A THOUSAND PLEASURES (1968)

Un homme qui vient d’assassiner son épouse tombe entre les griffes d’un groupe de femmes aux mœurs très étranges…

A THOUSAND PLEASURES

1968 – USA

Réalisé par Michael Findlay

Avec Janet Banzet, Uta Erickson, Michael Findlay, Linda Boyce, Kim Lewis, Donna Stone, John Amero, Roberta Findlay

THEMA TUEURS

Michael Findlay est une personnalité à part du cinéma des années 60 et 70. Réalisateur, producteur, scénariste et acteur, il s’est spécialisé dans les films d’exploitation sulfureux et underground, mêlant les codes de l’érotisme et de l’horreur à des intrigues étranges, principalement conçues pour multiplier les séquences provocantes. L’une de ses œuvres les plus mémorables reste le slasher The Slaughter, que le distributeur Allan Shackleton remontera pour en faire Snuff. Comme pour nombre de ses films, il signe la mise en scène de A Thousand Pleasures sous le pseudonyme de Julian Marsh et y tient également le rôle principal, sous le nom de Robert Wuesterwurst. Il est épaulé par son épouse Roberta Findlay, qui assure à la fois la photographie, le scénario, la coproduction, l’éclairage, la musique et la voix off de l’un des personnages. Le couple fait également appel à deux de ses actrices fétiches, Janet Banzet et Uta Erickson, créditées ici sous les noms respectifs de Marie Brent et Artemidia Grillet. Habitué aux rôles déshabillés et aux codes racoleurs du cinéma grindhouse de l’époque, tout ce petit monde se lance dans un film particulièrement déroutant, où le sexe, la violence et la mort cohabitent tant bien que mal. Le tout est emballé en quelques jours avec un budget dérisoire, selon une méthode économique que les époux Findlay maîtrisent depuis les débuts de leur carrière, entamée avec Body of a Female en 1964.

Exaspéré par les brimades incessantes de son épouse, Richard Davis (Michael Findlay) l’assassine à coups de couteau, charge son cadavre dans le coffre de son break et prend la route à la recherche d’un endroit où s’en débarrasser. Son escapade macabre prend une tournure inattendue lorsqu’il prend en stop deux jeunes femmes, Maggie (Uta Erickson) et Jackie (Linda Boyce). En découvrant le corps dissimulé à l’arrière du véhicule, elles ne préviennent pas la police mais contraignent Richard à les suivre jusqu’à une mystérieuse île située au large de Cape Ann. Le féminicide tombe alors sur une étrange communauté dirigée par ses deux auto-stoppeuses, qui vouent une véritable haine aux hommes. Autour d’elles gravite une galerie de personnages aussi inquiétants que fantasques : une adulte qui se comporte comme un bébé (Kim Lewid), une femme névrosée qui la materne jour et nuit (Janet Banzet), une gouvernante gironde et très entreprenante (Donna Stone) ainsi qu’un homme de main chargé de maintenir l’ordre dans cette maison de fous (John Amero). Rapidement drogué puis retenu prisonnier, Richard comprend qu’il n’est pas arrivé là par hasard. Maggie et Jackie ont besoin de lui pour accomplir un projet bien particulier : récupérer sa semence afin d’obtenir une descendance. Comme les Amazones de la mythologie, elles noieront l’enfant si c’est un garçon et l’élèveront si c’est une fille. Captif de cette étrange « famille », Richard doit désormais composer avec leurs règles radicales, leurs jeux de domination et leur penchant pour la torture…

Sexploitation

Les premières secondes trahissent déjà les conditions précaires dans lesquelles le film a été réalisé. Aucune prise de son directe n’ayant été effectuée pendant le tournage, tout est – mal – post synchronisé : non seulement les dialogues mais aussi les voix off du personnage principal, qui semblent avoir été enregistrées dans une salle de bains ou un placard ! A Thousand Pleasures est principalement constitué de longues séquences érotiques qui ne font pas avancer l’histoire mais justifient le parfum de scandale cher aux époux Findlay : une femme nue qui danse devant un miroir pendant le générique de début, la « femme-bébé » dénudée qui se roule par terre en jouant avec une bougie phallique, des accouplements dans tous les sens… L’intrigue squelettique s’interrompt donc pour se transformer en festival de vignettes sexy bizarres et déviantes, notamment cette scène interminable au cours de laquelle « Baby » tête goulument l’une des deux dominatrices tandis que l’autre la fouette sans discontinuer. Après cette infinité de grivoiseries pernicieuses, le dernier acte retrouve les codes du cinéma d’horreur. Les deux geôlières ayant fait subir à leur prisonnier toutes sortes de maltraitantes physiques (visage frappé à coups de pelle, pieds brûlés dans une cheminée, cigarette écrasée sur la joue), celui-ci retrouve ses instincts homicides et s’en va massacrer à tour de rôle toutes les femmes qu’il croise dans cette maison perverse… jusqu’à ce que la féminité elle-même – ironie symbolique suprême – lui fasse rendre son dernier souffle. Il trépassera en effet en étouffant sous la poitrine volumineuse de la gouvernante qu’il avait lui-même surnommée « Boobarella » ! Cet imbroglio n’a aucun sens et croule sous les maladresses (erreurs de raccord, plans flous, jeu d’acteur catastrophique), mais toutes les cases de la « sexploitation » sont soigneusement cochées.

© Gilles Penso

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