PUPPET MASTER : AXIS TERMINATION (2017)

Le cycle « Axis » de la saga Puppet Master s’achève sur un troisième épisode plus sanglant et mystique que les précédents…

PUPPET MASTER : AXIS TERMINATION

 

2017 – USA

 

Réalisé par Charles Band

 

Avec George Appleby, Tonya Kay, Paul Logan, Kevin Scott Allen, Tania Fox, Alynxia America, Lilou Vos, Daniele Romer, Kyle Devero, Allen Perada

 

THEMA JOUETS I SAGA PUPPET MASTER

Puppet Master : Axis Termination clôt la trilogie amorcée avec Puppet Master : Axis of Evil et prend la suite directe du film précédent, Puppet Master : Axis Rising, narrant le combat improbable des célèbres poupées tueuses contre des jouets diaboliques conçus par des savants nazis. Familier des productions Full Moon en général et de la saga Puppet Master en particulier (il écrivit notamment Le Cerveau de la famille, Le Retour des Puppet Master et Retro Puppet Master), le scénariste Neal Marshall Stevens rédige sous le pseudonyme de Roger Barron cet ultime volet toujours réalisé par « le patron » Charles Band. Une ambiance festive semble régner sur cet opus, comme si chacun y faisait ses adieux à la saga amorcée en 1989. David DeCoteau lui-même, qui réalisa quatre épisodes de la franchise, vient faire une petite apparition dans le rôle d’un nazi. S’il est toujours situé au cœur de la seconde guerre mondiale et développe une vague intrigue d’espionnage au sein du Los Angeles de 1942 où se sont infiltrés de vils agents allemands, Puppet Master : Axis Termination cherche à brasser large, intégrant notamment plusieurs éléments surnaturels (spiritisme, sorcellerie, télépathie, télékinésie) dans une intrigue qui n’en demandait pas tant.

Le prologue se débarrasse très vite des deux jeunes héros Beth et Danny qui, il faut bien l’avouer, étaient devenus très insipides dans l’épisode précédent. Place donc à de nouveaux protagonistes, en l’occurrence le docteur russe Ivan Ivanov spécialisé dans les sciences occultes (George Appleby), sa fille médium Elisa (Tania Fox), la sorcière Georgina Vale (Alynxia America) et le cartésien capitaine Brooks (Paul Logan) qui s’efforce de garder la tête sur les épaules. Cette escouade d’un genre très particulier s’oppose à un groupe de vilains gentiment caricaturaux : le docteur Gerde Ernst (Tonya Kay) et le Sturmbahnfuhrer Steiner Krabke (Kevin Scott Allen) qui possèdent eux aussi de puissants pouvoirs parapsychologiques, ainsi que la belle et cruelle Miss Steitze (Kirsten Ostrengo, sous le pseudonyme de Lilou Vos) qui attaque ses victimes avec ses doigts-seringues. Au beau milieu de ce pugilat paranormal, toutes les poupées du film précédent font leur retour, sauf le bien-nommé Kamikaze qui, comme son nom l’indique, s’était fait sauter avec perte et fracas. Bombshell et ses seins mitrailleurs, Blietzkrieg le blindé et Wermacht le velu s’opposent donc une fois de plus à Blade, Pinhead, Jester, Tunneler, Miss Leech et le pistolero Six-coups.

Poupées de sang

Comme il s’agit d’une sorte de « bouquet final », Charles Band décide de réaliser un film plus gore que les précédents, pour revenir aux sources horrifiques de la saga. Le sang gicle donc avec abondance tout au long du métrage, notamment quand Tunneler perfore des crânes, quand Wermacht montre les crocs ou quand se déchaînent les fusillades. Pour pimenter le tout, le film s’octroie une pincée d’érotisme à travers la présence sulfureuse de Miss Steitze ou de la sorcière Georgina Vale qui aime bien s’adonner à ses rituels les seins nus. Budget oblige, les décors sont toujours aussi étroits et limités, malgré les efforts louables que déploie le directeur de la photographie Howard Wexler dans l’espoir de cacher la misère. Pour compenser l’impossibilité de montrer les poupées en train de marcher en plan large – depuis l’absence de David Allen et de ses merveilleux effets en stop-motion – l’équipe des effets visuels développe une idée originale : faire porter à des doublures le costume des jouets, les filmer sur fond vert et les incruster dans certains décors, pour une poignée de plans courts. Habile, le subterfuge est utilisé avec Blade et Tunneler. Comme les deux films précédents, Puppet Master : Axis Termination s’encombre hélas de longs monologues qui font office de remplissage à moindre coût, nous donnant un sentiment de longueur alors que le film ne dure qu’une heure et quart. Le feu d’artifice tombe donc un peu à plat, et nous serions tentés de préférer l’épisode précèdent, plus outrancier et plus ouvertement « bis ».

 

© Gilles Penso


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