LES ENVAHISSEURS ATTAQUENT (1968)

Inoshiro Honda reprend les commandes de la saga Godzilla pour la plus grande confrontation de monstres de tous les temps

KAIJU SOSHINGEKI

 

1968 – JAPON

 

Réalisé par Inoshiro Honda

 

Avec Akira Kubo, Jun Tazaki, Kenji Sahara, Yoshiro Tscukiya, Kyoko Ai, Yukiko Kobayashi, Andrew Hughs

 

THEMA DINOSAURES I INSECTES ET INVERTÉBRÉS I REPTILES ET VOLATILES I ARAIGNÉES I SAGA GODZILLA

Les Envahisseurs attaquent est connu aux Etats-Unis sous le titre Destroy All Monsters ! (« Détruisez tous les monstres ! »), et l’on comprend pourquoi lorsqu’on découvre sa joviale propension à réunir dans le même scénario les créatures les plus populaires créées par la Toho depuis le premier Godzilla. Nous sommes en 1999 (soit 31 ans dans le futur) et tous les grands monstres de la Terre sont gardés sous contrôle dans l’île Ogaswara, qui porte le surnom très justifié de « Monster Island ». On y trouve notamment Godzilla, son rejeton Minya, le ptérodactyle Rodan, la chenille Mothra, le tyrannosaure Gorosaurus (vu dans King Kong s’est échappé), le reptile géant Baragon (apparu dans Frankenstein contre Baragon) et le saurien épineux Anguillas (qui affrontait le roi des monstres dans Le Retour de Godzilla). Ils vivent en liberté surveillée et peuvent manger à leur guise en puisant dans les ressources naturelles de l’île. Soudain, une étrange fumée envahit l’île et les monstres échappent à tout contrôle. Rodan vole jusqu’à Moscou où il détruit un avion puis carrément la Place Rouge, Baragon saccage l’Arc de Triomphe à Paris, Godzilla ravage la baie de Manhattan et fait brûler un navire, Mothra rampe sur une voie ferrée à Pékin et fait dérailler un train…

En réalité, les monstres et tous les employés du centre de contrôle de l’île sont manipulés par les Kilaaks, des femmes extra-terrestres en provenance d’Alpha du Centaure. Ces aliens peu charitables, qui ont les allures de Japonaises tout de blanc vêtu avec une espèce de bonnet de bain à paillettes sur la tête, se déplacent dans de jolies soucoupes volantes lumineuses. « Nous sommes là pour faire de vous nos esclaves », annoncent-elles sans détour au valeureux capitaine Yamabe (Akira Kubo) et aux membres de son astronef SY-3, qui ont découvert leur repaire dans une montagne. Même Kyoko, la fiancée de Yamabe, est désormais sous contrôle extra-terrestre.

Catcheurs antédiluviens

Entre-temps, tous les monstres se retrouvent au Japon pour un grand festival de cassage de maquettes, tandis que l’armée envoie des missiles sur fond de marche militaire enjouée. En fait, c’est sur la Lune que se trouvent les machines qui contrôlent monstres et humains. Une fois qu’elles sont détruites et qu’on découvre la vraie nature des Kilaaks (des métaux vivants), la Terre reprend le contrôle de ses créatures. Mais les aliens n’ont pas dit leur dernier mot et envoient Ghidrah à la rescousse. Un combat homérique et symbolique s’engage alors entre la créature extra-terrestre tricéphale et les dix monstres de notre planète : Godzilla, Minya, Rodan, Mothra, Gorosaurus, Baragon, Angillas, l’araignée géante Spigas, le serpent Manda (découvert dans Ataragon) et le reptile Varan (apparu pour la première fois en 1958). Ainsi, ce n’est plus seulement Godzilla mais tous ses collègues antédiluviens qui, cette fois-ci, se transforment en héros au secours des humains. Ce pugilat final, clou du spectacle, n’est pas une partie de plaisir pour l’équipe de tournage et le réalisateur Inoshiro Honda, dans la mesure où il faut coordonner simultanément les chorégraphies de six acteurs costumés et de cinq créatures animées par câbles et par filins. Gorgé de somptueuses maquettes et de séquences d’anthologie, Les Envahisseurs attaquent redonne du panache à une saga qui commençait un peu à s’endormir, son abondance de rebondissements et cette accumulation boulimique de monstres en tout genre forçant la sympathie.

 

© Gilles Penso



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