

Des requins préhistoriques capables de nager sous le sable s’en prennent aux habitants d’une petite cité balnéaire…
SAND SHARKS
2012 – USA
Réalisé par Mark Atkins
Avec Corin Nemec, Brooke Hogan, Vanessa Evigan, Eric Scott Woods, Gina Holden, Edgar Allan Poe IV, Robert Pike Daniel, Hilary Cruz, Delpaneaux Wills, Julie Berman
THEMA MONSTRES MARINS
Sand Sharks est une micro-production gentiment absurde qui semble vouloir voguer à sa manière sur le succès de Piranha 3D tout en annonçant les délires à base de requins qui déferleront dans le sillage de la saga Sharknado. À la tête de cette série B sans prétention, on retrouve un grand habitué des « mockbusters » (ces imitations fauchées des blockbusters du moment) : Mark Atkins, réalisateur de titres aussi pittoresques que Allan Quatermain et le temple des crânes, Dragonquest, Les Chroniques de Mars ou encore Lords of the Dragon. Toute ressemblance avec des films déjà existants n’est évidemment pas fortuite. Dans le cas de Sand Sharks, nous voici face à une œuvre au concept délirant, quelque part à mi-chemin entre La Plage sanglante et Tremors. Comme le titre l’indique, nous avons en effet affaire à des requins qui ne nagent pas sous l’eau mais sous le sable ! Au détour du casting, on trouve l’acteur Edgar Allan Poe IV, qui serait le descendant du célèbre écrivain (même si aucune source généalogique officielle ne semble l’attester). Jouant sur cette homonymie et sur cette supposée ascendance, il interpréta d’ailleurs lui-même l’auteur des Histoires extraordinaires à plusieurs reprise, notamment dans Monkeybone et dans la série Sabrina l’apprentie-sorcière. Abonné aux petits rôles (Les Nerfs à vif, My Girl), il interprète ici le maire de la bourgade balnéaire de White Sands. Son fils Jimmy prend les traits de Corin Nemec, acteur récurrent de la série Stargate SG-1.


Le film démarre sur des chapeaux de roue, au sens propre. Deux praticiens du motocross roulent à tombeaux ouverts sur la plage de White Sands, et sont soudain attaqués par un prédateur invisible. Le shérif local John Stone (Eric Scott Woods) et son adjointe et sœur Brenda (Vanessa Evigan) mènent l’enquête. Si John est convaincu qu’il s’agit d’un double meurtre, Brenda pense plutôt à une attaque animale. Elle contacte alors Sandy Powers (Brooke Hogan), une experte en requins, afin d’avoir son avis sur cette étrange affaire. C’est là que le maire et son fils Jimmy entrent en jeu. Petit escroc appâté par le gain, ce dernier essaie de convaincre son père d’organiser une grande fête sur la plage afin de renflouer les caisses de White Sands. Refrain connu : le maire est d’accord mais la police préfèrerait fermer les plages, le temps d’identifier et d’éliminer la menace. D’autant que d’autres victimes des monstres cachés sous terre se multiplient dangereusement. Or les étudiants commencent à affluer dans la bourgade pour participer à ce qui s’annonce comme un mémorable springbreak.
Les dents de la plage
Pillant allègrement celui des Dents de la mer, le scénario de Sand Sharks cultive tranquillement le sentiment de déjà vu : les oppositions entre le shérif et le maire, la fermeture des plages, les commerçants locaux mécontents, le vieux pêcheur spécialiste des squales, l’intervention d’un expert en requins, la récompense offerte pour tuer le prédateur, le « faux coupable » accroché par les chasseurs de prime et exhibé dans le port… Toutes ces similitudes pousseront les distributeurs français à exploiter parfois le film sous le titre Les Dents de la plage. Ajoutez à ça des acteurs qui surjouent, des situations absurdes et des effets spéciaux à la ramasse, et vous obtenez tous les ingrédients du parfait nanar estival. Fort heureusement, le film ne se prend jamais au sérieux, bien conscient de ses faiblesses, et joue même le jeu des clins d’œil à l’attention des cinéphiles. On cite donc Apocalypse Now et Terminator, et la scientifique dit même au shérif « Ne commencez pas à jouer les Roger Corman avec moi » lorsqu’il suggère avoir affaire à un « Dinoshark ». Le look des requins des sables n’est pas inintéressant, avec cette peau reptilienne qui leur donne presque des allures de dinosaures. Le scénario suggère d’ailleurs qu’il s’agit de créatures d’origine préhistorique, enfouies sous le sable depuis des millions d’années, qui auraient évolué en développant des écailles sur leur peau leur permettant de se glisser sous terre. Mais les images de synthèse sont vraiment trop passables pour entretenir ne serait-ce qu’un semblant d’illusion. Tout le film est à l’avenant, trahissant cruellement son manque de moyens. Les scènes de foule sont sans doute celles qui souffrent le plus des restrictions budgétaires : une dizaine de figurants pour montrer tous les habitants de l’île massés à la mairie, ou une vingtaine de teenagers en maillot pour simuler les milliers d’étudiants venus participer au springbreak. Facultatif et très vite oublié, Sand Shark entraînera pourtant une suite au titre qui laisse rêveur : Avalanche Sharks !
© Gilles Penso
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