SOULMATE (2026)

Un programmeur accepte de tester le dernier prototype de l’entreprise qui l’emploie : un androïde féminin qui finit par échapper à tout contrôle…

SOULM8TE

2026 – USA

Réalisé par Kate Dolan

Avec Lily Sullivan, David Rysdahl, Claudia Doumit, Arty Froushan, Elijah Cook, Mara Huf, Sydney Blackburn, Isabelle Bonfrer, Emma Ramos, Oliver Cooper, Nicholas Lane

THEMA ROBOTS

Après le succès de Megan, et avant même que sa suite Megan 2.0 soit mise en chantier, James Wan lance l’idée d’un spin-off qui se déroule dans le même univers mais se focalise sur d’autres personnages. Ainsi nait le projet de Soulmate. L’histoire originale est écrite par Wan, Ingrid Bisu (Malignant) et Rafael Jordan (Poseidon Rex), ce dernier étant chargé de rédiger le scénario final. Mais le script se réadapte lorsqu’entre en scène la réalisatrice Kate Dolan, qui avait signé le film d’horreur You Are Not My Mother en 2021, et qui retravaille le scénario pour lui donner sa forme définitive. Décrit par ses créateurs comme un « thriller érotique de science-fiction », Soulmate partage avec Megan la thématique d’un robot féminin boosté à l’intelligence artificielle qui échappe totalement au contrôle des humains, et met en scène le même système domestique intelligent Elsie. Les deux histoires se déroulent donc dans un monde commun où les mêmes entreprises commercialisent leurs technologies. Mais à part ça, Soulmate n’a pas grand-chose à voir avec le film de Gerard Johnstone – les péripéties, les protagonistes, les enjeux sont radicalement différents – et peut s’apprécier de manière totalement indépendante. Au départ, Soulmate est censé sortir en salles. Mais après la décevante performance de Megan 2.0 au box-office, la stratégie de distribution change. Le film de Kate Dolan atterrit donc directement sur les plateformes de streaming en août 2026.

David Rysdahl, l’un des acteurs récurrents de la série Alien Earth, joue David, programmeur chez Canta Robotics. Alors qu’il pleure encore la mort de sa femme Lizzie, emportée par un cancer, la société qui l’emploie est rachetée par le groupe Ultima et son nouveau supérieur hiérarchique est fier de présenter à son équipe leur tout dernier produit : l’Ultima SOULM8TE, un prototype de robot de compagnie. Si l’androïde suscite immédiatement la curiosité de ses collègues, David décline d’abord l’invitation à participer au programme de bêta-test qui lui permettrait de l’accueillir chez lui. En revanche, il accepte d’essayer ULTI-M8TE, le chatbot conçu pour offrir une présence et un soutien émotionnel. Il le baptise Sara et, au fil de leurs échanges, un véritable lien affectif se noue entre eux, comblant manifestement le vide laissé par la disparition de Lizzie. David accepte finalement de tester le robot féminin, qu’il synchronise avec les données du chatbot. Incarnée par Lilly Sullivan (Evil Dead Rise), Sara est aussi séduisante qu’attentionnée, mais sa personnalité reste strictement encadrée par les limites de sa programmation. Désireux de vivre une relation plus authentique, David décide alors de modifier son code afin d’étendre ses capacités émotionnelles. Cette initiative ne tardera pas à avoir des conséquences catastrophiques…

Sex Machine

Avec Soulmate, nous naviguons dans des eaux très familières. L’entame évoque beaucoup Her, puisque nous sommes en présence d’un homme triste et solitaire qui trouve un peu de réconfort en discutant avec une IA, puis s’attache à elle. Lorsque le prototype robotique s’installe chez lui, nous voilà face à une version féminine de I’m Your Man. Puis la machine s’emballe, jalouse comme celle de Subservience et destructrice comme un Terminator en robe pailletée. L’intrigue et le concept lui-même ne brillent donc pas particulièrement par leur originalité ou leur nouveauté, d’autant que Companion, sorti un an plus tôt, brassait exactement les mêmes thèmes avec beaucoup plus d’inventivité. Soulmate tire tout de même son épingle du jeu grâce à sa mise en scène très solide, ses moments de suspense efficaces, sa poignée de scènes choc qui s’autorisent quelques écarts gore (dont une émasculation en plein coït, il fallait oser !) et surtout les prestations impeccables de Lily Sullivan (bluffante en androïde trop parfaite pour être vraie) et David Rysdahl (très touchant en beta testeur endeuillé puis dépassé par les événements). Le film puise surtout sa force dans son approche intimiste. Bien avant que son dernier acte ne bascule dans l’horreur attendue, il s’intéresse avec justesse au deuil, à la solitude et à la dépendance affective. Hélas, ces qualités ne suffisent pas à dissiper le sentiment persistant de déjà-vu qui imprègne l’ensemble et finit, inévitablement, par en atténuer l’impact.

© Gilles Penso

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