WAR MACHINE (2026)

En pleine mission d’entraînement au beau milieu de la forêt, une escouade de militaires se heurte à une créature mécanique d’origine inconnue…

WAR MACHINE

 

2026 – USA / AUSTRALIE

 

Réalisé par Patrick Hughes

 

Avec Alan Ritchson, Dennis Quaid, Stephan James, Jai Courtney, Easi Morales, Keiyan Lonsdale, Daniel Webber, Blake Richardson, Jack Patten, Jacob Hohua

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES I ROBOTS

War Machine n’a aucun lien avec le film homonyme diffusé sur Netflix en 2017, dans lequel Brad Pitt tenait le haut de l’affiche, ni avec le super-héros cuirassé dérivé de l’univers d’Iron Man. Il s’agit cette fois-ci de l’œuvre du couteau-suisse Patrick Hughes, scénariste, réalisateur et producteur australien spécialisé dans les films d’action musclés (Red Hill, Expendables 3, Hitman & Bodyguard, The Man From Toronto). Le concept de War Machine – un commando surentraîné qui fait face à une menace extra-terrestre incontrôlable – n’a rien de bien nouveau, dans la mesure où deux films emblématiques l’ont quasiment mué en sous-genre du cinéma de science-fiction : Aliens et Predator. Hughes assume pleinement cette filiation et semble d’ailleurs vouloir emprunter la voie du cinéma d’action des années 80, volontiers gorgé de testostérone. Alan Ritchson, que le grand public connaît notamment grâce à la série Reacher, bande donc les muscles et serre les dents en parfait émule de Chuck Norris ou de Steven Seagal. L’un des motifs visuels récurrents du film – le héros à bout de forces qui porte sur son dos un frère d’arme blessé – nous renvoie d’ailleurs directement au célèbre poster de Retour vers l’enfer de Ted Kotcheff. Étant donné que nous sommes sur un terrain relativement familier, le défi de War Machine consiste à faire du neuf avec du vieux. À ce jeu, Patrick Hughes s’en sort plutôt bien.

Le prologue nous permet rapidement d’appréhender la tonalité du film : il nous semble visionner une sorte de spot de pub adressé aux potentielles futures jeunes recrues de l’armée américaine. Nous sommes en Afghanistan, où un convoi de soldats US est tombé en panne. Un sergent-chef venu filer un coup de main à cette petite équipe tombe sur son frère, chef de la mission, et tous deux échangent aussitôt une belle accolade virile en se promettant de s’engager dans les Rangers après cette opération. Mais ils sont frappés par une attaque des insurgés talibans qui sème le chaos et ne laisse qu’un seul survivant : notre sergent-chef. Incapable de sauver son frère, c’est désormais un homme brisé qui s’engage dans le programme RASP pour rejoindre le 75e régiment de Rangers, conformément à la promesse qu’il a tenue à son frère. Alors que les épreuves de plus en plus difficiles écrèment progressivement l’effectif des candidats, il tient toujours bon, malgré son incapacité à se lier avec les autres. La dernière étape de cette sélection est une mission de simulation dans la forêt, visant à détruire un avion classé secret et à secourir son pilote. Mais au beau milieu de cette ultime épreuve, nos soldats se retrouvent face à un engin bizarre à la ligne futuriste. « Ils ont mis le paquet sur les effets spéciaux ! », dit l’un d’eux. Sauf que cette machine n’appartient pas à l’armée américaine et se révèle mortellement dangereuse…

Les bêtes de guerre

Bien sûr, la finesse n’est pas la qualité première de War Machine. Les clichés inhérents aux films de commandos ne nous sont pas épargnés et la musique pompière de Dmitri Golovko rythme l’ensemble avec une lourdeur étourdissante. L’imperturbabilité du protagoniste – justifiée par son stress post-traumatique – n’offre par ailleurs pas beaucoup de tessiture de jeu à Alan Ritchson, qui se contente ici d’un registre monocorde. Mais toutes ces conventions sont comme les règles d’un jeu qui, si l’on accepte d’y participer sans être trop regardant, se révèle diablement distrayant. La solidité de la mise en scène de Patrick Hughes, l’efficacité des séquences de suspense et le déchaînement explosif des scènes d’action emportent habilement le morceau. On apprécie aussi la qualité des effets visuels qui donnent vie à cette créature mécanique redoutable à mi-chemin entre le Ed-209 de Robocop et l’AMP-Suit d’Avatar. Étant donné que Hugues connaît ses classiques, il puise volontiers certaines de ses idées visuelles dans Jurassic Park (la boussole détraquée qui remplace le gobelet d’eau pour annoncer l’arrivée imminente du monstre, la poursuite sur la route au cours de laquelle la caméra s’attarde sur le reflet menaçant dans le rétroviseur) et dans Aliens (le combat « mano a mano » final). Ce climax pétaradant permet de mieux mesurer le double-sens du titre du film, la « machine de guerre » se rapportant autant à l’engin extra-terrestre qu’au protagoniste monolithique. War Machine est finalement un spectacle régressif de haute tenue, qui frôle certes les excès du Roland Emmerich d’Independence Day ou du Michael Bay d’Armageddon mais n’y cède jamais totalement.

 

© Gilles Penso

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