SPACE RAIDERS (1983)

Un enfant s’embarque clandestinement dans le vaisseau spatial que sont en train de voler des pirates et participe à leurs aventures…

SPACE RAIDERS

 

1983 – USA

 

Réalisé par Howard R. Cohen

 

Avec Vince Edwards, David Mendenhall, Patsy Pease, Thom Christopher, Luca Berovici, Drew Snyder, Ray Stewart, George Dickerson, Michael Miller

 

THEMA SPACE OPERA

En janvier 1983, Roger Corman cède sa compagnie New World Pictures pour la somme de 16,9 millions de dollars, marquant la fin d’une époque. Mais le producteur a plus d’un tour dans son sac. Dans le cadre de cet accord, il reste consultant pendant deux ans et s’engage à ce que New World assure la distribution de tous les films qu’il mettra en chantier jusqu’en février 1984. Il y en aura au moins cinq par ans, tournés pour des budgets ne dépassant pas cinq millions de dollars. La nouvelle structure de production qu’il crée à cette occasion – Millenium, bientôt rebaptisée New Horizons – accueille le premier de ces films aux grandes ambitions mais aux moyens modestes : Space Raiders. Conçue comme une sorte de relecture spatiale de L’Île au trésor, cette aventure de science-fiction entend bien profiter du succès de la sortie imminente du Retour du Jedi. Mais des retards dans la post-production empêcheront Space Raiders d’être distribué la même semaine que le troisième opus de Star Wars (il sortira deux mois plus tard). Howard R. Cohen, qui vient de faire ses débuts derrière la caméra avec la parodie Samedi 14, se voit confier le bébé, sans doute parce qu’il ne coûte pas trop cher. Car il s’agit de dépenser le moins d’argent possible. La bande originale est donc majoritairement empruntée aux Mercenaires de l’espace, qui fournit aussi au film de Cohen ses vaisseaux spatiaux, ses effets spéciaux et ses décors. D’où une inévitable impression de déjà-vu – et de « déjà entendu » – pour les familiers des productions Corman.

Le capitaine C. F. « Hawk » Hawkens (Vince Edwards), ancien colonel du service spatial reconverti en pirate, entraîne son équipage dans une mission périlleuse visant à dérober un cargo qui appartient à une mystérieuse société interstellaire surnommée « La Compagnie ». Mais pendant le casse, Peter (David Mendenhall), un garçon de 10 ans, se faufile à bord pour se cacher, et les pirates s’emparent du vaisseau sans se douter de sa présence. Une fois le cargo rejoint par le vaisseau de Hawk, l’équipage doit se battre pour sauver un camarade blessé lors de l’attaque. Peter sort alors de sa cachette, réclamant d’être ramené chez lui. Hawk envisage d’abord de demander une rançon, mais lors d’un affrontement avec les chasseurs de la Compagnie, il change d’avis lorsque Peter se montre courageux en se glissant dans un compartiment exigu pour réparer un conduit d’alimentation endommagé, offrant ainsi à tous une chance de s’échapper. Hawk promet alors de ramener Peter sur sa planète natale, Procyon III. Mais avant, l’équipage fait une halte dans une station spatiale tenue par le redoutable baron du crime extraterrestre Zariatin (Ray Stewart)…

Le recyclage de l’espace

Space Raiders s’efforce d’offrir aux spectateurs tout ce qu’ils sont en droit d’attendre d’un tel spectacle. Nous avons donc droit à des maquillages d’extra-terrestres à la Star Trek, des hommes déguisés en robots, des gunfights aux pistolets laser, des poursuites de vaisseaux spatiaux, un bar plein d’aliens façon Cantina, des hologrammes, une bagarre de saloon, et même un chat monstrueux et un scarabée en stop-motion qui ressemble aux créations de Brett Piper. Hélas, le recyclage se fait cruellement sentir, notamment pendant les séquences de batailles dans l’espace. Étant donné que tous ces plans truqués viennent d’ailleurs et ont été montés pour tenter de se raccorder aux prises de vues réelles, la chorégraphie des combats aériens est souvent incompréhensible et l’on a souvent du mal à savoir qui tire sur qui. Visuellement, toutes ces maquettes sont très jolies, mais ça ne suffit évidemment pas à rendre ces échauffourées stellaires palpitantes. D’autant que les mêmes plans ont tendance à se répéter inlassablement. Cela dit, le problème majeur du film est ailleurs. On sent bien qu’Howard Cohen essaie de nous attacher à son jeune héros. Mais le gamin est tellement agaçant (il se met volontairement en danger, fouille partout, provoque des catastrophes) que son sort finit par nous laisser indifférents. D’autant qu’il se contente la plupart du temps d’errer mollement d’un lieu à l’autre, presque effrayant avec son visage de poupon totalement inexpressif. Pas désagréable mais loin d’être mémorable, Space Raiders contient bizarrement beaucoup d’éléments qu’on retrouvera – consciemment ou non ? – dans la série Skeleton Crew. Ça ne manque pas d’ironie quand on sait que Corman voulait justement faire la nique à Star Wars.

 

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

Partagez cet article