GAMERA CONTRE GYAOS (1967)

La tortue géante la plus célèbre du cinéma japonais affronte un ptérodactyle au redoutable rayon destructeur…

GAMERA TAI GYAOSU

 

1967 – JAPON

 

Réalisé par Noriaki Yuasa

 

Avec Kojiro Hongo, Kichijiro Ueda, Reiko Kasahara, Naoyuki Abe, Taro Marui, Yukitaro Hotaru, Yoshiro Kitahara, Akira Natsuki

 

THEMA REPTILES ET VOLATILES I DINOSAURES I SAGA GAMERA

Gamera la tortue géante étant lancée sur les écrans depuis deux films, la mission des créatifs du studio Daeï consista dès lors à lui trouver de nouveaux adversaires pour tous les épisodes à venir. Après Barugon, le reptile cornu au rayon réfrigérant, voici donc Gyaos, une espèce de ptérodactyle au look hallucinant. Imaginez un homme dans un costume de caoutchouc qui aurait des ailes en plastique attachées aux bras et dont la tête serait un triangle rigide aux yeux globuleux et à la mâchoire mécanique ! Pourtant, ce monstre franchement grotesque s’avère être un adversaire de taille, expulsant par sa bouche un rayon extrêmement corrosif qui coupe les avions en deux et blesse même sérieusement Gamera (que l’on voit ici saigner abondamment pour la première fois), et exhalant par sa poitrine une fumée jaune étouffant les flammes de la tortue géante. Éveillé d’un long sommeil suite à l’éruption successive des volcans Sataï, Oyama, Myôjin et du Mont Fuji, Gyaos laisse les savants perplexes, et nous vaut quelques explications techniques de haut niveau. Interrogé sur le rattachement de Gyaos à la famille des reptiles ou des oiseaux, un zoologiste très sérieux répond ainsi : « je dirais qu’il appartient à l’espèce des monstres ».

Comme dans le premier Gamera, un petit garçon va sympathiser avec notre bonne grosse tortue, ce qui deviendra le leitmotiv de la série. C’est d’ailleurs à ce héros en culottes courtes que nous devons le nom de Gyaos (qui lui est inspiré par le cri Gya ! Gya ! de la créature). Alors que le Godzilla fut l’inspiration principale de Gamera et de ses séquelles, ce troisième épisode semble également subir l’influence de Rodan réalisé par Inoshiro Honda en 1956, où un ptérodactyle géant attaquait déjà la population. D’ailleurs, comme son aîné, Gyaos est capable de provoquer des vents destructeurs par le simple battement de ses ailes, mettant en déroute les militaires et provoquant l’effondrement des bâtiments autour de lui. Du coup, l’attaque nocturne de la ville semble calquée fidèlement sur celles dirigées par Honda, si ce n’est qu’ici les effets spéciaux laissent souvent à désirer (incrustations maladroites, câbles visibles, animation rudimentaire de la bête). Il faut cependant reconnaître l’indéniable photogénie des plans où Gamera et Gyaos s’affrontent dans l’eau, alors que le soleil se lève.

Le « plan toupie »

En désespoir de cause, les autorités mettent au point l’improbable « plan toupie ». Le principe ? Attirer Gyaos avec du sang humain artificiel, le faire tourner sur une plateforme rotative, puis attendre que le lever de soleil le réduise à néant ! Évidemment, cette stratégie insolite tombe à l’eau, et c’est notre tortue géniale qui viendra enfin à bout de ce reptile volant indésirable. L’un des aspects les plus intéressants – et les plus inattendus – de ce troisième Gamera est le caractère social dont se pare son scénario, les protagonistes humains échappant pour une fois à la caricature et s’agitant au sein d’un conflit opposant des entrepreneurs au travail sur un tracé de route et des villageois refusant d’être délogés. Quant aux amateurs de kitsch, ils se délecteront d’un générique de fin mémorable où des voix enfantines scandent une chanson euphorique dédiée à Gamera !

 

© Gilles Penso

 

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