

Un savant illuminé crée des morts-vivants au faciès squelettique qui deviennent incontrôlables et assassinent toutes les femmes à leur portée…
THE ASTRO-ZOMBIES
1968 – USA
Réalisé par Ted V. Mikels
Avec Wendell Corey, John Carradine, Tom Pace, Joan Patrick, Tura Satana, Rafael Campos, Joseph Hoover, Victor Izay, William Bagdad, Vincent Barbi, Egon Sirany
THEMA MÉDECINE EN FOLIE I ZOMBIES
En parfait émule de Ed Wood, Ted V. Mikels est l’un des rois de la série B fauchée des années 60. Après une poignée de polars (Strike Me Deadly, One Shocking Moment, The Black Klansman) et de comédies sexy (Dr. Sex, Girl in Gold Boots), il s’attaque à son fait d’armes le plus légendaire : Astro-Zombies, qu’il tourne en quelques jours avec un budget de 37 000 dollars. « C’était un tournage très facile », se souvient Mikels. « J’en ai filmé la moitié moi-même, parce que je n’avais assez d’argent que pour payer une équipe pendant deux semaines. J’ai donc passé quinze jours à tourner tout ce qui se passait en ville, toutes les poursuites et tout le reste. » (1) Cet invraisemblable mélange de film d’horreur, d’espionnage et de science-fiction est co-produit et co-écrit par Wayne M. Rogers, qui allait connaître la gloire la décennie suivante en incarnant le capitaine Trapper John McIntyre dans la série M*A*S*H*. Rogers étant un proche de l’acteur Peter Falk, ce dernier met à disposition d’Astro-Zombies sa résidence pour le tournage de plusieurs séquences. Le futur inspecteur Columbo apparaît même dans une petite scène, mais Mikels décide finalement de la couper au montage, ne la jugeant pas assez sérieuse par rapport au reste du film. Manifestement, le réalisateur est alors peu conscient de l’énorme potentiel comique – involontaire, bien sûr – d’Astro-Zombies.


Le prologue nous met tout de suite dans l’ambiance. Une femme au volant de sa Mustang décapotable écoute de la musique funky, puis entre dans son garage où elle est attaquée par un zombie à tête de mort (autrement dit un acteur avec un masque de carnaval en caoutchouc) qui l’assassine sauvagement. Le générique met ensuite en scène des petits robots télécommandés qui font la guerre avec un tank miniature – une scène qui n’a strictement rien à voir avec le reste du film. Puis nous apprenons que plusieurs cadavres mutilés ont été découverts dans la ville. L’agence spatiale se demande si les expériences bizarres du docteur DeMarco, l’un de leurs anciens employés, n’est pas à l’origine de ces morts violentes. Après des tests sur la transplantation d’organes artificiels, celui-ci s’est en effet concentré sur les transmissions d’informations vers le cerveau à travers des ondes radio, dans le but de créer des êtres capables de voyager dans l’espace. Et si les robots humains fabriqués par DeMarco étaient coupables des meurtres en série ?
Les folles expériences du docteur Carradine
John Carradine, ancienne star du cinéma d’épouvante des années 40 reconvertie en figure familière des nanars de tous poils pour pouvoir boucler des fins de mois qu’on imagine difficile, entre dans la peau de ce savant fou. Mikels passe énormément de temps à détailler ses expériences fantaisistes : les coups de tournevis, les installations de puces électroniques, les manipulations de potentiomètres, les placements de tuyaux, les écoulements de fluides, les réglages de thermostat, les branchements de fils, les mélanges de produits fumants dans les tubes à essai, ça n’en finit plus ! Consciencieusement, Carradine explique dans un charabia scientifique sans queue ni tête tout ce qu’il fait à Franchot, un serviteur grimaçant et contrefait chargé de lui ramener des cadavres encore frais. Et pendant ce temps, les voyants clignotent, les appareils électroniques font bip-bip et les liquides glougloutent. De temps en temps, Franchot kidnappe une jeune femme en maillot de bain et l’attache dans le labo, sans que le scénario prenne la peine de nous expliquer pourquoi. Les secrets de notre docteur Maboul étant convoités par des forces étrangères, une intrigue d’espionnage vient se greffer à l’histoire, avec son lot de filatures, d’écoutes téléphoniques et de fusillades. C’est là qu’entre en jeu une espionne cruelle campée par Tura Satana, ancienne go-go danseuse passée à la postérité grâce à son rôle de femme fatale ultra-violente dans Faster Pussycat Kill Kill de Russ Meyer. Bourré de longueurs, incohérent, ponctué d’effets sanglants mal fichus (dont une décapitation risible), voilà sans doute l’un des films de zombies les plus bizarres de tous les temps. Et dire que la même année, George Romero réalisait La Nuit des morts-vivants !
(1) Extrait d’une interview parue dans Psychotronic Video en 2000.
© Gilles Penso
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