RESONNANCES (2006)

Un groupe d’amis est pris en chasse dans une forêt nocturne par un psychopathe et un monstre extra-terrestre tentaculaire…

RESONNANCES

 

2006 – FRANCE

 

Réalisé par Philippe Robert

 

Avec Yann Sundberg, Vincent Lecompte, Patrick Mons, Romain Ogereau, Sophie Michard, Livane Revel, Marjorie Dubesset

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES

Tombé dans la marmite du cinéma de science-fiction et des effets spéciaux dès son plus jeune âge, Philippe Robert caressait depuis longtemps l’envie de réaliser son premier long-métrage. « J’ai voulu travailler dans le cinéma dès l’âge de cinq ans », raconte-t-il. « Lorsque j’ai vu La Guerre des étoiles en 1977, je suis tombé amoureux des effets spéciaux. Je me suis aussitôt mis à bricoler des trucages en super 8 dans le garage de mes parents. » (1) Cette passion mènera plus tard à la création de la société Explorer Films avec Jean-Claude Thibaut. Le duo se forge une solide expérience dans la publicité. Leur court-métrage Les Ailes de l’ombre marque une première reconnaissance internationale et confirme leur envie de passer au format long. Après plusieurs expériences comme cadreur sur des productions variées, Philippe Robert franchit le pas en 2002 et se lance dans l’aventure Résonnances. « Une fois le scénario écrit, j’ai recruté la quasi-totalité de mon équipe via Internet, par des petites annonces passées sur des sites spécialisés dans le cinéma », explique-t-il. « La plupart d’entre eux étaient des jeunes passionnés qui sortaient d’écoles de cinéma. J’ai ainsi formé une équipe de 15 personnes. » (2) Le tournage débute entre Paris et le Jura, avec un rythme extrêmement contraint. Très vite, les imprévus s’accumulent : départs de techniciens, remaniement complet de l’équipe, nuits blanches et gestion permanente des décors et de la régie. Sans se laisser démonter, Philippe Robert complète le tournage dans une forêt privée à Coulommiers… et réussit envers et contre tous à terminer son film.

Un samedi soir, un groupe de jeunes amis prend la route pour rejoindre une boîte de nuit nichée au cœur du massif du Jura. L’ambiance est légère, presque insouciante, jusqu’à leur rencontre avec un auto-stoppeur nommé Sébastien. Ils l’embarquent sans se douter qu’ils viennent de faire entrer « le loup dans la bergerie ». Quelques kilomètres plus loin, tout bascule : le véhicule quitte la route et plonge dans un ravin, s’écrasant violemment au milieu de la forêt. Miraculeusement, les survivants reprennent leurs esprits… pour découvrir aussitôt que Sébastien n’est pas un simple voyageur égaré. Il s’agit d’un psychopathe en fuite, activement recherché après son évasion d’un établissement psychiatrique. Alors que la tension monte brutalement et qu’une confrontation semble inévitable, un danger encore plus grand surgit des profondeurs du sol. Car une créature extra-terrestre tentaculaire, sensible au moindre bruit, émerge soudain de la forêt et prend en chasse les survivants…

Tentacules

Comment ne pas être soufflé par l’ambition d’un tel film, surtout lorsqu’on connaît les conditions précaires dans lesquelles il fut réalisé ? Dès la scène prégénérique, Philippe Robert nous transporte en plein moyen-âge pour raconter l’arrivée du monstre sur Terre et ses premières exactions anthropophages. Dès lors, les rebondissements s’enchaînent au pas de course, tandis que les scènes d’action (douze au total nous confirme le réalisateur) se déchaînent sur un rythme d’enfer. À mi-chemin entre les vers de Tremors et les entités millénaires de Lovecraft, la créature est l’attraction principale du film. Conçue en 3D – tout comme le château d’eau qui accueille une séquence de combat vertigineuse -, elle s’anime dans une quarantaine de plans spectaculaires. Mais le plus gros des effets visuels repose sur un usage intensif de maquettes et de décors miniatures : une forêt de vingt mètres carrés où sont filmés les déplacements souterrains de la créature grâce à un système de rail mécanique, un accident automobile reconstitué avec une New Beetle de soixante centimètres, un immense cimetière de voitures, un hélicoptère, une voie ferrée… Du côté de sa bande son, le film bénéficie en outre d’une touche finale surprenante : sa musique signée Richard Sanderson… oui, le chanteur de La Boum ! Alors bien sûr, Résonnances est loin d’être parfait. La maladresse et les manques de moyens sautent souvent aux yeux, l’image DV Cam n’est pas vraiment flatteuse, les acteurs ne nous convainquent pas beaucoup et l’intrigue reste basique. Mais comment ne pas souligner l’audace d’un tel film ? Dommage que Philippe Robert n’ait pas pu offrir à son long-métrage un circuit de distribution digne de ce nom, malgré sa sortie en DVD aux États-Unis et en Allemagne. Nul n’est prophète en son pays, dit-on…

 

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en février 2006

 

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

Partagez cet article