

Dans ce slasher sous haute influence de Scream, le plateau de tournage d’un film d’horreur est ensanglanté par un tueur masqué…
SCARED / CUT THROAT
2002 – USA
Réalisé par Keith Walley
Avec Luciano Saber, Kate Norby, Cory Almeida, Raquel Horton, Doug Cole, J. Robin Miller, Paityn James, Brad Lockerman, Kim Ryan, Butch Hammett, Dayna O’Brien
THEMA TUEURS I CINÉMA ET TÉLÉVISION I SAGA CHARLES BAND
Producteur pour Brian Yuzna (Society, Re-Animator 2) mais aussi pour d’autres praticiens du cinéma de genre (on le trouve au générique de Nightwish, Parasite et Le Clan des vampires), Keith Walley passe à la mise en scène au début des années 2000 et réalise coup sur coup deux films d’horreur : Speck et Scared, dont Charles Band assure la distribution. Si Speck s’inspire des méfaits d’un vrai tueur en série et prend le parti d’une approche réaliste, Scared se veut beaucoup plus récréatif. Band y trouve le moyen de satisfaire la chaîne de vidéoclubs Blockbuster Vidéo, toujours à la recherche de slashers reprenant les recettes de la franchise Scream (dans l’esprit de Final Scream et Bleed). Tourné en 35 mm dans les studios de Sony et connu également sous le titre alternatif Cut Throat (que Band trouve plus « impactant »), Scared remplit parfaitement le cahier des charges attendu, reprenant quasiment à l’identique la scène de Drew Barrymore au téléphone en guise d’introduction et citant directement ses sources dans ses dialogues, notamment lorsqu’un producteur se lamente auprès d’un réalisateur et d’un scénariste en leur disant : « Vous m’avez pitché votre film comme le prochain Scream ou le prochain Souviens-toi l’été dernier ! »


Scared se déroule en effet dans les coulisses du tournage d’un film d’horreur, ce qui permet de multiplier les clins d’œil et les références au genre. Nick (Luciano Saber), le scénariste du slasher « Death Blade », n’apprécie pas beaucoup que Hamlin (Cory Almeida), le réalisateur roublard embauché pour le mettre en scène, ait trahi son script. Plus problématique encore : Hunter (Doug Cole), le producteur, annonce qu’il n’y a plus d’argent pour terminer le film, puisque l’intégralité du budget a été dépensée dans la scène d’ouverture. Les deux hommes décident de trouver malgré tout un moyen de continuer le tournage. Mais le lendemain, sur le plateau, quelqu’un emprunte le costume du tueur masqué de « Death Blade » et assassine non seulement l’acteur qui incarne le psychopathe mais aussi la star du film. L’affaire attire l’attention de la presse et déclenche une enquête policière. En attendant, il faut trouver une nouvelle actrice principale. C’est finalement Samantha (Kate Norby), l’ex-petite amie du réalisateur, qui se voit proposer le rôle, tandis que sa copine un peu cruche Heather (Raquel Horton) est engagée pour jouer l’une des victimes. Ce qui n’empêche pas les meurtres de continuer de plus belle, bien au contraire…
Coupez !
Au-delà des allusions aux néo-slashers des années 90-2000, Keith Walley s’amuse à jouer la carte de l’auto-référence en montrant des posters de Re-Animator 2, Nightwish et Parasite dans l’un des bureaux de la production, ou à donner au cascadeur qui joue le tueur le nom Colt Seavers, comme Lee Majors dans L’Homme qui tombe à pic. Grâce au dispositif narratif du « film dans le film », Scared s’amuse sans cesse avec l’effet miroir et la mise en abyme. Le vrai et le faux tueur, les cris des acteurs et ceux des vraies victimes, les assassinats authentiques et simulés s’entremêlent ainsi au fil d’une intrigue qui, par moments, nous évoque la séquence du décor de cinéma de Scream 3. L’ombre de Wes Craven plane donc tout au long du film. Y compris lorsque la révélation finale, pataude, laisse la place à de longs monologues explicatifs justifiant les motivations et les actes derrière ce massacre en série. Ces effets faciles, couplés à des défaillances techniques dues sans doute à la maigreur famélique du budget (notamment une prise de son souvent défaillante), jouent en défaveur du film. Malgré tout, Walley ose quelques petites prouesses visuelles, comme ce plan-séquence minutieusement millimétré au milieu des membres de l’équipe sur le plateau de tournage. Bref, s’il manque de finesse, Scared reste l’un des sous-Scream les plus divertissants du catalogue de Charles Band. La barre n’était certes pas très haute, mais c’est tout de même appréciable.
© Gilles Penso
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