SPIDER-NOIR (2026)

Nicolas Cage endosse le manteau et le masque d’une version alternative de Spider-Man dans cette mini-série aux allures de film noir…

SPIDER-NOIR

 

2026 – USA

 

Créée par Oren Uziel

 

Avec Nicolas Cage, Larmone Morris, Li Jun Li, Karen Rodriguez, Abraham Popoola, Jack Huston, Brendan Gleesin, Scott MacArthut, Joe Massingill, Michael Kostroff

 

THEMA SUPER-HÉROS I SAGA MARVEL

Au tournant des années 2000, Marvel décide d’explorer une version totalement inattendue de son personnage le plus populaire. C’est ainsi que naît Spider-Man Noir, une incarnation sombre du tisseur de toile plongée dans l’Amérique de la Grande Dépression. Créé par les scénaristes David Hine et Fabrice Sapolsky, avec des dessins de Carmine Di Giandomenico et un costume conçu par Marko Djurdjević, le personnage apparaît pour la première fois au printemps 2009 et s’inscrit dans une initiative éditoriale plus vaste baptisée « Marvel Noir », destinée à réinventer plusieurs héros emblématiques dans un univers inspiré des romans policiers, des films noirs hollywoodiens et des pulps des années 1930. Dans le New York de 1933, Peter Parker y mène la guerre contre le crime, incarné notamment par le redoutable Norman Osborn. Ce Spidey brutal et désenchanté fait une première apparition à l’écran dans la série Ultimate Spider-Man, en 2015, puis dans Spider-Man New Generation où Nicolas Cage lui prête sa voix. L’étape suivante consiste à lui créer un show sur-mesure en sollicitant une fois de plus Cage, mais cette fois-ci en chair et en os. La série Spider-Noir naît ainsi sous l’impulsion de Phil Lord et Chris Miller et prend pas mal de libertés avec le matériau dessiné. Peter Parker devient Ben Reilly (le nom d’un des clones du super-héros dans les comics) et le baron du crime n’est plus Osborn mais Silvermane, échappé des albums de la fin des années 60.

Cage campe ici un ancien super-héros qui a raccroché sa combinaison depuis cinq ans pour devenir un détective privé blasé. Jadis, il voltigeait de toit en toit sous le nom de « L’Araignée » (comme chez nous, en France, pendant de longues années avant que la mondialisation n’uniformise son nom sur tous les continents). Après la mort de sa bien-aimée Ruby, qu’il fut incapable de sauver, il évite soigneusement d’utiliser ses pouvoirs et gagne chichement sa vie en menant une poignée d’enquêtes. Deux de ses proches n’attendent pourtant qu’une chose – tout comme les spectateurs : le voir redevenir le super-justicier qu’il était. Il s’agit de sa fidèle secrétaire Janet (Karen Rodriguez), qui n’a pas sa langue dans sa poche, et de son ami journaliste Joe « Robbie » Robertson (Lamorne Morris), qui cachetonne pour le Daily Bugle. Bien sûr, Ben ne va pas tarder à remettre le trench-coat, le masque, le feutre mou et les lunettes d’aviateur. Car une série de super-vilains débarque du jour au lendemain à New York, à la solde du parrain de la pègre Silvermane (Brendan Gleeson) qui tient toute la ville sous son emprise. Et personne à part lui ne semble en mesure de les arrêter.

Idées noires

Soucieux de pleinement respecter les codes du polar des années 30/40, Spider-Noir coche toutes les cases : le détective privé alcoolique, le chef de la pègre, la femme fatale qui chante dans un club de jazz, la Prohibition, et même un clin d’œil frontal à La Dame de Shanghai. Véritable réussite plastique, la série nous offre une très belle reconstitution du New York de l’époque et s’appréciera de préférence en noir et blanc. Car la production a fait le choix d’offrir deux options de visionnage, comme le téléfilm Werewolf by Night : le monochrome contrasté magnifiant les ombres portées expressionnistes, ou une sorte de Technicolor ultra-saturé proche du rendu des travaux de Victor Fleming ou Michael Powell. Dans cette atmosphère rétro, le super-héroïsme reste longtemps à l’arrière-plan. Quelques personnages nous rappellent certes que nous sommes dans un univers parallèle lié à Spider-Man (Robertson, Felicia Hardy rebaptisée ici Cat Hardy, Silvermane, ainsi que la réinvention de quelques célèbres super-vilains), mais le lien avec le tisseur de toiles que nous connaissons reste très ténu. Tous les super-pouvoirs semblent ici liés à des expériences pratiquées pendant la guerre par les Allemands en quête de « super-soldats ». Ce choix scénaristique introduit quelques éléments horrifiques dans la série, notamment un hideux homme-araignée qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Earth vs. The Spider. Nicolas Cage, lui, est étonnamment sobre dans la peau du détective à l’ancienne. Mais le naturel revient vite au galop. Lorsque le scénario pousse son personnage à être saisi de spasmes incontrôlables liés aux réflexes arachnéens qui sont entrés dans son code génétique, « Cage Rage » nous revient en grande forme, s’adonnant à des gesticulations et des grimaces mémorables. Mais à ces exubérances près, Nick reste plutôt sage et rend justice à cette version mélancolique et blasée du plus célèbre des monte-en-l’air.

 

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

Partagez cet article