

Les filles d’une petite sororité universitaire californienne attirent les étudiants dans leur repaire pour dévorer leur chair…
DELTA DELTA DIE
2003 – USA
Réalisé par Devin Hamilton
Avec Julie Strain, Brinke Stevens, Joe Dain, Steve Malis, Karen A. Smith, Tiffany Shepis, Rachel Myers, Lizzy Strain, Jennifer L. Johnson, Kathryn Adams
THEMA CANNIBALES I SAGA CHARLES BAND
Après deux films de commande conçus à l’initiative du producteur Charles Band pour surfer sur les succès du moment, Bleed (un slasher inspiré par Scream) et Birth Rite (une histoire de sorcellerie sous l’influence de Dangereuse alliance), le réalisateur Devin Hamilton estime qu’il a suffisamment fait ses preuves pour proposer un sujet plus original et plus proche de ses propres goûts, autrement dit une comédie horrifique qu’il envisage comme une sorte de mixage délirant entre Atomic College et Sorority Babes in the Slimeball Bowl-o-rama. Band donne son feu vert et Hamilton en profite pour solliciter deux fameuses « scream queens » qu’il avait déjà dirigées dans ses films précédents : Julie Strain (Morgana, How to Make a Monster) et Brinke Stevens (Slave Girls, Sideshow, Horrorvision, Hell Asylum, Mega Scorpions). Deux rôles sont donc spécialement écrits pour elles et convergent vers une confrontation finale mouvementée. D’abord titré Eat Me U avant d’être rebaptisé Delta Delta Die pour mieux se conformer à l’univers des sororités étudiantes dans lequel se déroule l’intrigue, le film est tourné en neuf jours pour un budget extrêmement limité de 75 000 dollars.


Au sein de la discrète sororité universitaire Delta Delta Pi, Marilyn Finch (Julie Strain), la charismatique mère de la maison, initie ses étudiantes à un rituel secret et macabre : le cannibalisme. Aidées par un doyen complice (Steve Malis), les jeunes femmes attirent des garçons sans méfiance dans leur repaire, les assassinent… puis les cuisinent. Leurs victimes finissent même transformées en tartes distribuées innocemment sur le campus. Même si toutes les adeptes de Madame Finch s’amusent comme des folles en se prenant pour des émules d’Hannibal Lecter, la discipline chez les Delta Dalta Pi reste stricte. L’une des membres est ainsi sévèrement punie pour avoir consommé une partie jugée « impure » du corps humain, autrement dit un pénis – au cours d’un prologue qui donne tout de suite le ton du film. Alors que les disparitions se multiplient parmi ses camarades, Tobias (Joe Dain), un étudiant qui assiste le doyen, soupçonne que des choses sinistres se trament à l’approche du vingtième anniversaire de la sororité. Opiniâtre, il fait appel à Rhonda Cooper (Brinke Stevens), une ancienne Delta Delta Pi, pour l’aider à mettre fin aux agissements de cette confrérie anthropophage.
Cannibal Girls
On sent bien chez Devin Hamilton l’envie de se lâcher dès que l’occasion le lui permet. Le gore est donc de la partie, la nudité aussi, quitte à monter sous forme de vidéoclips des séquences de strip-tease parfaitement gratuites. Lorsque Julie Strain se déhanche à moitié nue, les yeux dissimulés derrière des lunettes de soudeur, hache de la viande humaine et la goûte au bout de la lame de son couteau sur le tempo tonitruant d’un morceau de metal, nous nageons dans un délire très proche des films Troma – justement l’une des références d’Hamilton. Strain ne recule d’ailleurs devant aucune grimace carnassière pour nous faire comprendre qu’elle est très très méchante. Tous ces passages déjantés sont amusants mais nous semblent surtout faire office de remplissage et n’aident pas beaucoup au développement d’une intrigue qui partait pourtant avec un beau potentiel. Le flashback improbable qui nous raconte les origines de cet étrange culte du cannibalisme, né d’un accident qui rappelle l’histoire de Sweeney Todd, laissait pourtant la porte ouverte vers un scénario plus intéressant. Mais Delta Delta Die se contente de son concept sans vraiment le faire évoluer et se termine par un crêpage de chignons gentiment ridicule. Dans la foulée, Hamilton prévoyait un quatrième film pour Charles Band, une variante polissonne du mythe de Jekyll et Hyde baptisée Roid Rage, mais le projet fut abandonné juste avant son tournage.
© Gilles Penso
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