THE VELOCIPASTOR (2017)

Depuis qu’il a ramené de Chine un vieil artefact aux pouvoirs étranges, un prêtre se transforme en dinosaure et affronte des ninjas !

THE VELOCIPASTOR

 

2017 – USA

 

Réalisé par Brendan Steere

 

Avec Gregory James Cohan, Alyssa Kempinski, Daniel Steere, Aurelio Voltaire, Yang Jiechang, Jesse Turits

 

THEMA DINOSAURES

Tout est parti du correcteur orthographique d’un téléphone. En 2010, alors qu’il fréquente l’école d’arts visuels de Manhattan, l’apprenti-réalisateur Brendan Steere écrit un message avec le mot « Velociraptor », qui est automatiquement corrigé en « VelociPastor ». « L’incident » lui donne l’idée d’un projet d’études constitué de fausses bandes annonces de films façon Grindhouse (dans l’esprit de ce qui avait été fait par Quentin Tarantino, Robert Rodriguez et leur « bande » dans la foulée de Boulevard de la mort et Planète terreur). Parmi ces faux teasers se trouve celui d’un film baptisé VelociPastor dans lequel un prêtre se métamorphose en dinosaure. Le film d’études se mue en petit phénomène sur YouTube, poussant Brendan Steere à transformer VelociPastor en long-métrage. Après avoir tenté en vain de faire financer ce projet fou par une campagne participative, le réalisateur parvient à récupérer 35 000 dollars grâce à un investisseur privé et se lance dans l’aventure. Une poignée d’acteurs amateurs, un matériel de tournage sommaire, une équipe réduite à sa plus simple expression, deux ou trois décors naturels… Les moyens sont rachitiques, et ça se voit à l’écran !

Dès les premières minutes du métrage, l’amateurisme de l’entreprise saute aux yeux : jeu d’acteur très approximatif, montage à la serpe, prises de vues accidentées… Le prétexte scénaristique laisse rêveur. Après un sermon, le prêtre Doug Jones (Gregory James Cohan) voit avec horreur la voiture de ses parents exploser et les réduire en cendres. Dévasté, il remet soudain en cause sa propre foi. Sous les conseils du père Stewart (Daniel Steere), notre homme d’église part se changer les idées à l’autre bout du monde. Le voilà donc en Chine (autrement dit dans une petite forêt broussailleuse avec deux figurants coiffés de chapeaux pointus). Il y croise une jeune femme en fuite qui s’écroule, frappée par une flèche. Avant de trépasser, elle a tout juste le temps de lui remettre un artefact en forme de corne. Doug se blesse la main en le récupérant. De retour chez lui, le prêtre découvre qu’il est désormais victime d’une malédiction : comme un loup-garou version préhistorique, il se transforme en vélociraptor et massacre ceux qui l’offensent. Le concept est délirant en soi, mais le passage du scénario à l’écran bascule carrément dans le surréalisme. Car en guise de dinosaure carnassier, nous avons droit à un costume de carnaval bossu qui se dandine pitoyablement et claque des mâchoires face à l’objectif d’une caméra zoomant frénétiquement pour tenter de cacher la misère.

Jurassic prêtre

Quelque part à mi-chemin entre le lycanthrope et le super-héros, notre « VelociPasteur » occis donc régulièrement les malfrats de tous poils, avec la complicité de Carole (Alyssa Kempinski), une prostituée dont il a sauvé la vie et qui va se transformer sans aucune raison en experte des arts martiaux. Comme si ça ne suffisait pas, voilà que des ninjas entrent dans la danse. Fâchés que ce « guerrier dragon » contrecarrent leur trafic de drogue, ils passent à l’attaque et nous offrent quelques séquences de batailles absurdes. Des effets gore grotesques ponctuent le métrage, le plus saugrenu d’entre eux étant une tête en plastique de mannequin de supermarché utilisée pour simuler une décapitation ! Or le générique affiche très sérieusement une responsable des effets spéciaux de maquillage (Jennifer Suarez), un designer du costume de dinosaure (Jason Milan) et un coordinateur des combats et des cascades (Ryan Wagner). Quand on voit le résultat à l’écran, il est permis d’émettre quelques doutes sur leurs compétences respectives. De crainte que son scénario filiforme ne suffise pas à remplir la durée d’un long-métrage, Brendan Steere ajoute des flash-backs inutiles qui traînent en longueur (notamment une scène située pendant la guerre du Vietnam). Bizarrement, VelociPastor conserve imperturbablement une tonalité très sérieuse, sans jamais chercher à ressembler à une parodie, et s’offre même un dénouement ouvert au cas où une séquelle voie le jour. Si c’est le cas, nous l’attendrons avec beaucoup de patience.

 

© Gilles Penso

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