvèrent irrémédiablement déformés. Voilà pour la mise en place du contexte, macabre à souhait. Les quatre jeunes gens qui se portent volontaires pour partir enquêter sur place sont le cameraman Paul James, l’étudiante en histoire Ryan Larson, l’étudiant en cinéma Tim Baldini et la médium Madison Charap. Tous sont chapeautés par le producteur Paul J. Salamoff, et chacun joue donc son propre rôle dans ce « fauxcumentaire » qui s’annonce comme une sorte de mixage entre Le Projet Blair Witch et La Maison du diable. Nous avons d’abord droit à une série d’interviews d’« experts » : une voyante, une prêtresse vaudou ou encore le descendant d’une famille qui vécut sur place. Passé ce prologue, le quatuor commence son investigation…

Paranormal Inactivity

À partir de là, autant l’avouer sans détour : nous nous ennuyons ferme et réprimons un nombre incalculable de bâillements. Car il ne se passe strictement rien qui soit susceptible d’attiser notre intérêt. Les protagonistes déambulent dans cette maison somme toute très ordinaire et échangent des banalités, s’efforçant de créer de la tension à partir de rien. « Oh mon Dieu, qu’est-ce que c’est que ça ? » dit l’un d’eux en ouvrant un placard vide. « Cette pièce est très étrange » lance un autre en pénétrant dans une chambre à coucher quelconque. Tout le reste est à l’avenant. Au bout de 40 minutes, une chaise bouge. Quinze minutes plus tard, une planche de Ouija tremblote. A 1h10, une bougie s’éteint. Voilà pour le gros des phénomènes paranormaux. Les nouveaux producteurs rajoutent certes quelques artifices dans l’espoir de pimenter la sauce (un chat, un cafard, un fantôme), mais rien ne parvient réellement à nous sortir de notre torpeur. Le seul véritable point positif du film est l’authenticité des jeunes acteurs, qui semblent très spontanés et dont les réactions sonnent souvent juste. Mais sans enjeux à défendre, sans histoire à raconter, la spontanéité finit par tourner à vide. Et 75 minutes de métrage peuvent donner le sentiment d’en durer trois fois plus.

 

© Gilles Penso

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