

Depuis qu’il a découvert que son épouse le trompait, un homme frappé de folie meurtrière décide d’assassiner les femmes aux mœurs légères…
THE TOUCH OF HER FLESH
1967 – USA
Réalisé par Michael Findlay
Avec Suzanne Marre, Angelique Pettyjohn, Michael Findlay, Vivian Del Rio, Peggy Steffans, Ron Scardera, Rit Dexter, Roberta Findlay, Sally Farb
THEMA TUEURS
Figures clé du cinéma underground de la fin des années 1960 jusqu’au milieu des années 1970, le réalisateur Michael Findlay et son épouse Roberta, habitués aux budgets étriqués qui les poussent à cumuler à eux deux la grande majorité des postes-clés de leurs films, démarrent leur carrière suite à une discussion avec leur ami George Weiss. Producteur de l’inénarrable Glen or Glenda de Ed Wood, il leur vante les mérites de la « sexploitation » : un sous-genre qui coûte peu et rapporte souvent beaucoup. Son principe ? Mêler l’érotisme le plus suggestif et la violence crue, au sein de scénarios filiformes empruntant leurs codes aux thrillers et aux films d’horreur. Les Findlay se lancent en 1964 avec Body of a Female, l’histoire d’un psychopathe qui retient plusieurs femmes prisonnières. Sur leur lancée, ils enchaînent en 1965 avec The Sin Syndicate et Satan’s Bed (dans lequel joue une jeune Yoko Ono pas encore égérie de John Lennon), puis avec Take Me Naked en 1966. Si leurs films restent alors très confidentiels, ils vont accéder à une notoriété un peu plus importante grâce au premier volet de ce qui se transformera en trilogie : The Touch of Her Flesh (dont le titre pourrait se traduire par « Le contact de sa chair »). Michael Findlay coproduit, écrit, réalise, monte, joue le premier rôle, tandis que Roberta produit avec lui, assure les prises de vues, l’éclairage, la musique et prête même son corps à une série de vignettes érotiques.


The Touch of Her Flesh raconte l’histoire de Richard Jennings (Michael Findlay, sous le pseudonyme de Robert West), un grand spécialiste des armes en tous genres auxquelles il a consacré plusieurs ouvrages. Un matin, il quitte son épouse Claudia (Angelique Pettyjohn) pour s’en aller participer à une conférence. Mais sur le chemin, il constate qu’il lui manque un document important et rebrousse chemin. Là, il découvre l’impensable : sa chère et tendre le trompe avec un type qui la couvre de caresses et de baisers. N’en croyant pas ses yeux, notre brave homme quitte le domicile en courant comme un fou, traverse les rues de la ville et tombe sous les roues d’une voiture. Il s’en sort mal en point mais vivant. Ses jambes endolories le condamnent à rester pendant quelques temps sur un fauteuil roulant, tandis que l’accident l’a privé d’un œil. Pendant sa convalescence, Richard développe une haine croissante non seulement envers son épouse mais aussi contre toutes les femmes au mœurs légères. Une fois sorti de l’hôpital, il se lance dans une série de meurtres, assassinant des prostituées et des strip-teaseuses à l’aide d’une variété d’instruments insolites, notamment des épines de rose empoisonnées, une fléchette tirée par une sarbacane, un cimeterre acéré et une scie circulaire…
Œil pour œil
Le scénario de The Touch of Her Flesh semble préfigurer ceux des slashers qui fleuriront sur les écrans du monde entier au cours de la décennie suivante. Nous avons en effet affaire à un tueur psychopathe qui rivalise d’inventivité pour massacrer les jeunes femmes délurées responsables selon lui de tous les maux du monde. Le look de l’assassin, cloué sur un fauteuil roulant, un bandeau sur l’œil, lui donne d’ailleurs les allures d’une sorte de super-vilain revanchard. Mais si ce récit se rattache ouvertement au genre horrifique, le but premier de Michael Findlay est d’enchaîner les séquences de nudité féminine pour attirer le public friand de ce type de gauloiseries. Le générique de début annonce d’ailleurs la couleur, variante olé-olé de ceux des James Bond dans lequel les textes sont projetés sur le corps entièrement nu d’une jeune femme (en l’occurrence Roberta Findlay). Si les meurtres s’enchaînent avec régularité, ce sont les longues scènes de strip-tease qui occupent la grande majorité du métrage. Aucune prise de son directe n’ayant été effectuée pendant le tournage, les dialogues sont principalement prononcés hors-champ, dotant le film d’un caractère semi-amateur renforcé par le jeu très approximatif des comédiens et le montage pétri de maladresses. The Touch of Her Flesh connaîtra tout de même un succès très honorable, entraînant la mise en production de deux suites : The Curse of Her Flesh et The Kiss of Her Flesh, toutes deux sorties en 1968.
© Gilles Penso
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