WAXWORK 2 : PERDUS DANS LE TEMPS (1992)

Une suite encore plus déjantée que l’original, où nos héros croisent le monstre de Frankenstein, Nosferatu, des aliens, des sorciers, des fantômes et des zombies…

WAXWORK 2 : LOST IN TIME

 

1992 – USA

 

Réalisé par Anthony Hickox

 

Avec Zach Galligan, Monika Schnarre, Martin Kemp, Bruce Campbell, Michael Des Barres, Jim Metzler, Sophie Ward, Marina Sirtis, Billy Kane

 

THEMA MONDES VIRTUELS ET MONDES PARALLÈLES I MAINS VIVANTES I FRANKENSTEIN I VOYAGES DANS LE TEMPS I EXTRA-TERRESTRES I SORCELLERIE ET MAGIE

Waxwork II commence exactement là où s’arrêtait Waxwork. Mark et Sarah, les jeunes héros du film précédent, s’enfuient du musée de cire en flammes où ils vécurent une aventure particulièrement éprouvante et rentrent chez eux. Si Zach Galligan (qui restera pour toujours le héros de Gremlins) rempile dans le rôle de Mark, Deborah Foreman décline l’invitation de jouer une seconde fois Sarah, pour une raison visiblement triviale : elle vient de rompre avec le réalisateur Anthony Hickox. C’est donc le mannequin Monika Schnarre (futur personnage récurrent de Amour, gloire et beauté et Beverly Hills) qui lui succède sans grande expérience de comédienne (ça se sent). La jeune femme ne se rend pas compte qu’une main coupée a survécu à l’incendie et l’a suivie jusque chez elle, où elle assassine son beau-père. Sarah se retrouve accusée du meurtre et clame en vain son innocence en accusant une main vivante face à un jury légitimement dubitatif. En attendant la décision du tribunal, Mark propose à Sarah de chercher un moyen de prouver ses dires en se rendant chez Sir Wilfred (Patrick Macnee, qui fait une petite apparition sur un film 8 mm). Là, tous deux découvrent un portail temporel. Ils y plongent, tombent dans le vide comme l’Alice de Lewis Carrol, sont emportés par des gargouilles grimaçantes… et c’est reparti pour un enchaînement de séquences fantastiques référentielles.

Mark est d’abord projeté chez Victor Frankenstein (Martin Kemp), où Sarah s’est réincarnée en sa fiancée Elizabeth. Tout y est : le monstre hirsute et bestial (Stefanos Miltsakakis), le serviteur bossu et ricanant (Elisha Shapiro) et la foule de villageois en colère. Puis notre héros se retrouve dans les années soixante, en noir et blanc, dans une sorte de remake de La Maison du diable où il doit explorer une demeure hantée en compagnie d’un professeur interprété par Bruce Campbell. Parallèlement, Sarah se retrouve dans un vaisseau spatial au côté d’un équipage qui semble échappé d’Alien et qui doit bien sûr faire face à des extra-terrestres baveux et reptiliens à la tête disproportionnée. Après cette incursion spatiale, notre couple vedette atterrit en pleine forêt médiévale où se pratiquent des rites diaboliques (une femme s’y transforme en créature féline, un corbeau parle avec la voix de Patrick Macnee), jusqu’à un climax patchwork délirant où les époques et les clins d’œil au cinéma fantastique s’entrechoquent.

Patchwork

En plus de l’horreur classique, cette séquelle élargit un peu le cercle de ses sources d’inspiration en ajoutant une pointe de science-fiction et un soupçon d’héroïc fantasy. Outre les références citées ci-dessus, le film multiplie jusqu’à plus soif les allusions au genre à travers la reconstitutions d’objets, de personnages ou même de séquences entières, de Psychose à 2001 l’odyssée de l’espace en passant par Evil Dead 2, Docteur Jekyll et Mister Hyde, Zombie, Jack l’éventreur, Nosferatu, Godzilla, L’Invasion des profanateurs de sépultures, voire La Fièvre du samedi soir. Bref, le diptyque Waxwork pourrait tout aussi bien s’appeler « Patchwork ». Toujours en charge des maquillages spéciaux, Bob Keen s’amuse à réinventer une nouvelle fois les grandes figures du genre tout en concoctant quelques effets gore cartoonesque (la tête du baron Frankenstein pulvérisée à mains nues par le monstre, l’alien qui tire sur la tête d’une de ses victimes comme si son cou était élastique, Bruce Campbell qui se retrouve la cage thoracique à l’air). Quelques « vedettes invitées » pointent au passage le bout de leur nez pendant le tournage, comme David Carradine ou Drew Barrymore. Waxwork II possède en définitive les mêmes travers (une mise en scène statique, un scénario paresseux) et les mêmes qualités (une générosité indiscutable, un enthousiasme communicatif) que son prédécesseur. Prévu pour une sortie en salles, il sera finalement distribué directement en vidéo aux USA.

 

© Gilles Penso

 

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