TWISTER (1996)

Après le coup d’éclat de Speed, Jan de Bont lance Bill Paxton et Helen Hunt sur la trace de tornades cataclysmiques…

TWISTER

 

1996 – USA

 

Réalisé par Jan de Bont

 

Avec Helen Hunt, Bill Paxton, Cary Elwes, Jami Gertz, Philip Seymour Hoffman, Lois Smith, Alan Ruck, Sean Whalen

 

THEMA CATASTROPHES

Directeur de la photographie au talent indiscutable (nous lui devons les images somptueuses de Piège de cristal, L’Expérience interdite, À la poursuite d’Octobre Rouge, Black Rain, Basic Instinct et bien d’autres blockbusters), Jan de Bont était passé à la mise en scène avec succès à l’occasion du film d’action décomplexé Speed, confirmant le statut de superstars de Keanu Reeves et Sandra Bullock. Après s’être penché sur le projet d’un Godzilla américain qui ne se fera pas à cause d’un budget estimé trop important (le projet sera finalement réalisé par Roland Emmerich), le cinéaste se voit confier un autre projet de grande ampleur : Twister. Le film est chapeauté par deux majors, Universal et Warner Bros, la production exécutive est assurée par Steven Spielberg et le budget s’élève à 72 millions de dollars. Twister part donc avec pas mal d’atouts en poche. D’autant que le scénario est co-écrit par Michael Crichton (porté aux nues depuis le succès de Jurassic Park) qui collabore ici pour la première fois avec son épouse Anne-Marie Martin. En tête d’affiche, deux comédiens solides se partagent la vedette : Helen Hunt, à l’époque très présente sur les petits écrans grâce à la série Mad About You, et Bill Paxton, acteur fétiche de James Cameron.

Le récit prend la tournure classique d’un traumatisme d’enfance initial conditionnant le comportement et les motivations du protagoniste devenu adulte. Nous voici donc en présence de Jo Harding (Helen Hunt), dont la détermination est dictée par la tornade qui dévasta en 1969 sa maison et emporta son père dans les airs. Elle est aujourd’hui à la tête d’une équipe de chasseurs de tornades, des météorologues d’un genre très spécial qui affrontent ces monstres naturels sur le terrain et n’ont pas froid aux yeux.  Bill (Bill Paxton), son ex-mari et partenaire sur le terrain, est sur le point de se remarier et de s’orienter vers une vie plus tranquille. Mais une nouvelle série de tempêtes titanesques le pousse à réintégrer cette équipe, partie autant chasser les tornades que l’adrénaline. Les relations entre personnages s’avérant souvent orageuses, les intempéries décrites dans Twister sont à la fois réelles et symboliques. Certes, tout ceci n’est pas d’une très grande finesse, mais l’abattage des comédiens (avec en prime un Philip Seymour Hoffmann totalement illuminé et un Cary Elwes délicieusement cynique) et le dynamisme du film emportent facilement l’adhésion.

Autant en emporte le vent

Pour les acteurs, le tournage s’avère très physique dans la mesure où Jan de Bont les plonge au cœur de l’action, fonce vers eux avec une caméra mobile et les pousse à réaliser un grand nombre de cascades eux-mêmes. D’où ce sentiment d’urgence permanent à l’écran. « J’aime donner aux spectateurs l’impression d’être au cœur des événements », nous confiait Jan de Bont. « Plutôt que donner à voir des choses impressionnantes dans des plans larges bien composés que l’on contemple confortablement assis dans son fauteuil, je préfère que le public soit plongé dans l’action. Du coup, j’utilise très peu de plans fixes. » (1) Impeccables, les effets spéciaux mêlent habilement l’image de synthèse (320 plans truqués par ILM) et les effets de plateau (supervisés par le vétéran John Frazier) pour un spectacle total proche d’une attraction de fête foraine. Car telle est l’ambition véritable du film, nous ramenant aux grandes heures du cinéma catastrophe des années 70 façon Tremblement de terre. Pour renforcer l’impact des scènes de destruction, Jan de Bont dote les tornades de rugissements de monstres, comme s’il comblait sa frustration de ne pas avoir pu filmer Godzilla. Mark Mancina apporte une touche musicale bienvenue, le compositeur de Speed mêlant allègrement l’orchestre symphonique, les rythmiques électroniques, les guitares électriques saturées et même les chœurs bibliques. Gigantesque succès en salles, Twister est un film qui a tendance à se bonifier avec le temps et n’a rien perdu de son pouvoir récréatif. Sur sa lancée, Jan de Bont aura pourtant du mal à garder le rythme, enchaînant ensuite les superproductions décevantes (Speed 2, Hantise, Tomb Raider 2) jusqu’à interrompre sa carrière de réalisateur en 2003.


(1) Propos recueillis par votre serviteur en septembre 1999

 

© Gilles Penso

 

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