LA LÉGENDE DES 7 VAMPIRES D’OR (1973)

Pour clore sur une note insolite la saga qu’il consacra à Dracula , le studio Hammer tente un mélange inédit : l’horreur et le kung-fu !

THE LEGEND OF THE 7 GOLDEN VAMPIRES

 

1974 – GB / HONG-KONG

 

Réalisé par Roy Ward Baker

 

Avec Peter Cushing, John Forbes-Robertson, David Chiang, Julie Ege, Robin Stewart, Szu Shih, Robert Hanna, Shen Chan

 

THEMA DRACULA I VAMPIRES I SAGA DRACULA DE LA HAMMER

Dans l’espoir de raviver la flamme vacillante de son succès international, la compagnie britannique Hammer Films s’associa au studio chinois Run Run Shaw pour co-produire ce film étrange, mariant l’épouvante gothique au film de kung-fu. D’où ce slogan imparable : « Ceinture noire contre magie noire ! » Suite au désistement de Christopher Lee, bien décidé à raccrocher définitivement la cape de Dracula, c’est le comédien John Forbes-Robertson qui lui succède dans le rôle du comte vampire. Ce dernier ne démérite pas, bien qu’un peu trop âgé et trop maquillé, mais sa présence à l’écran demeure restreinte, car bien vite le vénérable amateur de sang frais « emprunte » l’enveloppe charnelle de Kah, l’un de ses adorateurs chinois. Si Lee ne participe pas à ce énième Dracula, son comparse Peter Cushing, lui, est fidèle au poste dans le rôle du professeur Van Helsing, ses traits émaciés et vieillissants n’altérant guère son éternelle vivacité. Professeur d’histoire occulte dans une université chinoise, il attire l’attention d’un de ses élèves, Hsi Ching, dont le village est menacé par les légendaires Sept Vampires d’Or, ramenés à la vie par Dracula. Toujours prompt à enfoncer son pieu dans la carcasse des suceurs de sang de tous bords, Van Helsing accepte de se mettre en quête du village maudit, en compagnie de son fils Leyland, de la riche veuve Vanessa Buren, et des frères et sœurs de Hsi Ching, tous passés maîtres dans l’art du combat et le maniement des armes.

Dès lors, l’intrigue emprunte une structure des plus linéaires, la petite expédition se heurtant régulièrement aux vampires armés de sabre et s’engageant donc dans une série de pugilats spectaculaires dans la grande tradition du film de cape et d’épée chinois. Assez curieusement, le mélange des genres fonctionne ici plutôt bien, dans la mesure où l’horreur et le kung-fu s’entremêlent sans heurt, et où la mythologie vampirique s’enrichit de nouvelles idées. Comme celle qui veut que les vampires soient allergiques à tous les symboles sacrés, quels qu’ils soient. Ainsi, en Chine, une statuette de Bouddha s’avère-t-elle aussi efficace qu’un crucifix en Transylvanie !

Dracula en Chine

Fort bien menés, les combats se parent de séquences sanglantes (les membres y sont allégrement tranchés), envoûtantes (la résurrection des vampires qui évoque beaucoup celle des zombies de La Révolte des morts-vivants et ses suites) ou étrangement émouvante. Témoin ce passage où une jeune femme vampirisée mord son bien aimé, ce dernier s’empalant avec elle sur une lance pour éviter de propager le fléau. Le film se pare aussi d’un érotisme un peu brut, au cours de séquences gratuites qu’on croirait issues d’un Fu-Manchu, dans lesquelles de jeunes asiatiques dénudées et ligotées s’agitent autour d’un chaudron bouillonnant ! Après les échauffourées mouvementées qui scandent le film, on est quelque peu déçu par l’affrontement final entre Dracula et Van Helsing, reprenant sobrement le final du Cauchemar de Dracula. Une séquelle exotique fut un temps envisagé, mais le studio Hammer ferma ses portes avant qu’elle ne puisse se concrétiser.

 

© Gilles Penso

 

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