LES MESSAGERS (2007)

Kristen Stewart incarne une adolescente s’installant avec sa famille dans une ferme qui n’est tranquille qu’en apparence…

THE MESSENGERS

 

2007 – USA

 

Réalisé par Danny Pang & Oxide Pang

 

Avec Kristen Stewart, Dylan McDermott, Penelope Ann Miller, John Corbett, Evan Turner, Thoedore Turner, William B. Davis

 

THEMA FANTÔMES

Les Messagers s’inscrit dans une collection de films d’épouvante produits par Sam Raimi et Rob Tapert sous l’estampille Ghost House Pictures, dans la foulée de The Grudge, Boogeyman et The Grudge 2. Le prologue est un flash-back nerveux qui a vocation de faire démarrer le film sur les chapeaux de roue. On y voit une mère et ses deux enfants massacrés dans une ferme par une entité maléfique. Des années plus tard, la famille Solomon vient prendre possession des lieux, ignorant tout du drame passé. Fuyant une ville qui ne leur a guère réussi, Roy (Dylan McDermott), son épouse Denise (Penelope Ann Miller) et leurs deux enfants décident de repartir à zéro en tentant une reconversion à la campagne. Mais Jess (Kristen Stewart), la fille aînée, et Ben (Evan Turner), son jeune frère de trois ans, semblent percevoir une présence surnaturelle. Bientôt, les phénomènes s’intensifient, laissant imaginer que les fantômes du passé cherchent à se venger des vivants, quitte à muer leur tranquille environnement campagnard en effroyable cauchemar…

Les prémices sont intrigantes, certes, mais il faut bien avouer que le refrain est connu et ne ménage que peu de surprises. Depuis Amityville et Shining, les familles décimées hantant leur ancienne demeure échappent difficilement aux lieux communs. En outre, le scénario de Todd Farmer se borne à réutiliser le motif classique des enfants assassinés qui apparaissent aux vivants pour réclamer une justice d’outre-tombe, foulant du coup un terrain déjà balisé par Dark Water, L’Échine du diable ou Fragile. Fatalement, face à une telle concurrence, Les Messagers ne fait guère le poids. Pour couronner cette sensation de déjà-vu, Danny et Oxide Pang empruntent la plupart de leurs effets à Ring et The Grudge, auto-plagiant même certaines séquences de The Eye. Les portes claquent, le vent souffle, les mains crispées entrent dans le champ, les héros sursautent, les visages livides grimacent… Rien de bien nouveau à l’horizon, en somme.

D’entre les morts

Certes, quelques visions saisissantes émergent des poncifs, notamment ce spectre hideux qui apparaît progressivement à travers la paroi d’un mur taché de sang, ou cette paire de pieds cadavériques qu’on aperçoit sous la couverture d’un lit, mais ces innovations sont bien insuffisantes. Quant aux messagers du titre, des corbeaux qui servent à priori de lien entre le monde des vivants et celui des morts, ils ne jouent ici qu’un rôle de figurants, leurs interventions imitant sans vergogne quelques-unes des séquences les plus fameuses des Oiseaux d’Hitchcock. Pourtant, Les Messagers se distingue par une qualité spécifique qui n’est pas systématique en pareil contexte : le soin tout particulier apporté à la construction de ses personnages. Loin d’être de simples pions balayés par les manifestations paranormales, ils bénéficient chacun d’un caractère riche et complexe, de problématiques réalistes, d’un passé lourd et conflictuel, ce qui permet à leurs interprètes de développer un jeu subtil et nuancé. Mis en scène avec efficacité, le film se suit donc sans ennui mais n’apporte pas grand-chose aux thématiques qu’il aborde, ni à la carrière des frères Pang, lesquels se contentent ici d’enfoncer des portes ouvertes sans chercher à se renouveler.

 

© Gilles Penso


Partagez cet article