BLOOD BITCH BABY (2025)

La sanglante Elizabeth Bathory piège une jeune femme pour l’obliger à enfanter la progéniture du diable…

BLOOD BITCH BABY

 

2025 – USA

 

Réalisé par Donald Farmer

 

Avec Jessa Jupiter Flux, Angel Nichole Bradford, Mel Heflin, Joe Casterline, Claude D. Miles, Jessie Youngs, Fallon Vendette, Madilyn Paige, Ronnie George

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS

Il est difficile de ne pas être fasciné par la longévité presque insolente de la carrière de Donald Farmer. Actif depuis le début des années 70, ce cinéaste originaire du Kansas continue, de nombreuses décennies après ses premiers tours de manivelle, à tourner à un rythme effréné, enchaînant plusieurs productions par an avec une régularité qui force autant le respect que la curiosité. Farmer s’est aventuré dans à peu près tous les recoins du cinéma d’horreur, du plus trivial au plus absurde. Ancien journaliste dans le Tennessee, fondateur du fanzine Splatter Times, il s’est progressivement imposé comme une figure culte de l’underground américain, signant près d’une cinquantaine de films aux titres aussi évocateurs que Cannibal Hookers, Chainsaw Cheerleaders, Shark Exorcist ou Catnado. Blood Bitch Baby ne déroge évidemment pas à la règle. D’une durée inférieure à 70 minutes, le film aligne tous les marqueurs attendus de son cinéma : hémoglobine généreuse, nudité gratuite et intrigue réduite à sa plus simple expression. Farmer applique cette formule avec une fidélité presque artisanale, comme s’il s’adressait avant tout à un cercle de fidèles parfaitement conscients de ce qu’ils viennent chercher.

Annoncé comme une relecture à très petit budget de l’histoire de la comtesse Elizabeth Báthory, Blood Bitch Baby s’en éloigne pourtant très rapidement. Exit la figure historique de la noble hongroise accusée de bains de sang, puisque le film de Farmer bifurque vers un récit confus de satanisme et d’invocations démoniaques. Maltraitée par un petit-ami abusif et violent, Jenny (Angel Nichole Bradford) a désespérément besoin d’un boulot. Elle postule alors au premier job qui se présente, suite à une annonce passée par une certaine Elizabeth Bathory (Jessa Jupiter Flux). Celle-ci est à la recherche de quelqu’un pour s’occuper de sa sœur Suzan, handicapée mentale. Jenny accepte la mission, mais lorsqu’elle voit la sœur en question, qui grogne comme une bête en dévorant de la viande crue, elle se ravise. Or tout ceci n’est qu’un prétexte pour que Bathory livre Jenny aux appétits d’un démon, afin qu’elle puisse porter la progéniture du diable. Un professeur spécialisé en parapsychologie tente alors d’intervenir pour contrecarrer cette machination démoniaque…

Démons au rabais

S’il trahit immédiatement son cruel manque de moyens, Blood Bitch Baby s’ouvre sur une séquence onirique plutôt réussie, plongée dans une esthétique érotico-horrifico-chic évocatrice des univers de Chris Alexander et Lamberto Bava. Hélas, les choses se gâtent ensuite très rapidement. Il ne faut en effet que quelques minutes pour que l’amateurisme de l’entreprise nous saute aux yeux… et aux oreilles : mouvements de caméra maladroits, mise au point approximative, lumières surexposées très peu flatteuses, décors minimalistes, prise de son défectueuse, montage plein de faux raccords, musique synthétique minimaliste, jeu d’acteur pas du tout convaincant. Bref, difficile d’adhérer à cette histoire rocambolesque dans de telles conditions. Bathory elle-même, avec son look gothique, son collier en forme de chauve-souris et ses fausses dents pointues qui surgissent de temps en temps de sa grande bouche, déclenche plus de rires que de frissons. Les effets gore du film sont à l’avenant : exagérés, cartoonesques, grotesques, extrêmement maladroits. Tout ceci passerait si le film était à appréhender au second degré, comme un délire potache façon Troma. Mais Blood Bitch Baby nous semble la plupart du temps se prendre très au sérieux. Seule véritable distraction du film : le petit démon reptilien qui pointe de temps en temps le bout de son museau – une marionnette en latex retrouvant efficacement le charme des effets spéciaux old school des années 80. Mais cette sympathique bestiole ne suffit pas à maintenir notre intérêt en éveil. De fait, malgré sa courte durée, Blood Bitch Baby nous ennuie et nous exaspère bien plus qu’il ne nous distrait.

 

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

Partagez cet article