PHANTASM 4 : AUX SOURCES DE LA TERREUR (1998)

Ne sachant visiblement plus par quel bout prendre la saga qui fit sa renommée, Don Coscarelli concocte un quatrième opus bien peu convaincant…

PHANTASM IV – OBLIVION

 

1998 – USA

 

Réalisé par Don Coscarelli

 

Avec A. Michael Baldwin, Reggie Bannister, Angus Scrimm, Bill Thornbury, Heidi Marnhout, Bob Ivy, Christopher L. Stone, Chloe Kay, Sylvia Flammer, David Gasster

 

THEMA MORT I SAGA PHANTASM

Phantasm 4 a bien failli être un film très différent de celui que nous connaissons. Grand fan de la saga créée par Don Coscarelli, Roger Avary, qui vient alors de remporter l’Oscar du meilleur scénario original pour Pulp Fiction, se met au travail sur le script d’un film qu’il baptise Phantasm 1999 puis Phantasm’s End. L’histoire se déroule dans un futur proche post-apocalyptique et Bruce Campbell est censé y tenir l’un des rôles principaux, avec face à lui de nouvelles créatures et un commando de soldats équipés d’une technologie de pointe pour affronter le Tall Man. Alléchant, non ? Sauf que le projet capote, faute de financements. Coscarelli reprend donc les choses en main et concocte un Phantasm 4 beaucoup plus modeste qu’il imagine comme un retour à l’esprit du tout premier Phantasm, après les débordements volontiers excessifs des deux films précédents. Pour y parvenir, il décide de réutiliser de nombreuses séquences qu’il avait tournées en 1979 avec les acteurs du film original et qui n’avaient finalement pas été utilisées au montage. Ces images inédites feront office de flash-backs au fil d’un récit confus qui prend la suite directe des événements racontés dans le troisième opus. N’ayant à sa disposition qu’un budget d’à peine 650 000 dollars, soit quatre fois moins que l’argent qu’il avait pu réunir pour Phantasm 2 et Phantasm 3, Coscarelli doit revoir ses ambitions à la baisse, et le résultat final s’en ressent fatalement. Si Roger Avary n’a plus rien à voir avec le film, il accepte cependant de jouer un petit rôle dans une séquence située dans le passé : celui d’un soldat de la guerre de Sécession.

Le film reprend les choses grosso modo là où Phantasm 3 les avait laissées. Mike (A. Michael Baldwin) s’échappe donc de la morgue Boulton à bord d’un corbillard, tandis que Reggie (Reggie Bannister) est en très mauvaise posture, piégé par les sphères du Tall Man (Angus Scrimm). Mais le sinistre croque-mort le laisse s’échapper, lui annonçant avec un demi-sourire que « le dernier jeu commence ». Dès lors, le scénario raconte en parallèle les mésaventures des deux hommes, au fil d’une sorte de road movie franchement incompréhensible. D’un côté, Mike se promène dans le désert (filmé dans la Vallée de la Mort), franchit des portes temporelles, tente de se suicider, rencontre un Tall Man du passé, découvre qu’il possède des pouvoirs télékinétiques, discute avec son frère mort transformé en sphère… De l’autre, Reggie fait toutes sortes de rencontres bizarres sur la route, tandis que Coscarelli n’en finit plus de faire exploser des voitures. Le réalisateur aurait-il eu des promotions dans une casse automobile ?

Bout de course

Certes, la confusion était déjà au programme du premier Phantasm qui faisait d’ailleurs de sa singularité un atout majeur, s’inscrivant dans une atmosphère macabre et onirique qui marqua fortement le public de l’époque. Mais Coscarelli semble ne plus trop y croire ici, comme s’il cherchait à réunir mécaniquement les ingrédients de son premier film sans y parvenir. De fait, Phantasm 4 ne nous réserve pas beaucoup de surprises. Le Tall Man (qui commence à accuser son âge), les nains maléfiques et les sphères volantes sont toujours au programme, mais cet opus manque sérieusement de nouveautés. Les deux scènes les plus intéressantes concernent les mésaventures improbables de Reggie. La première met en vedette un flic zombie quasiment-indestructible qui nous rappelle celui de L’Autoroute de l’enfer. La seconde confronte notre sympathique marchand de glace reconverti en guerrier à une jeune femme dont les seins sont soudain remplacés par des sphères métalliques menaçantes ! Ce sont les ténor Howard Berger et Robert Kurtzman, de l’atelier KNB, qui prennent en charge ces maquillages spéciaux. Pour le reste, rien de bien mémorable ne nous attend dans ce Phantasm 4 sans saveur qui tente de nous raconter les origines du Tall Man pendant le 19ème siècle. Le film s’achève sur une fin très ouverte, mais on sent clairement qu’on a fait le tour de la question. Un tardif cinquième épisode pointera pourtant le bout de son nez en 2016.

 

© Gilles Penso

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