BIG (1988)

Un enfant de treize ans rêve d’être plus grand, ignorant que son vœu va être exaucé d’une manière très particulière…

BIG

 

1988 – USA

 

Réalisé par Penny Marshall

 

Avec Tom Hanks, Elizabeth Perkins, Robert Loggia, John Heard, Jared Rushton, David Moscow, John Lovitz

 

THEMA ENFANTS I CONTES

C’est Anne Spielberg (auteur de la comédie de science-fiction Timewarp) et Gary Ross (futur réalisateur de Pleasantville) qui sont à l’origine de Big. Leur scénario, écrit en 1984, séduit immédiatement les studios hollywoodiens. Steven Spielberg est pressenti pour réaliser le film, mais il craint de faire de l’ombre à sa sœur et juge qu’un seul Spielberg au générique est amplement suffisant. Du reste, la naissance de son fils Max lui fait définitivement renoncer au projet. Le projet évolue donc et des dizaines d’acteurs sont pressentis dans le rôle principal de cet enfant qui se retrouve du jour au lendemain dans un corps d’adulte. De Harrison Ford à Robert de Niro en passant par John Travolta, Dennis Quaid, Bill Murray, Michael Keaton, Robin Williams et Steve Guttenberg, on ne compte plus les grands noms qui se bousculent au portillon. Mais aujourd’hui, comment imaginer quelqu’un d’autre que Tom Hanks en tête d’affiche de Big ? Révélé dans Splash, le futur acteur fétiche de Steven Spielberg (tiens, comme par hasard !) embrasse ce rôle avec tant de conviction qu’il ne semble pas exagéré d’attribuer à sa prestation une grande partie du succès du film. La mise en scène échoit finalement à Penny Matshall, qui n’avait alors dirigé qu’un seul long-métrage, Jumpin’ Jack Flash, et allait retrouver Hanks quatre ans plus tard à l’occasion d’Une équipe hors du commun. On note que la photographie de Big est signée Barry Sonnenfeld, chef opérateur de talent (Quand Harry rencontre Sally, Miller’s Crossing, Misery) et futur réalisateur à succès (La Famille Addams, Get Shorty, Men in Black).

Big raconte donc l’histoire du petit Josh Baskin (David Moscow), qui vit avec ses parents et sa petite sœur dans le New Jersey. Il fait les quatre cents coups avec son ami Billy (Jared Rushton) et rêve d’impressionner la jolie Cynthia (Kimberlee M. Davis). Un jour, dans une fête foraine où il s’est fait refuser l’entrée d’un manège à cause de sa petite taille, Josh découvre une machine à lire la bonne aventure appelée Zoltar. Face au visage un brin inquiétant d’une sorte de diable qui grimace derrière la vitrine, il formule le vœu d’être grand. Aussitôt, une petite carte sort de la machine et lui annonce que son vœu a été exaucé. Or Josh découvre que la machine est débranchée. Surpris par ce prodige, il le sera beaucoup plus le lendemain matin en se réveillant dans le corps d’un adulte de trente ans !

Little Big Man

Big est l’un de ces films en état de grâce dont l’alchimie de talents combinés produit un véritable miracle. Le scénario de Ross et Spielberg est d’une minutie remarquable. La mise en scène de Marshall est tellement millimétrée qu’elle en devient imperceptible. Quant à Hanks, il réalise le prodige de nous faire croire à l’incroyable. Il lui suffit d’un seul coup d’œil dans le miroir face à sa soudaine transformation, d’abord pouffant de rire puis écarquillant des yeux éberlués, pour suspendre aussitôt l’incrédulité des spectateurs. Nous y croyons parce que ce grand corps dégingandé semble vraiment appartenir à un enfant de treize ans ayant grandi beaucoup trop vite. Pour guider le comédien dans son jeu, la réalisatrice a l’excellente idée de demander au garçon qui interprète son personnage au début du film (David Moscow) de jouer d’abord toutes les scènes lui-même. Hanks se lance alors dans un exercice de mimétisme, réadapte à sa sauce les mimiques et les gestuelles de l’enfant et livre l’une de ses prestations les plus étonnantes. Au-delà du rire provoqué naturellement par cette situation insolite, l’émotion change de tonalité lorsque Josh, seul dans une chambre d’hôtel sinistre de New York, pleure dans son lit parce qu’il a peur et que sa mère lui manque. L’espace de quelques minutes, ce grand dadais ne nous amuse plus, il nous touche. Cette satire sans concession du cynisme adulte, doublée d’un vif plaidoyer pour conserver son âme d’enfant (visiblement le leitmotiv de la famille Spielberg), est gorgée de séquences irrésistibles, de l’improbable réunion marketing autour d’un nouveau robot Transformer à la nuit romantique qui se transforme en concours de trampoline en passant par ce moment culte où Tom Hanks et Robbert Loggia dansent sur les touches d’un piano géant. Nommé aux Oscars pour son scénario et son acteur principal, Big est un colossal succès critique et public qui assoit définitivement le statut de star de Tom Hanks.

 

© Gilles Penso

 

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