

Dans ce quatrième opus, l’action change de décor pour s’installer dans un grand manoir hanté où deux jeunes femmes mènent l’enquête…
HELL HOUSE LLC ORIGINS – THE CARMICHAEL MANOR
2023 – USA
Réalisé par Stephen Cognetti
Avec Bridget Rose Perrotta, Destiny Leilani Brown, James Liddell, Gideon Berger, Cayla Berejikian, Victoria Andrunik, Darin F. Earl II, Searra Sawka, Thomas J. Cipriano
THEMA FANTÔMES I CLOWNS I SAGA HELL HOUSE
Les trois premiers volets de la saga Hell House constituaient une trilogie cohérente qui n’appelait aucune suite particulière. Mais le succès de la franchise sur les plateformes de streaming titille son créateur Stephen Cognetti, qui se demande s’il n’y aurait pas moyen de la relancer en variant les plaisirs. Problème : comment éviter les redites et la lassitude des spectateurs ? Pour y parvenir, Cognetti décide de changer de décor en mettant en scène une maison hantée complètement différente. Il se met également en tête de faire passer sur le devant de la scène le clown macabre qui, jusqu’alors, se contentait de faire de la figuration en arrière-plan. « Je ne me suis pas facilité la tâche en appelant ce film The Carmichael Manor, parce que maintenant il fallait que je trouve un véritable manoir », raconte-t-il. « J’ai commencé à écrire le script en mars 2022 et, dès l’automne/hiver 2022, j’ai estimé que j’avais un premier jet suffisamment abouti pour pouvoir attaquer à la fois le casting et la recherche de lieux de tournage. J’ai donc commencé à chercher frénétiquement partout près de New York. En janvier 2023, je suis tombé sur un magnifique manoir qui semblait trop parfait pour être vrai, et le mieux dans tout ça, c’est qu’il se trouvait à deux pas de chez moi, près de Scranton, en Pennsylvanie. » (1) Hell House LLC Origins est donc tourné dans le domaine de Fern Hall, une grande maison construite en 1916 et située au milieu de 100 hectares de forêt.


C’est un nouveau faux documentaire qui sert de structure narrative à ce quatrième Hell House. Nous y apprenons qu’un jour d’octobre 1989, la police découvrit les cadavres horriblement mutilés d’Eleanor Carmichael et de sa fille Catherine dans leur manoir isolé au milieu des bois, loin de la civilisation. Suspect numéro 1 de ce double homicide, le père de la famille, Arthur, était porté disparu. Peu avant ce massacre, un autre drame avait frappé les Carmichael, puisque les deux autres enfants de la famille, Margaret et Patrick, y furent victime d’un violent accident de voiture. Margaret n’en réchappa pas et son frère, blessé, disparut sans laisser de trace quelques temps plus tard. Bientôt se propagea l’idée que les lieux étaient hantés. Aujourd’hui, deux amies spécialisées dans les investigations sur les lieux de crimes, Margot Bentley (Bridget Rose Perrotta) et Rebecca Vickers (Destiny Leilani Brown), décident de passer quatre nuits dans le manoir Carmichael pour y mener une enquête. Elles sont bientôt rejointes par Chase (James Liddell), le frère de Margot. Mais on retrouve leurs cadavres peu après. Que s’est-il passé sur place? Les vidéos qu’elles ont enregistrées avec leurs caméscopes le révèlent…
La maison du diable
Le changement radical de décor est une excellente idée, permettant à Cognetti de jouer la carte de la nouveauté pour s’efforcer, comme le titre du film l’indique, de nous raconter les origines du mal. Nous nous apprêtons donc à découvrir d’où viennent les clowns, la mélodie obsédante au piano, mais aussi les faits et gestes du sataniste Andrew Tully. Plus l’enquête de Margot et Rebecca avance, plus les liens entre la manoir Carmichael et l’hôtel Abandon se tissent. Plusieurs échos avec Hell House 3 résonnent dans les flash-backs situés en 1989, notamment le personnage de Margaret qui a joué dans une adaptation de Faust et tient un masque semblable à celui que porte le public du spectacle « Insomnia ». Ce quatrième opus multiplie les séquences d’épouvante simples mais efficaces, comme cette ombre indéterminée qui se déplace contre un mur, cette balle qui roule toute seule sur le sol, cette silhouette féminine masquée qui apparaît furtivement au bout d’un couloir, sans compter les mannequins de clowns effrayants qui continuent à apparaître et disparaître subitement. Autres passages mémorables : le cadavre ensanglanté qui occupe soudain un lit que nous avions vu propre quelques seconde plus tôt, ou cette conférence vidéo qui prend une tournure angoissante. The Carmichael Manor est peut-être l’épisode le plus effrayant de la série, parce que ses mécanismes de peur s’appuient sur l’unité de lieu, de temps et de personnages. Là où les trois autres films multipliaient les angles de vue et les médias, celui-ci se concentre majoritairement sur trois protagonistes et un site unique. Dans la foulée de ce volet très réussi, Cognetti prendra le pari d’abandonner les codes du found footage pour un cinquième opus reliant entre eux tous les films de la franchise.
© Gilles Penso
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