THE IMPOSSIBLE (2012)

Naomi Watts, Ewan McGregor et un tout jeune Tom Holland incarnent les membres d’une famille victime d’un gigantesque tsunami en Thaïlande…

LO IMPOSIBLE

2012 – ESPAGNE

Réalisé par J.A. Bayona

Avec Naomi Watts, Ewan McGregor, Tom Holland, Samuel Joslin, Oaklee Pendergast, Marta Etura, Sönke Möhring, Geraldine Chaplin, Ploy Jindachote

THEMA CATASTROPHES

Le 26 décembre 2004, à 8h du matin, un gigantesque séisme se déclenche au large de l’île de Sumatra et provoque un colossal tsunami qui atteint par endroits 35 mètres de hauteur, frappant l’Indonésie, les côtes du Sri-Lanka, le sud de l’Inde et l’ouest de la Thaïlande. Selon les estimations officielles, 250 000 personnes disparaissent au cours de cette catastrophe d’une ampleur historique, l’une des plus meurtrières de tous les temps. C’est au destin d’une famille prise dans cette tourmente que s’intéresse The Impossible, ambitieuse production espagnole qui réunit une grande partie de l’équipe de L’Orphelinat : le réalisateur J.A. Bayona, le scénariste Sergio G. Sánchez, le directeur de la photographie Oscar Faura, le compositeur Fernando Velázquez et la monteuse Elena Ruiz. Tourné en Espagne (dans les studios Ciudad de la Luz à Alicante) et en Thaïlande (dans le véritable complexe hôtelier où se déroulèrent les faits authentiques décrits dans le film), The Impossible réunit Naomi Watts et Ewan McGregor, qui partageaient déjà l’affiche de Stay en 2005. À leurs côtés, un jeune acteur de 14 ans crève l’écran dans son tout premier rôle : Tom Holland, le futur Spider-Man du studio Marvel. Très tôt, Bayona et son scénariste décident de modifier l’origine espagnole de la véritable famille qui inspira le script pour en faire des protagonistes anglo-saxons, dans le but de donner à The Impossible une portée plus universelle.

L’intrigue se situe donc en décembre 2004. Le docteur Maria Bennett (Naomi Watts), son mari Henry (Ewan McGregor) et leurs trois fils, Lucas (Tom Holland), Thomas (Samuel Joslin) et Simon (Oaklee Pendergast), des expatriés qui résident au Japon, partent passer les vacances de Noël à Khao Lak, en Thaïlande. Arrivés la veille de Noël, ils s’installent et commencent à profiter du tout nouvel Orchid Beach Resort. Deux jours plus tard, le 26 décembre, alors qu’ils paressent dans la piscine avec de nombreux autres vacanciers, un monstrueux tsunami submerge la région et s’abat sur eux. Cette séquence choc, qui dure dix minutes ininterrompues, tire sa force de son approche extrêmement réaliste. Bayona et son équipent utilisent à cet effet des vagues réelles filmées au ralenti, des reconstitutions miniatures du complexe hôtelier, des portions de décor grandeur nature, des tonnes d’eau réelle et des images de synthèse. Cette combinaison de techniques complémentaires permet de saisir l’impact du cataclysme en immergeant littéralement les spectateurs au cœur de l’action, Naomi Watts et Tom Holland vivant quant à eux cinq semaines de tournage très éprouvantes à l’intérieur d’un immense bassin spécialement aménagé.

La dernière vague

À mi-chemin entre le film catastrophe, le survival et le drame intimiste, The Impossible se distingue par la remarquable direction de ses jeunes acteurs, qui n’est pas sans évoquer le travail de Steven Spielberg avec les enfants. Plusieurs éléments du film renvoient d’ailleurs à Empire du soleil, notamment les scènes avec Tom Holland dans le dispensaire. Ici aussi, un pré-adolescent plongé dans le chaos est contraint de grandir trop vite et de surmonter son propre désarroi en courant partout pour prendre soin des autres. Les deux films reposent finalement sur un même enjeu : recomposer une famille séparée, alors même que tout semble s’acharner à empêcher cette reconstruction. Si Bayona nous secoue très tôt avec le cataclysme déclencheur du drame – qu’il montrera de nouveau plus tard sous un autre angle, afin que nous en mesurions pleinement l’impact -, il s’attarde surtout sur ses conséquences humaines, donnant à voir, à travers le destin d’une poignée d’individus, une catastrophe d’une ampleur titanesque. « Je pense qu’en racontant l’histoire du point de vue d’un Occidental, le film tout entier se transforme en une représentation de la fin de notre monde, où les biens matériels n’ont plus aucune valeur et où l’on prend conscience de ce qu’est la réalité », explique le réalisateur. « Pour cette famille, il ne s’agit pas seulement de ce qu’elle laisse derrière elle, mais aussi de la façon dont son monde s’effondre et de la manière dont elle vivra après avoir traversé cette épreuve. » (1) De fait, aussi libérateur soit-il, le dénouement cathartique de The Impossible ne fait finalement qu’accroître l’immensité du drame vécu par le reste de la population, balayée en un clin d’œil par cette vague gigantesque qui semble presque symboliser la révolte de la nature contre une humanité devenue trop encombrante.

(1) Extrait d’une interview publiée sur Wayback Machine en janvier 2013

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

Partagez cet article