

Dans cette aventure délirante, Tarzan et Boy affrontent des nazis, des dinosaures, des plantes carnivores et une araignée géante…
TARZAN’S DESERT MYSTERY
1943 – USA
Réalisé par William Thiele
Avec Johnny Weissmuler, Nancy Kelly, Johnny Sheffield, Otto Kruger, Joe Sawyer, Robert Lowery, Lloyd Corrigan, Frank Puglia, Philip Van Zandt, Bobby Barber
THEMA EXOTISME FANTASTIQUE I DINOSAURES I ARAIGNÉES I TARZAN
Les grands méchants du Triomphe de Tarzan étaient déjà des nazis, mais le producteur Sol Lesser s’est sans doute dit que ça ne suffisait pas pour continuer à captiver les spectateurs. Le Mystère de Tarzan, huitième incarnation à l’écran du roi de la jungle par Johnny Weissmuller, ne recule donc devant aucun rebondissement extravagant. Le prologue exhale quelques relents de déjà-vu, puisque nous y voyons une scène familière : Boy, assis sur le dos de l’éléphanteau Buli, s’amuse avec Cheeta dans une savane africaine de studio puis aperçoit un avion qui traverse le ciel. Mais cette fois-ci, l’engin volant ne fait que passer, le temps pour ses pilotes de parachuter une lettre écrite par Jane à l’attention de Tarzan et Boy. En la lisant, ils découvrent qu’elle est toujours immobilisée à Londres, où elle soigne les blessés de la guerre de Birmanie. Pour leur prodiguer les soins nécessaires, il lui faut des plantes médicinales capables de soigner la malaria. Tarzan, Boy et Cheeta partent donc à la recherche des végétaux en question et se retrouvent en plein désert. À partir de là, nous quittons la jungle habituelle pour nous retrouver dans une ambiance de conte des mille et une nuits, au sein du village arabe de Birherari, autrement dit un décor exotique construit en 1927 par Cecil B. DeMille pour le film Le Roi des rois.


En chemin, nos héros rencontrent Connie Bryce (Nancy Kelly), une artiste de music-hall venue se produire à la cour du prince Selim (Lloyd Corrigan). En réalité, c’est une espionne envoyée par les Alliés pour dénoncer les actes malfaisants de Paul Hendrix (Otto Kruger) et Karl Straeder (Joe Sawyer), deux nazis qui se font passer pour des notables américains. Mais ces derniers assassinent le prince et font porter le chapeau à Connie, aussitôt condamnée à être pendue dès le lendemain matin. La suite des péripéties transporte le film dans un univers purement fantastique, proche de certains récits d’Edgar Rice Burroughs mais en rupture avec les films précédents de la série qui n’osaient tout de même pas pousser le bouchon aussi loin. En effet, au-delà du désert balayé par les tempêtes de sable, nous découvrons soudain un panorama exotique peuplé de monstres préhistoriques.
Voyage dans la préhistoire
Tarzan se mue alors en émule de l’homme des cavernes musclé incarné par Victor Mature dans Tumak fils de la jungle. C’est d’ailleurs au film d’Hal Roach que sont empruntées les séquences où apparaissent les dinosaures belliqueux (des reptiles agrandis à l’écran et rétro-projetés derrière nos héros). Les autres dangers de cette forêt antédiluvienne sont des plantes carnivores tentaculaires qui menacent d’engloutir Tarzan (des marionnettes grandeur nature animées par câbles) et une araignée géante qui capture Boy dans sa toile (un monstre mécanique pas follement convaincant). Ce dernier acte est entièrement repensé par Sol Lesser après la fin du tournage. Déçu par les intrigues plus conventionnelles initialement prévues (Connie recapturée par les nazis et l’intervention secourable d’un cheikh), il décide d’organiser un tournage additionnel et d’intégrer tous ces nouveaux éléments fantasmagoriques. Ces ajouts bizarres permettent au film de sortir de la routine. Associé aux nouvelles singeries de Cheeta (notamment une démonstration de funambulisme acrobatique et le vol de tous les turbans du village pour aider Tarzan et Boy à s’évader), ce virage vers le « pulp » exubérant nous offre un spectacle finalement très divertissant.
© Gilles Penso
À découvrir dans le même genre…
Partagez cet article



