STAR TREK 2 : LA COLERE DE KHAN (1982)

Plus dynamique que le film précédent, ce deuxième opus fait directement suite à l'un des épisodes de la série classique

STAR TREK II : THE WRATH OF KHAN

1982 – USA

Réalisé par Nicholas Meyer

Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Walter Koenig, Ricardo Montalban, Nichelle Nichols

THEMA SPACE OPERA I EXTRA-TERRESTRES I SAGA STAR TREK

Succédant avec beaucoup de talent à Robert Wise, Nicholas Meyer, auteur d’un savoureux C’était demain, change ici de ton. Plus attiré par le caractère politico-social de l’univers Star Trek que par sa dimension contemplative et sa portée métaphysique, Meyer s’approche en esprit du concept initial de Gene Roddenberry et participera de fait à quelques-uns des meilleurs films de la saga. Pour Star Trek 2, il synthétise cinq scripts différents pour obtenir un scénario original faisant suite à un épisode de la série TV originale, « Space Seed », à la fin duquel le barbare Khan (Ricardo Montalban) était exilé par le capitaine Kirk sur une planète aride et hostile. Au début du film, le vaisseau USS Enterprise effectue l’une de ses nombreuses patrouilles spatiales. Soudain, un message mystérieux parvient aux ordinateurs de bord : « pourquoi l’armée veut-elle s’emparer du projet Genesis ? ». Ce projet scientifique révolutionnaire permet de créer la vie à partir du néant, ou le contraire. Dès lors, une lutte à mort s’engage entre Kirk et Khan. Car le projet Genesis doit être expérimenté sur la planète où l’ancien despote en disgrâce a été abandonné avec ses hommes. Khan, avide de pouvoir et de vengeance, tente donc de s’emparer de cette invention afin de retrouver sa suprématie perdue.

Avec un budget de 10 millions de dollars (quatre fois moins que celui de Star Trek le film), ce second opus cinématographique s’avère de plus modeste facture, mais il y gagne en nervosité, en rythme et en efficacité. On y trouve pèle mêle des vers des sables peu ragoutants, une belle Vulcaine nommée Saavik (alias Kirstie Alley), les retrouvailles de Kirk avec son fils David, et surtout (attention spoiler, la lecture qui suit est interdite à tous ceux qui n’ont pas vu le film !), et surtout, donc, l’inoubliable sacrifice final de Spock. « De toutes les âmes que j’ai rencontrées au cours de mes voyages, ce fut la plus humaine », déclarera Kirk au cours des émouvantes funérailles spatiales du Vulcain. L’uniforme de l’Enterprise a encore changé de couleur, virant ici au rouge, et les effets spéciaux ont cette fois été supervisés par ILM, concoctant notamment une très dynamique bataille spatiale au beau milieu d’une nébuleuse écarlate particulièrement photogénique.

Une séquence avant-gardiste en images de synthèse

On peut également contempler dans le film l’une des premières séquences entièrement conçues en images de synthèse, celle de la naissance d’une planète grâce au projet Genesis (séquence qui coûta la modique somme d’un million de dollars la minute et qui donne une idée de ce que pourrait être, dans un avenir encore lointain, un processus de terraformation). On note enfin une très belle partition de James Horner, délaissant le thème de Jerry Goldsmith pour revenir à celui de la série télévisée. La rupture avec le film précédent est donc totale, comme en témoigne au passage le refus d’utiliser les Klingons comme « méchants ». Le premier sous-titre prévu, « The Revenge of Khan », dut être remplacé par « The Wrath of Khan », car à l’époque George Lucas envisageait d’appeler le troisième volet de La Guerre des étoiles « Revenge of the Jedi ».


© Gilles Penso

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