LE ROI DES ZOMBIES (1941)

En pleine seconde guerre mondiale, trois hommes atterrissent sur une île isolée où un médecin pratique d’étranges expériences…

KING OF THE ZOMBIES

 

1941 – USA

 

Réalisé par Jean Yarborough

 

Avec Dick Purcell, Joan Woodbury, Mantan Moreland, Henry Victor, John Archer, Patricia Stacey, Guy Usher

 

THEMA ZOMBIES

Le Roi des Zombies n’est pas le film qu’il était censé être lorsque Monogram en lança la production. Au départ, il s’agit d’une histoire d’horreur classique, largement inspirée par Les Morts vivants de Victor Halperin. Mais entretemps, la comédie d’épouvante Le Mystère du château maudit, avec Bob Hope et Paulette Goddard, cartonne et emplit généreusement les caisses de la Paramount. Pour surfer sur ce succès, Le Roi des zombies oublie donc une partie de son caractère sérieux et intègre des éléments humoristiques. Jugeant que le premier réalisateur annoncé, Howard Bretherton (Return of the Terror, Les Bandits du désert), ne sera pas à l’aise avec ce mélange des genres, on le remplace par Jean Yarborough, qui a déjà signé plusieurs films comiques. Le monteur lui-même, Richard C. Currier, est choisi pour ses affinités avec la comédie (qu’il a pratiquée notamment pour le producteur Hal Roach). Un nouveau personnage est même inventé de toutes pièces : le valet trouillard et roublard Jeff, interprété par le volubile Mantan Moreland. Pour incarner le savant fou, Bela Lugosi et Peter Lorre sont les favoris sur la liste des producteurs, mais aucun des deux n’est disponible. C’est finalement le vétéran Henry Victor (L’Hercule de Freaks) qui hérite du rôle, quelques jours à peine avant le début du tournage.

En pleine seconde guerre mondiale, un petit avion qui se dirige vers les Bahamas est pris par une violente tempête et atterrit en catastrophe sur une île au large de l’Amérique du Sud. Les trois passagers, Bill Summers (John Archer), son pilote James « Mac » McCarthy (Dick Purcell) et son valet Jefferson « Jeff » Jackson (Mantan Moreland), trouvent refuge dans la demeure d’un médecin étrange d’origine autrichienne, le docteur Micklos Sangre (Henry Victor). Les rumeurs locales parlent d’esprits maléfiques qui hantent les lieux, tandis que l’épouse du médecin (Patricia Stacey) semble végéter dans un état second étrange et que Jeff commence à voir des zombies partout. Bientôt, le secret de cette île se révèle dans toute sa folie : Sangre sollicite les pratiques vaudou pour transférer les cerveaux d’êtres humains dans des corps de zombies afin d’obtenir des soldats invincibles et de livrer des secrets militaires aux forces ennemies. Bien sûr, l’’intervention des visiteurs imprévus va bouleverser ses plans…

Vaudouville

Même si l’on sent le potentiel horrifique de cette intrigue rocambolesque, tout est ici tourné en dérision, et ce dès l’entame où Jeff, après le crash, se réveille contre une pierre tombale où est gravée la phrase « Rest in Peace », puis croit voir un fantôme lorsque Mac essaie de se dépêtrer d’une toile de parachute. Les zombies eux-mêmes sont traités comme des éléments comiques, de grands dadais qui effraient Mantan Moreland et provoquent ses réactions outrancières, un peu comme les monstres Universal face à Abbott et Costello dans la longue saga des Deux nigauds. Le Roi des zombies s’appuie donc avant tout sur une mécanique de Vaudeville, tandis que les rites vaudou, les morts-vivants, l’hypnose et la « transmigration » s’entremêlent confusément dans un scénario abracadabrant. Tout s’achève par une cérémonie fantaisiste au cours de laquelle notre savant fou se pare d’un casque tribal excessif avant de finir dans les flammes, victime de ses propres monstres – refrain connu au pays des apprentis sorciers. Les grimaces répétitives de Mantan Moreland peuvent exaspérer, tout comme cette représentation très datée de l’homme noir cantonné au rôle de serviteur des fiers Occidentaux blancs. Sans doute faut-il replacer ce film sans ce contexte pour mieux l’apprécier. Une suite non officielle, sollicitant une fois de plus les pitreries de Moreland, sortira en 1943 sous le titre Revenge of the Zombies.

 

© Gilles Penso

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