

Près de 40 ans après Dolph Lundgren, un nouveau Musclor vient affronter Skeletor dans cette variante survitaminée sous haute influence des productions Marvel…
MASTERS OF THE UNIVERSE
2026 – USA
Réalisé par Travis Knight
Avec Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Idris Elba, Jared Leto, Jóhannes Haukur Jóhanesson, Jon Xue Zhang, Alison Brie, Sam C. Wilson, Charlotte Riley, James Purefoy
THEMA SUPER-HÉROS I HEROIC FANTASY
Depuis Les Maîtres de l’univers réalisé en 1987 par Gary Goddard, un vertigineux jeu de chaises musicales s’est mis en place à Hollywood dans l’espoir de faire revivre en « live action » l’univers des célèbres jouets Mattel. Car si le film qui donne la vedette à Dolph Lundgren est unanimement considéré comme un sympathique nanar, un certain culte a fini par l’entourer, comme bon nombre de productions Cannon des années 80. La cote de popularité des petites figurines étant par ailleurs toujours vivace auprès des collectionneurs, redonner leurs chances à Musclor et Skeletor sur grand écran semblait être une bonne idée. On ne compte plus le nombre de metteurs en scène ayant été attaché un jour ou l’autre au projet, de John Woo à John Stevenson en passant par Jon M. Chu, Joe Cornish, Rian Johnson, Andrés Muschietti, Kirk DeMicco, Chris Sanders, Phil Lord, Christopher Miller, Mike Cahill, Jeff Wadlow, Harald Zwart, Chris McKay, McG, David S. Goyer ou encore Aaron et Adam Nee. C’est finalement Travis Knight, réalisateur de Kubo et l’armoire magique et de Bumblebee, qui hérite du bébé, avec à sa disposition un budget estimé entre 170 et 200 millions de dollars. Le rôle du super-héros musclé, lui, échoit à Nicholas Galitzine, qui jouait Timmy dans le remake de Dangereuse alliance et le prince Robert dans le Cendrillon de 2021. Le film ne mise donc pas sur les superstars mais sur la célébrité de la franchise, même si quelques noms familiers participent à la fête, notamment Idris Elba et James Purefoy – sans compter Jared Leto qui se cache sous le crâne de Skeletor.


Cette version 2026 des Maîtres de l’univers est une « origin story » qui s’emploie à raconter l’enfance de Musclor et sa transformation progressive en guerrier iconique. L’histoire commence donc à Eternos, la capitale de la planète Eternia, où le jeune prince Adam et son amie Teela sont formés à l’art du combat par Duncan, le maître d’arme du royaume. À vrai dire, Adam n’a pas du tout l’étoffe d’un futur héros. Chétif, faible, moins courageux que les autres, il manie les armes avec beaucoup de maladresse, ce que son père, le roi Randor, ne manque pas de lui faire remarquer. Or voilà que le maléfique sorcier Skeletor et son armée attaquent la ville et capturent les parents d’Adam, tandis que Duncan est grièvement blessé. La Sorcière qui garde le Château des Ombres envoie alors Adam sur Terre grâce à un portail magique et lui confie l’Épée du Pouvoir. Le jeune garçon parvient à s’échapper mais perd l’épée en chemin. Quinze ans plus tard, Adam, désormais adulte, vit une existence d’homme banal et travaille au service des ressources humaines d’une entreprise anonyme. Mais son destin ne tarde pas à le rattraper…
« Par le pouvoir du Crâne Ancestral ! »
La tonalité au second degré de la voix off introductive nous annonce d’emblée une légèreté qui n’est pas sans évoquer Thor Love and Thunder. Ce n’est pas forcément bon signe, pour qui se souvient de la balourdise du film de Taika Waititi. Mais il est évident que le Marvel Cinematic Universe a beaucoup influencé ces Maîtres de l’univers. Tout y est : l’orgie d’effets numériques pour mettre en image les nombreuses échauffourées qui scandent l’intrigue, un monde d’heroic-fantasy medievalo-futuriste qui ressemble beaucoup au Asgard de Thor, un jeu d’équilibre permanent entre l’action, l’humour et l’émotion, et même une séquence post-générique ouverte vers une suite possible. La bande originale, de son côté, mixe les orchestrations épiques avec les guitares électriques pop-rock d’inspiration eighties. En l’occurence, c’est le légendaire guitariste Brian May qui s’y colle. Nous avons même droit à une reprise de « Boys don’t cry » et de « Princes of the Universe ». Une autre référence nous vient alors à l’esprit : le kitschissime Flash Gordon de Mike Hodges, avec lequel ces Maîtres de l’univers ont beaucoup de points communs. Toujours à la limite de la parodie (les rires hystériques de Skeletor, les clowneries de Musclor), le film s’offre même un petit cameo de Dolph Lundgren qui permet de passer symboliquement le flambeau à Nicholas Galitzine. Pas désagréable, ce spectacle hypertrophié s’apprécie distraitement… et s’oublie à peu près aussitôt. Sorti au cinéma sur de nombreux territoires, Les Maîtres de l’univers aura été privé de salles en France, sans doute par crainte d’un trop faible nombre d’entrées. Il atterrira donc directement sur Prime Vidéo.
© Gilles Penso
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