PUPPET MASTER: AXIS OF EVIL (2010)

Retour en arrière pour ce dixième Puppet Master qui nous replonge en pleine seconde guerre mondiale et oppose les poupées tueuses à des nazis !

PUPPET MASTER : AXIS OF EVIL

 

2010 – USA

 

Réalisé par David DeCoteau

 

Avec Levi Fiehler, Jenna Gallagher, Taylor M. Graham, Tom Sandoval, Jerry Hoffman, Erica Shaffer, Ada Chao, Mike Brooks, Aaron Riber

 

THEMA JOUETS I SAGA PUPPET MASTER

Après Puppet Master vs. Demonic Toys dont il avait cédé les droits sans s’en occuper, Charles Band décide de reprendre en main l’une de ses franchises les plus populaires. L’opus suivant de la saga sera donc celui du retour aux sources, quitte à reprendre la séquence d’ouverture du tout premier Puppet Master et de nous raconter en parallèle des événements et des péripéties imaginés de toutes pièces par le scénariste Domonic Muir (sous le pseudonyme d’August White). Pour satisfaire ses ambitions, Band a besoin d’un budget un peu plus conséquent que sur les épisodes précédents. Il trouve donc une source de financement en Chine, auprès du coproducteur Henry Luk, et installe son équipe sur les plateaux de la compagnie chinoise ACE Studio. Le réalisateur David DeCoteau, qui avait offert à la franchise son meilleur épisode (Puppet Master III : la revanche de Toulon) mais aussi des chapitres très dispensables (Le Retour des Puppet Master et Retro Puppet Master), reprend du service et avouera plus tard que la communication difficile avec les équipes locales n’aura guère simplifié les choses pendant les préparatifs et le tournage. L’un des atouts artistiques intéressants du film est le directeur de la photographie Terrance Ryker (crédité sous le faux nom de Tom Callaway), qui profite de tourner au format numérique avec une caméra RED pour concocter quelques très belles images jouant sur les effets d’ombre, les touches de couleur saturées et les décors enfumés, le tout au format Cinémascope.

Puppet Master : Axis of Evil commence donc dans l’hôtel de luxe Bodega Bay Inn en 1939, exactement à l’endroit où se situait le prélude de Puppet Master premier du nom. Plusieurs stock-shots empruntés au film de David Schmoeller nous montrent André Toulon et son suicide alors que les nazis cherchent à mettre la main sur ses précieuses poupées. Le montage habile intègre de nouveaux plans dans un décor qui reconstitue à l’identique celui utilisé en 1989. Nous découvrons ainsi Danny Coogan (Levi Fiehler), un jeune ébéniste qui tombe sur le corps de Toulon et récupère ses jouets. Danny rêve de s’engager dans l’armée pour aller « casser du Boche et du Jap » (ce qui est tout à fait anachronique, les États-Unis n’étant entrés en guerre qu’en 1941, comme chacun sait), mais sa patte folle l’en empêche. Les poupées de Toulon vont tout de même lui permettre de participer à l’effort de guerre, puisqu’il découvre un complot visant à saboter l’usine d’armement dans laquelle travaille sa petite-amie Beth (Jenna Gallagher). De vils nazis et une espionne japonaise fomentent en effet de sinistres plans dans un opéra chinois qui leur sert de cachette.

L’effort de guerre

Malgré des moyens qu’on imagine encore très limités, le travail de reconstitution d’époque est soigné. Au-delà de la chambre d’hôtel du prologue, le chef décorateur Joe Walser et son équipe édifient quelques rues assez convaincantes d’un quartier chinois, traversées par la petite poignée de figurants en costume que les producteurs Charles Band et Henry Luk peuvent se payer. On se réjouit aussi du grand retour du compositeur Richard Band, qui décline le fameux thème musical des poupées sous un angle nouveau et intègre dans sa partition plusieurs instruments ethniques asiatiques. Du côté des comédiens, c’est inégal. Si le couple vedette incarné par Levi Fiehler et Jenna Gallagher tient étonnamment la route, avec une justesse et une subtilité très appréciables, on ne peut pas en dire autant du grand-frère du jeune héros, incarné par un Taylor M. Graham qui en fait des caisses, ou des méchants improbables qui aiment se lancer dans de grandes tirades lyriques en se prenant très au sérieux. Les poupées, quant à elles, n’interviennent que tardivement et sans beaucoup d’éclat. Miss Leech revient cracher des sangsues mortelles aux côtés du tranchant Blade, du perforant Tunneler, du massif Pinhead et du tournoyant Jester. Un nouveau venu fait son apparition, Ninja, mais ni son look (un visage en bois taillé à la serpe) ni ses actions (des jets d’étoiles acérées) ne marqueront les mémoires. Un peu pesant, cet épisode s’achève sur une fin des ouverte à laquelle Charles Band lui-même donnera suite deux ans plus tard.

 

© Gilles Penso


Partagez cet article