LA COCCINELLE REVIENT (2005)

La Volkswagen la plus célèbre du cinéma fait son retour après 25 ans d’absence dans un épisode distrayant mais très anecdotique…

HERBIE FULLY LOADED

 

2005 – USA

 

Réalisé par Angela Robinson

 

Avec Lindsay Lohan, Justin Long, Breckin Meyer, Matt Dillon, Michael Keaton, Thomas Lennon, Cheryl Hines, Clam Davis

 

THEMA OBJETS VIVANTS I SAGA LA COCCINELLE

Sans doute en panne d’inspiration, les studios Disney décidèrent en 2005 de ranimer une franchise ayant perdu son éclat depuis belle lurette, celle d’Herbie la Volkswagen anthropomorphe. Ainsi, vingt-cinq ans après le dernier épisode en date, autrement dit La Coccinelle à Mexico, la réalisatrice Angela Robinson (transfuge des séries L World et New York unité spéciale) est chargée de regonfler le moteur de la fameuse « Love Bug ». Côté scénario, le service minimum est assuré. Pour fêter le diplôme de sa fille Maggie (Lindsay Freaky Friday Lohan), Ray Peyton Sr (Michael Batman Keaton), responsable d’une écurie automobile en sérieuse perte de vitesse, lui offre une voiture. Mais ses faibles moyens ne lui permettent guère de se fournir ailleurs que dans la casse du coin. Là végète Herbie, réduit à l’état d’épave rouillée promise à se muer en tas de ferraille sous les presses hydrauliques. En voyant Maggie, la voiture facétieuse se débrouille pour se faire remarquer et pour entrer en sa possession. Avec l’aide de son ami mécanicien Kevin (Justin Jeepers Creepers Long), la jeune fille retape de fond en comble la Coccinelle et défie même l’arrogant coureur automobile Trip Murphy (Matt Sex Crimes Dillon). Dès lors, la guerre est déclarée entre Maggie et Trip, et cette bataille ne prendra fin qu’à l’issue d’une compétition Nascar qui s’annonce très spectaculaire…

On le voit, les scénaristes ne se sont pas particulièrement foulé la rate pour concocter le récit de ce cinquième épisode, et pourtant le générique crédite sept personnes à ce poste, preuve que l’union ne fait pas toujours la force. L’histoire étant cousue de fil blanc et dénuée de surprises, le spectateur se rabat sur les séquences de poursuite, raisonnablement palpitantes et dirigées avec un indéniable sens du rythme. A ce titre, la séquence de l’affrontement contre le Monster Truck et la grande course finale sont très efficaces. Angela Robinson fait d’ailleurs le choix judicieux de privilégier chaque fois que possible les effets de plateau pour visualiser les facéties et les exploits d’Herbie.

Chirurgie numérique

Robert Short supervise ainsi les installations animatroniques et les systèmes de marionnetterie qui permettent à la Vokswagen de sourire, cligner des yeux, s’affaisser sur elle-même ou se redresser fièrement, ouvrir ses portières, animer ses rétroviseurs ou ses essuie-glaces, etc… Les images de synthèse prennent le relais pour les actions plus cartoonesques (La Coccinelle se gonfle démesurément dans le dos de Matt Dillon) ou plus acrobatiques (elle bondit sur une rampe à la manière d’un skate-board géant). Les effets numériques sont également mis à contribution pour des retouches pour le moins triviales. Suite aux projections tests du film, les dirigeants de Disney constatèrent en effet que la poitrine de la comédienne Lindsay Lohan était trop généreuse aux yeux de la majorité des spectateurs (recrutés probablement dans l’église la plus proche) ! « Retapée » numériquement, la jeune actrice est désormais moins gironde, les parents catholiques sont contents et Mickey peut dormir sur ses deux oreilles. Mais jusqu’à quelle absurdité l’obsession du « politiquement correct » ira-t-elle ?

 

© Gilles Penso


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