L’ATTAQUE DE LA POM-POM GIRL GÉANTE (2012)

Pour intégrer l’équipe des cheerleaders de son lycée, une fille complexée par son physique s’injecte un sérum expérimental et atteint une taille colossale…

ATTACK OF THE 50 FOOT CHEERLEADER

 

2012 – USA

 

Réalisé par Kevin O’Neill

 

Avec Jena Sims, Sean Young, Treat Williams, Sasha Jackson, Olivia Alexander, Ryan Merriman, Ted Raimi, Anne McDaniels, Mary Woronov, Paula Trickey

 

THEMA NAINS ET GÉANTS I ARAIGNÉES

Attack of the 50 Foot Woman, le sympathique nanar de Nathan Juran, eut droit à un remake à grande échelle en 1993, avec Daryl Hannah en tête d’affiche. Toujours sur les bons coups, Roger Corman décida de surfer sur le thème de la « femme géante sexy et revancharde » en produisant dans la foulée L’Attaque de la pin-up géante. Il faut croire que le sujet se prêtait encore à quelques déclinaisons burlesques, puisque Corman revient à la charge plus de quinze ans plus tard avec une variante « cheerleader ». Entretemps, Avatar est sorti sur les écrans du monde entier et a provoqué un soudain regain d’intérêt pour la 3D. Qu’à cela ne tienne : L’Attaque de la pom-pom girl géante sera tourné en relief ! Ce sera l’occasion de balancer à la figure des spectateurs les courbes généreuses des actrices impudiques qui apparaissent dans le film, notamment bien sûr la protagoniste gigantesque et sa rivale, incarnées respectivement par Jena Sims et Olivia Alexander. La mise en scène est confiée à Kevin O’Neill, qui dirige la société d’effets spéciaux Flat Earth (logiquement en charge des nombreux trucages du film) et s’est parallèlement spécialisé dans la réalisation de séries Z à base de grands monstres : Dinocroc, Dinoshark, Dracano, Sharktopus vs Pteracuda, Sharktopus vs Whalewolf, bref un beau palmarès.

Tourné sur les campus de l’U.C.L.A. et du Santa Ana College, L’Attaque de la pom-pom girl géante s’intéresse à Cassie Stratford (Jena Sims), une étudiante désireuse de marcher dans les pas de sa mère, ancienne figure emblématique de l’université, couronnée reine des cheerleaders et membre influente d’une prestigieuse confrérie. Mais Cassie est complexée par son physique, son acné et sa maladresse. A tel point qu’elle devient la bête noire de Brittany (Olivia Alexander), capitaine des pom-pom girls qui règne avec autorité sur la sororité Beta Mu. Entre deux cours, Cassie travaille comme assistante d’un labo de biochimie qui teste un médicament expérimental, le « sérum renouveau », conçu pour régénérer les cellules. Un soir, en désespoir de cause, elle décide de s’injecter le produit dans les veines. Le résultat est au-delà de toutes les espérances : la voici désormais sûre d’elle et rayonnante (autrement dit l’actrice a retiré ses énormes lunettes, s’est lavé les cheveux et s’est maquillée). « Ce sérum t’a carrément transformée en Barbie en une nuit », constate sa meilleure amie. Mais ce médicament a un effet secondaire imprévu : Cassie se met progressivement à grandir jusqu’à atteindre la taille de King Kong.

De la nudité, des guests et une araignée géante

Drôle, rythmé, léger, ne reculant pas devant les scènes dénudées gratuites, L’Attaque de la pom-pom girl géante se révèle bien mieux fichu que les variantes sur le même sujet que réaliseront plus tard Jeff Leroy (Giantess Attack) ou Jim Wynorski (Attack of the 50 Foot Camgirl). Le budget n’est pourtant pas immense, mais l’équipe de Flat Earth s’en sort plutôt bien, gérant habilement les perspectives forcées pour crédibiliser les premières étapes de la croissance accélérée de Cassie, puis recourant de manière intensive aux incrustations sur fond vert lorsqu’elle atteint les quinze mètres de haut. Cette générosité visuelle n’exclut pas quelques scories, comme cette araignée géante en images de synthèse bien peu crédible, mais ces approximations sont tolérables dans un film qui ne se prend jamais au sérieux. Les plus attentifs repèreront des autocitations (le poster de Dinocroc dans un coin de décor), un clin d’œil à Spider-Man (Cassie voit soudain flou avec ses lunettes et réalise qu’elle n’en a plus besoin) et quelques guest stars savoureuses. On apprécie ainsi les interventions de Treat WIlliams en businessman colérique, Ted Raimi en savant dépassé par les événements, Roger Corman en doyen du lycée, John Landis en enseignant ordurier ou Sean Young en mère indélicate. Avec au passage quelques dialogues fleuris comme « Je suis la version pétasse de la Statue de la Liberté » ou « son vagin sert de caisse de résonnance » ! Rien de bien inoubliable, certes, mais avec un titre pareil, on ne s’attend pas non plus à voir Citizen Kane.

 

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

 

Partagez cet article