

En tout début de carrière, un tout jeune Brad Pitt se retrouve face à un tueur psychopathe dans ce slasher lycéen…
CUTTING CLASS
1989 – USA
Réalisé par Rospo Pallenberg
Avec Donovan Leitch Jr., Jill Schoelen, Brad Pitt, Roddy McDowall, Martin Mull, Brenda James, Mark Barnet, Robert Glaudini, Eric Boles, Dirk Blocker, Nancy Fish
THEMA TUEURS
Proche collaborateur de John Boorman, Rospo Pallenberg participa à la production de Délivrance et écrivit les scénarios d’Excalibur, Exorciste 2 : l’hérétique et La Forêt d’émeraude. Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, il choisit de s’inscrire dans un phénomène de mode qui est pourtant en train de décliner : le slasher post-Halloween. Le titre de son galop d’essai, Cutting Class, est un jeu de mot sur les expressions « sécher les cours » et « couper » (car le tueur au cœur de l’intrigue n’hésite pas à trancher dans le vif). L’un des trois jeunes acteurs qui s’apprêtent à tenir la vedette du film, Donovan Leitch Jr. (tout juste libéré du tournage du Blob), est ravi de participer à l’aventure, dans la mesure où Délivrance et Excalibur font partie de ses films préférés. La pétillante Jill Schoelen, qui se frottait déjà à un psychopathe dans Le Beau-père, n’est pas du même avis. Le scénario de Cutting Class lui déplaît. Elle passe donc son tour, mais ses agents finissent par la convaincre du contraire, arguant qu’elle va partager l’affiche avec le vétéran Roddy McDowall (La Planète des singes). Le troisième rôle principal est attribué à une star en devenir : Brad Pitt. Le producteur Rudy Cohen n’est pas très chaud pour engager cet inconnu, mais Pallenberg insiste et trouve un argument imparable : plusieurs jeunes femmes au sein de la production se pâment devant ses photos en affirmant qu’il est irrésistible.


Jill Schoelen incarne Paula Carson, une sympathique lycéenne dont la vie n’est pourtant pas simple. Son petit ami, le basketteur Dwight Ingalls (Brad Pitt), ne brille franchement pas par sa subtilité, ce qui la pousse à remettre sérieusement en question la pérennité de leur couple. Pour compliquer les choses, elle est courtisée par le proviseur lubrique du lycée (Roddy McDowall) et par Brian Woods (Donovan Leitch Jr.), qui vient tout juste de sortir d’un hôpital psychiatrique après avoir été accusé du meurtre de son père. Comme si ça ne suffisait pas, un assassin mystérieux commence à ensanglanter les lieux et à réduire de manière alarmante les effectifs de l’école. Tout le monde finit par s’interroger sur l’identité du tueur. Serait-ce Dwight, dont la maîtrise de soi semble se volatiliser à vue d’œil ? Ou alors Brian, qui n’a peut-être jamais été guéri de ses pulsions homicides ? Ou encore le proviseur, qui semble prêt à tout pour se glisser sous la jupe de Paula ?
Séchez les cours !
Si les scènes de meurtres qui ponctuent le film restent globalement « soft », elles sont suffisamment régulières et variées pour distraire l’amateur de psycho-killers. Le tueur massacre en effet avec des flèches, un couteau, une hache, un four à céramique ou même un mat de drapeau ! Manifestement inspiré par son sujet, Pallenberg conçoit des séquences originales et mémorables : un visage inquiétant caché derrière une fontaine à eau, un double assassinat sous des gradins, une victime qui meurt sur une photocopieuse allumée (une idée qui sera reprise telle qu’elle dans Chucky 2), un empalement spectaculaire sur un trampoline (qui inspirera Eli Roth pour l’une des scènes de Thanksgiving), ou encore un climax mouvementé dans une salle emplie de machines. Pas encore « dégrossi », Pitt incarne ici un lourdaud taillé d’un bloc : sportif, accro à la bière, nul à l’école, macho, marquant son territoire autour de sa petite-amie. Cela dit, son personnage se révèle au fil de l’intrigue de moins en moins pachydermique. Désireux d’injecter des touches d’humour absurdes dans son film, le réalisateur crée d’étranges gags à répétition avec le père de l’héroïne ou avec un agent d’entretien parfaitement improbable. Pas follement mémorable mais plutôt distrayant, Cutting Class – que les distributeurs français affubleront du titre passe-partout Apprenti tueur – servira de pied à l’étrier au beau Brad, que le grand public découvrira deux ans plus tard dans Thelma et Louise. Rospo Pallenberg, lui, ne transformera pas l’essai. Ce sera son seul film en tant que metteur en scène.
© Gilles Penso
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