LEPRECHAUN 3 : À LAS VEGAS (1995)

Dans ce qui est sans doute le meilleur opus de cette inégale saga, le farfadet incarné par Warwick Davis poursuit ses méfaits au cœur de "la cité du péché"…

LEPRECHAUN 3

 

1995 – USA

 

Réalisé par Brian Trenchard-Smith

 

Avec Warwick Davis, John Gatins, Lee Armstrong, John DeMita, Michael Callan, Caroline Williams, Marcelo Tubert, Tom Dugan, Leigh-Allyn Baker

 

THEMA PETITS MONSTRES I DIABLE ET DÉMONS I SAGA LEPRECHAUN

Après avoir cédé à la compagnie de production Blue Rider les droits d’un de ses scripts originaux, l’auteur David DuBos se voit offrir l’opportunité d’écrire le scénario de Leprechaun 3. Notre homme n’a pas vu les deux films précédents et n’a qu’une seule consigne à sa disposition : l’histoire doit se dérouler à Las Vegas. Six autres scénaristes sont sur le coup, mais c’est DuBos qui emporte le morceau en livrant son travail en un temps record. Le tournage doit en effet démarrer de manière imminente. Le vétéran Brian Trenchard-Smith, réalisateur de quelques films clés du cinéma de genre australien (Les Traqués de l’an 2000, Le Secret du lac) mais aussi du sympathique Night of the Demons 2, hérite de la mise en scène. Leprechaun 3 étant envisagé comme le dernier épisode de la trilogie consacrée au vilain farfadet qu’incarne Warwick Davis, le budget alloué par le distributeur Trimark Pictures est très restreint. Tout doit être emballé en quatorze jours seulement. Trenchard-Smith et son équipe doivent donc tourner plus de sept pages de scénario par jour. L’autre contrainte est la nécessité de tout tourner en décors réels, à Los Angeles. Les intérieurs sont donc filmés à l’intérieur d’un hôtel abandonné spécialement réaménagé, et les quelques séquences situées sur le strip de Las Vegas sont captées à la volée, sans la moindre autorisation.

C’est donc dans la capitale du jeu que se déroule ce troisième Leprechaun. Pris de panique, un homme n’ayant qu’une main, qu’un œil et qu’une jambe entre dans la boutique d’un prêteur sur gages avec une statue représentant un farfadet à l’allure hideuse. Il s’agit selon lui d’un porte-bonheur qu’il cède contre quelques dollars avant de prendre la poudre d’escampette. Persuadé d’avoir fait là une excellente affaire, le commerçant retire le médaillon que la statue porte autour du cou. Aussitôt, le Leprechaun revient à la vie et s’en prend à lui. Parallèlement, le film s’intéresse à Scott (John Gatins), un jeune homme qui traverse le Nevada en direction de Los Angeles où il doit commencer ses études. En chemin, il rencontre Tammy (Lee Armstrong), une jeune femme tombée en panne de voiture qu’il raccompagne jusqu’au casino où elle travaille comme assistante d’un magicien minable. Sur place, Scott tente sa chance au jeu et finit par croiser à son tour le chemin du Leprechaun…

L’argent fait le malheur

La relocalisation des méfaits du farfadet à Las Vegas apporte une indéniable originalité et permet de varier les plaisirs. Mais c’est surtout l’occasion idéale de mettre en parallèle la cupidité des hommes avec celle du petit monstre. L’argent y fait tourner la tête de tout le monde et ne fait décidément pas le bonheur de ceux qui le possèdent. Une addition inattendue à la mythologie de la créature permet de montrer notre protagoniste qui, après avoir été contaminé par son sang vert, se transforme à son tour progressivement en être démoniaque. Son reflet dans le miroir affiche des traits monstrueux, il se prend d’une passion soudaine pour les pommes de terre, parle en vers, puis voit ses mains s’affubler de griffes crochues et son visage se couvrir de poils. Le maquilleur Gabe Bartalos s’en donne à cœur joie, visualisant au passage les nouveaux sortilèges du Leprechaun, comme le surgissement d’une playmate télévisée qui se mue en robot aux seins hypertrophiés ou le gonflement du corps d’une femme complexée par son physique qui finit par exploser. Entrant totalement en phase avec le caractère burlesque du film, Brian Trenchard-Smith met en scène quelques personnages secondaires absurdes (le mafieux et son gorille en chemise hawaïenne qui débattent sur les vertus des slips et des caleçons) et montre sa propre signature sur un chèque tenu par le jeune héros. Leprechaun 3 est probablement le meilleur opus de cette saga inégale. Son succès sur le marché vidéo poussera Trimark à poursuivre la saga et à confier à Trenchard-Smith un quatrième épisode situé… dans l’espace !

 

© Gilles Penso

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