HELL HOUSE LLC 2 : THE ABADDON HOTEL (2018)

Après les événements dramatiques racontés dans le premier film, un groupe d’investigation décide de mener l’enquête dans le sinistre hôtel d’Abaddon…

HELL HOUSE LLC II – THE ABADDON HOTEL

 

2018 – USA

 

Réalisé par Stephen Cognetti

 

Avec Vas Eli, Jillian Geurts, Joy Shatz, Dusty Austen, Brian David Tracy, Kyle Ingelman, Amanda K. Morales, Laura Frenzer, Danny Bellini, Tom Sibley

 

THEMA FANTÔMES I SAGA HELL HOUSE

Cette suite de Hell House LLC a naturellement été motivée par le succès du premier opus, on s’en doute, mais son initiateur Stephen Cognetti avait déjà en tête la majorité de ses péripéties lorsqu’il était au travail sur le film précédent. « Jai toujours su, pendant que je faisais Hell House, quil existait toute une histoire en arrière-plan que je navais jamais pu explorer », raconte-t-il. « Lorsquon réalise un film narratif traditionnel, on peut justifier le fait de raconter lhistoire à partir dun grand nombre de points de vue différents. Mais dans le found footage, on est limité à lendroit où se trouve la caméra et à la raison pour laquelle elle sy trouve. Jai donc perdu une grande partie de lhistoire plus vaste que je voulais raconter dans le premier film. » (1) L’excellent accueil réservé à Hell House sur les plateformes de streaming permet donc à Cognetti d’écrire simultanément le second et le troisième opus, qui font selon lui partie d’un grand tout. Hell House LLC 2 lui permet d’approfondir la légende et l’histoire du fameux hôtel d’Abaddon, tandis que Hell House LLC 3 est conçu comme le point culminant de la trilogie. Si le found footage limite effectivement les possibilités narratives, Cognetti multiplie autant de supports que possible, mêlant dans son montage des interviews filmées, des échanges de SMS, des vidéos amateurs tournées au caméscope, des films de famille, des vidéos d’un visiteur postées sur Facebook et des extraits d’une émission fictive baptisée « Morning Mysteries ».

Sept ans se sont écoulés depuis la tragédie de la soirée d’ouverture de Hell House, une attraction d’Halloween installée dans un hôtel abandonné qui fut le théâtre d’une série de morts violentes officiellement attribuées à des disfonctionnements matériels. Mais de nombreuses questions restent sans réponse, et la théorie surnaturelle reste très présente dans l’esprit collectif. Les autorités locales auraient-elles menti pour éviter le scandale ? Grâce à une information anonyme, la journaliste d’investigation Jessica Fox (Jillian Geurts) est convaincue que des preuves clés sont cachées à l’intérieur de l’hôtel d’Abaddon, des preuves qui permettront de mieux comprendre les mystères de ce lieu sinistre laissé à l’abandon depuis le drame. Elle réunit une équipe tout aussi avide de réponses qu’elle avec un seul objectif : y entrer par effraction et découvrir la vérité. Dans cette équipe, elle embarque Matthew Cavanaugh (Vas Eli), seul survivant de ceux qui réalisèrent le documentaire « Hell House », ainsi que Brock Davies (Kyle Ingleman), un médium médiatisé qui veut profiter de l’occasion pour faire parler de lui…

Spectres, mensonges et vidéo

Stephen Cognetti poursuit sa quête de l’épouvante en demi-mesure, partant du principe qu’il suffit que les protagonistes soient apeurés pour que les spectateurs le soient, via un sentiment naturel d’identification que facilite l’immersion en caméra subjective. La mise en scène met donc la pédale douce sur les effets d’angoisse. Revers de la médaille : Hell House 2 ne nous effraie jamais vraiment, malgré les efforts déployés pour secouer les spectateurs avec des surgissements de figures spectrales ou des apparitions louches à l’arrière-plan. Mais le film est intriguant, bien construit et bien joué. Cognetti donnant le sentiment à son public de suivre une véritable enquête sur place, en direct, l’intrigue se révèle très prenante en s’appuyant sur une approche la plus réaliste possible. Le principe d’un groupe d’enquêteurs qui pénètrent dans un lieu hanté et ne parviennent plus à en sortir, sombrant peu à peu dans le désespoir, nous rappelle beaucoup Grave Encounters, qui reposait sur un principe voisin mais se déroulait dans un espace beaucoup plus vaste. Ici, le paradoxe tient à la relative exiguïté des lieux, même s’ils conservent un caractère labyrinthique qui renforce la claustrophobie et la désorientation. Minutieux, le montage joue habilement avec les va et vient entre le talk-show, l’investigation dans l’hôtel et différents inserts appartenant à d’autres temporalités, parachevant le sentiment de pièces d’un puzzle qui s’assemblent. Même si l’effet de surprise n’a plus cours, la recette fonctionne encore, d’où le lancement dans la foulée de Hell House LLC 3.

 

(1) Extrait d’une interview publiée dans Geeks of Doom en septembre 2019.

 

© Gilles Penso

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