PUNISHER : ZONE DE GUERRE (2008)

Cette troisième adaptation à l'écran des exploits du célèbre justicier de Marvel est probablement la meilleure et la plus fidèle au comic book original

PUNISHER – WAR ZONE

2008 – USA

Réalisé par Lexi Alexander

Avec Ray Stevenson, Dominic West, Doug Hutchison, Wayne Knight, Colin Salmon, Julie Benz, Dash Mihok 

THEMA SUPER-HEROS I SAGA MARVEL

Le Punisher n’a vraiment pas de chance. Deux fois adapté à l’écran, deux fois boudé par le public, cet anti-héros adepte de l’auto-justice et des gros calibres peine à sortir des cases des comics qui l’ont vu naître pour conquérir les salles de cinéma. Echaudé par les échecs financiers respectifs du Punisher de 1989 avec Dolph Lundgren et de celui de 2004 avec Thomas Jane, Marvel tente pourtant de redonner sa chance à Frank Castle. Le parti pris de cette troisième version, confiée à la réalisatrice d’origine allemande Lexi Alexander (Hooligans), est d’ignorer celle qui la précéda d’à peine quatre ans pour redémarrer sur de nouvelles bases, avec un nouveau casting et une nouvelle redéfinition du personnage. Ainsi, alors que le Punisher réalisé par Jonathan Hensleigh misait sur des têtes d’affiche (Thomas Jane et John Travolta), Punisher : Zone de Guerre s’appuie sur des « gueules », en l’occurrence Ray Stevenson et Dominic West, respectivement héros des séries Rome et Sur écoute. Plus menaçant que Thomas Jane, plus expressif que Dolph Lundgren, Stevenson semble être un choix judicieux. Son regard noir sait se montrer intimidant, mais les failles et la douleur y affleurent parfois. Face à lui, West cabotine sans doute un peu trop, car dès qu’un accident le défigure et le transforme en super-vilain au faciès grotesque – version presque cartoonesque du Leatherface de Massacre à la Tronçonneuse – ses facéties détonnent un peu au sein du cadre réaliste dans lequel s’inscrit le film.

Étant donné qu’il s’agit d’un reboot, Punisher : War Zone s’emploie à nous raconter une fois de plus les origines du justicier, sous un angle différent. « Il y a six ans, Frank Castle était instructeur au sein des forces spéciales, ainsi qu’un père de famille sans histoire », nous raconte ainsi un policier obsédé par les faits et gestes du justicier à tête de mort. « Un jour, il a emmené sa femme et ses enfants pique-niquer. Et par hasard, ou alors sur un coup du destin, ça dépend de ce en quoi on croit, ils sont témoins d’une exécution mafieuse. Malheureusement quelqu’un les voit. Castle est le seul à s’en être sorti. Depuis ce jour-là, il s’est employé à éliminer les grandes familles de la pègre les unes après les autres. » Mine de rien, cette biographie est celle qui – des trois films – s’approche le plus du comics original.

Esthétique, nerveux et violent

L’esprit « graphic novel » plane d’ailleurs sur la réalisation de Lexi Alexander, et ce dès son générique de début qui annonce en quelques secondes le style du film : esthétique, nerveux et extrêmement violent. De fait, les nombreux combats qui ponctuent le métrage versent volontiers dans le gore. Une heure et demie durant, le sang coule à flots, les membres s’arrachent et les têtes explosent sans retenue. Mais les hectolitres d’hémoglobine n’empêchent pas le film de jouer sur d’autres registres, y compris celui de l’émotion lorsque Castle transfère les sentiments qu’il éprouvait pour sa famille décimée vers une jeune veuve et sa fille menacées de mort. Hélas, ce troisième Punisher ne trouvera pas plus de grâce que les deux autres aux yeux du public, et sortira d’ailleurs directement en DVD/Blu-Ray sans passer par la case cinéma.

 

© Gilles Penso

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