

Un vieux poste de télévision hanté abrite une horde de zombies qui ne tardent pas à traverser l’écran pour venir envahir notre monde…
THE VIDEO DEAD
1987 – USA
Réalisé par Robert Scott
Avec Roxanna Augesen, Rocky Duvall, Vickie Bastel, Sam David McClelland, Michael St. Michaels, Jennifer Miro, Thaddeus Golas, Cliff Watts, Al Millan
THEMA CINÉMA ET TÉLÉVISION I ZOMBIES
Video Dead est le premier long-métrage de Robert Scott, qui allait plus tard poursuivre sa carrière en tant qu’assistant réalisateur, principalement pour la télévision. Le budget du film étant de 80 000 dollars, le cinéaste doit travailler dans des conditions précaires et bricoler avec les moyens du bord. L’équipe et les comédiens étant quasiment bénévoles, ils ne peuvent participer aux prises de vues que pendant les week-end, ce qui explique pourquoi le tournage s’étale pendant plus d’un an. Ce qui n’empêche pas Scott de voir les choses en grand. Dans la première version de son scénario, une bonne quinzaine de zombies au look spectaculaire sont censés attaquer les protagonistes. Mais la quantité d’effets spéciaux de maquillage nécessitée par de telles créatures oblige le réalisateur à revoir ses ambitions à la baisse. Après révision du script, il n’y aura finalement que cinq morts-vivants principaux. Parmi les acteurs dissimulés sous les prothèses en mousse de latex, on note la présence d’Anthony C. Ferrante, futur maître d’œuvre de la saga Sharknado. Le film commence par la livraison d’un vieux téléviseur à un écrivain (Michael St. Michaels) qui n’a pourtant rien commandé. L’homme installe le poste dans son salon et constate qu’il ne capte qu’un seul programme : un film d’horreur en noir et blanc baptisé Zombie Blood Nightmare. Même lorsqu’il débranche le téléviseur, celui-ci se remet en marche. Bientôt, les zombies du film traversent l’écran et le massacrent.


Trois mois plus tard, la maison du drame est rachetée par la famille Blair, qui prévoit de s’y installer très prochainement. En attendant que leurs parents les rejoignent après plusieurs années passées à l’étranger, Zoe (Roxanna Augesen) et Jeff (Rocky Duvall) prennent possession des lieux. En fouillant dans le grenier, Jeff tombe sur la vieille télévision et a la mauvaise idée de l’allumer. Comme on l’imagine, les parasites cèdent bientôt la place à Zombie Blood Nightmare et à sa cohorte de cadavres ambulants qui gémissent en imitant ceux de George Romero. Sans se douter du mal qu’il vient de réveiller, le jeune homme se lie d’amitié avec sa voisine April (Victoria Bastel) qui vient lui rendre visite en laissant le chien dont elle s’occupe se promener librement dans les bois. Aussitôt, le sympathique canin tombe nez à museau avec l’un des zombies qui errent dans les bois et qui le transforme en chair à pâté. Il ne faut pas longtemps à nos héros pour constater que le voisinage est infesté de morts-vivants sanguinaires que rien ne semble pouvoir arrêter. Leur seul salut vient sans doute de Joshua Daniels (Sam David McClelland), une sorte de Van Helsing texan qui connaît visiblement l’origine de ces monstres et le moyen de s’en débarrasser…
Zombie TV
Lorsque le premier zombie traverse le petit écran dans un nuage de fumée – une scène qui a failli faire s’évanouir son interprète, Jack Stellman, en raison de la grande quantité de CO₂ utilisée pour créer l’effet de brouillard -, on pense immédiatement à Démons 2 de Lamberto Bava, qui s’ouvre de manière assez similaire. Le look particulièrement excessif des créatures évoque d’ailleurs les maquillages de Sergio Stivaletti. Chaque mort-vivant possède sa propre identité visuelle – ainsi qu’un petit nom utilisé affectueusement par les membres de l’équipe du film : « Jack » avec sa bouche décharnée et son bras en moins, la « Fiancée » affublée d’un voile de mariée et d’une perruque, « Jimmy D » aux allures de rocker bleuâtre en décomposition, « Ironhead » avec un fer à repasser planté dans le crâne et « Half-Creeper » coupé en deux au niveau du torse. À cette sarabande s’ajoute une jeune femme mystérieuse qui apparaît et disparaît dans la télé hantée ou en dehors, au gré des caprices d’un scénario évasif. Car le comportement des monstres est relativement incompréhensible. Contrairement à leurs homologues traditionnels, ils ne dévorent pas la chair humaine et ne semblent animés que par l’envie de tuer les vivants. Quelques effets gore ayant été ajoutés à la demande du distributeur Manson International, qui octroie à l’occasion une rallonge budgétaire, nous avons droit à une main arrachée, un cadavre mutilé, un corps découpé à la tronçonneuse ou encore une décapitation à la machette. Mais l’effet comique prime toujours sur le caractère horrifique du film. Sauf que les gags n’ont rien de particulièrement drôle, que les mises à mort manquent d’originalité et que les acteurs jouent comme des savates, poussant les spectateurs à regarder tout ça d’un œil distrait et distant. Une suite fut un temps envisagée – inversant le concept en plongeant des humains dans le monde télévisé des zombies -, mais elle ne vit jamais le jour, faute d’un budget suffisant.
© Gilles Penso
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