

Une main coupée démoniaque, découverte dans une ancienne mine, possède un à un tous ceux qui entrent en contact avec elle…
DEMONOID / MACABRA
1981 – MEXIQUE / USA
Réalisé par Alfredo Zacarias
Avec Samantha Eggar, Stuart Whitman, Roy Jenson, Narciso Busquets, Erika Carlsson, Lew Saunders, José Chavez, Ted White, Hajo Catton, George Soviak
THEMA MAINS VIVANTES I DIABLE ET DÉMONS
Sous ses allures de film d’épouvante « respectable » post-La Malédiction, donnant la vedette à deux acteurs de renommée internationale, Les Doigts du diable est en réalité un sympathique nanar au concept joyeusement farfelu. Il faut dire que Samantha Eggar et Stuart Whitman, alors en seconde – troisième ? – partie de carrière, sont manifestement moins regardants sur les films qu’ils acceptent, nous donnant ici la nette impression de jouer en « pilote automatique ». Et s’ils se sont chacun frotté au genre fantastique avec des cinéastes tels que David Cronenberg ou Tobe Hooper (Chromosome 3 pour Eggar, Le Crocodile de la mort pour Whitman), le réalisateur mexicain Alfredo Zacarias n’est pas du même calibre, malgré sa longue expérience. Il s’agit en effet de son vingtième long-métrage, réalisé dans la foulée du film d’attaque animale Les Abeilles. L’idée des Doigts du diable lui serait venue après une conversation avec un ami psychiatre au sujet des personnalités multiples. Zacarias envisage un temps de confier la distribution du film à Roger Corman, puis se ravise et décide de gérer lui-même sa sortie en salles. Le tournage principal des Doigts du diable commence au Mexique en octobre 1979, principalement à Mexico City et Guanajuato, puis s’achève deux mois plus tard par des prises de vues additionnelles en Californie.


Le prologue se situe trois cents ans dans le passé, au cœur d’une mine située à Guanajuato. Une femme aux seins nus y est enchaînée par des hommes encapuchonnés, membres d’une secte satanique, qui lui tranchent la main gauche… laquelle rampe aussitôt sur le sol et prend la fuite. Les adorateurs du diable poignardent alors la main récalcitrante et l’enferment dans un coffret. Voilà une belle entrée en matière qui donne assez bien le ton du reste du film. Lorsque l’intrigue nous transporte dans les années 80, nous faisons connaissance de Mark Baines (Roy Jenson), à la tête d’une équipe de mineurs, et de son épouse Jennifer (Samantha Eggar). Tous deux explorent le temple du prégénérique et y découvrent le petit coffret qu’ils rapportent dans leur chambre d’hôtel. À l’intérieur, il n’y a que de la poussière. Mais la nuit venue, via un effet spécial des plus rudimentaires (une succession de fondus enchaînés), la poussière redevient une main sectionnée, qui bouge soudain comme si elle s’était échappée d’un épisode de La Famille Addams, attaque Mark et altère son esprit. En désespoir de cause, Jennifer fait appel au père Cunningham (Stuart Whitman) pour l’aider à combattre ce fléau diabolique…
La main baladeuse
Les amateurs de séries Z seront aux anges avec Les Doigts du diable, qui multiplie généreusement les séquences improbables : la main baladeuse qui décide de se promener sur les jambes de Samantha Eggar dans son lit, Roy Jenson qui surgit de sa tombe en bondissant puis se transforme en zombie calciné, la main coupée qui tire au pistolet sur une infirmière puis saute au visage d’un policier, un chirurgien esthétique qui tente des amputations sans anesthésie… Pour dynamiser l’ensemble, Zacarias insère régulièrement dans son montage l’image subliminale du diable en contre-jour, et nous offre une poursuite de voitures héritée des seventies – avec cascades en série et musique funky, comme il se doit. Au beau milieu de ces péripéties sans queue ni tête, nous sommes un peu embrassés face aux prestations sans conviction des deux acteurs principaux, qui débitent des dialogues absurdes et se prêtent mollement aux séquences d’action, tandis que le comportement des « possédés » qui se dressent sur leur chemin nous semble de plus en plus incompréhensible. On sent bien qu’Eggar et Whitman n’y croient pas du tout et assurent le service minimum en attendant de toucher leur chèque. Le visionnage des Doigts du diable n’en est que plus drôle, à condition de l’appréhender bien sûr au second degré.
© Gilles Penso
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