MAD MISSION 5 (1989)

Dans ce cinquième épisode de la délirante saga hongkongaise, de vils gangsters convoitent une épée mythique ancestrale

 SAN ZEOI GAAI PAAK DONG / ACES GO PLACES 5 : THE TERRACOTTA HIT

 

1989 – HONG-KONG

 

Réalisé par Lau Kar-Leung

 

Avec Samuel Hui, Karl Maka, Leslie Cheung, Nina Li Chi, Conan Lee, Melvin Wong, Ellen Chan, Danny Lee, Fennie Yuen, Roy Cheung, Brad Kerner

 

THEMA ESPIONNAGE ET SCIENCE-FICTION I SAGA MAD MISSION

Praticien du kung fu depuis son enfance, chorégraphe attitré des productions Shaw Brothers dans les années soixante, Lau Kar-Leung a déjà une solide expérience de réalisateur lorsqu’on lui confie Mad Mission 5, sa filmographie comptant déjà une vingtaine de longs-métrages mouvementés tels que Le Combat des maîtres, La 36ème chambre de Shaolin ou Les Démons du karaté. Comparativement à ses prédécesseurs Eric Tsang, Tsui Hark ou Ringo Lam, il est donc un « vétéran » lorsqu’il s’attaque aux aventures de Sam et Cody Jack. Son influence sur cette quatrième aventure se manifeste par une orientation sensible vers les codes du film d’arts martiaux et de cape et d’épée. Si quelques allusions à l’univers de James Bond subsistent, tout le décorum lié à l’espionnage a ici tendance à s’effacer au profit d’une mise en avant d’un folklore asiatique plus traditionnel. Autre nouveauté : Sylvia Chang ne fait plus partie du casting et le duo incarné par Samuel Hui et Karl Maka partage désormais l’affiche avec deux voleurs qu’incarnent Nina Li Chin et Leslie Cheung. Ce dernier, alors à l’aube de sa carrière, deviendra l’une des superstars les plus populaires du cinéma de Hong-Kong. Chanteur et acteur à succès, il sera notamment le héros de la trilogie Histoires de fantômes chinois.

Le film démarre en Thaïlande, où Sam et Cody, devenus chasseurs de prime pour payer leurs dettes, interviennent au milieu d’une cérémonie de fiançailles et kidnappent la promise afin de la restituer à son époux légitime. La scène semble échappée d’un western, nos héros à moto étant pris en chasse par des centaines de poursuivants à cheval qui finissent par les encercler, relecture du motif de l’attaque de la diligence. Mais en comprenant que leur employeur est un sale type, ils renoncent à leur mission. Trois ans plus tard, nous voilà à Hong-Kong, où la célèbre armée de terre cuite de la ville de Xi’an est acheminée sous haute surveillance pour une exposition. Mais le « gang du gant blanc » veut mettre la main sur ce trésor national, et notamment sur l’épée de l’empereur Qin (rebaptisée « Excalibur » pour le public occidental), un artefact mythique et extrêmement précieux. Deux jeunes voleurs leur dament le pion et la subtilisent à leur place. L’un prend la fuite en se propulsant avec un canon, l’autre utilise le pouvoir de l’épée pour se frayer un chemin dans un grillage. Ces deux acrobatiques malfaiteurs s’étant faits passer pour Sam et Cody Jack, les deux amis – fâchés depuis trois ans – refont équipe pour se disculper. Ils se retrouvent rapidement pris entre le feu des autorités, de ceux qui ont usurpé leur identité et du gang du gant blanc.

L’Excalibur de Chine

Cet ultime épisode met donc le paquet sur les combats de kung-fu, tous plus virtuoses et acrobatiques les uns que les autres. Il faut saluer là l’incroyable énergie de ses comédiens, prompts à se contorsionner en tous sens pour les besoins du film. Du coup, le scénario lui-même, volontairement simpliste, est assumé comme un prétexte à un enchaînement de pugilats et de démonstrations de force. L’influence de la saga 007, plus discrète qu’auparavant, se limite à quelques accords de guitare inspirés du « James Bond Theme » et à un vilain improbable portant un gant en forme de chat blanc qu’il passe son temps à caresser ! Bien sûr, les scènes d’action n’ont rien perdu de leur grain de folie et de leur caractère vertigineux, avec une mention spéciale pour notre héros coincé dans une cabine téléphonique enlevée par une grue, ou encore cette virée en voiture qui tourne à la catastrophe. Mais la grande idée visuelle du film intervient au cours du climax, situé dans un entrepôt où sont stockées les statues des guerriers en terre cuite. La moitié d’entre elles s’avèrent être de vrais soldats costumés, ce qui occasionne un monstrueux combat surréaliste où les statues n’en finissent plus de s’animer pour contrer les protagonistes, tandis que l’épée de Qin, soudain chargée d’électricité, confèrent à ceux qui l’utilisent un pouvoir particulier. Ce beau final clôt officiellement la franchise Mad Mission, même si un ultime épisode à part, New Mad Mission, sera réalisé en 1997 avec un casting totalement différent.

 

© Gilles Penso

 

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