LES MALÉFICES DE LA MOMIE (1964)

Une expédition britannique découvre en Égypte une momie parfaitement conservée qui ne tarde pas à s’éveiller pour semer la terreur…

THE CURSE OF THE MUMMY’S TOMB

 

1964 – GB

 

Réalisé par Michael Carreras

 

Avec Terence Morgan, Ronald Howard, Fred Clark, Jeanne Roland, George Pastell, Jack Gwillim, John Paul, Michael Ripper

 

THEMA MOMIES

Cinq ans après La Malédiction des pharaons, une nouvelle momie vient semer la terreur dans une production Hammer à l’occasion de ces Maléfices de la momie. Anthony Hinds en écrit une partie du scénario, sous son pseudonyme habituel John Elder. Michael Carreras ne se contente pas de produire le film, puisqu’il en co-rédige l’histoire en utilisant comme nom d’emprunt Henry Younger. Contrairement aux sagas Dracula et Frankenstein de la Hammer, Christopher Lee et Peter Cushing ne sont pas récurrents dans celle de la Momie, puisqu’ils n’apparaissent que dans le premier opus. Les studios Bray, acquis par la Hammer en 1951, sont mis en veille après le tournage de La Gorgone, dans la mesure où la Hammer ne sait pas encore si la major Columbia souhaite renouveler son contrat de distribution. Les Maléfices de la momie est donc tourné aux studios Elstree. Une expédition britannique y découvre en Égypte une tombe royale inviolée depuis des siècles. Plus étonnant encore, la momie est dans un état de conservation parfait et présente des particularités qui justifient son transfert en Angleterre, ce qui laisse à certains l’espoir d’appétissants bénéfices commerciaux.

L’un des archéologues déchiffre le texte inscrit sur un collier que porte la momie, ravivant sans le savoir une malédiction vengeresse. Des meurtres sauvages s’enchaînent alors jusqu’à ce que soit payée la dette de sang. Prenant la relève de Christopher Lee, Dickie Owen incarne la momie, qui se nomme désormais Ran-Antef. Pour jouer le rôle féminin principal des Maléfices de la momie, Michael Carreras fait appel à l’actrice Jeanne Roland, qu’il vient tout juste de rencontrer dans une soirée. Quant à Fred Clark, il incarne le showman américain Alexander King qui rêve de faire de l’argent en exhibant la momie dans les foires et cirques du monde entier. Son personnage apporte au film du cynisme, de l’humour et une touche de modernité. La toute première apparition de Ra-Antef, qui se fait bien attendre, s’avère assez théâtrale. Surgissant en haut d’un immense escalier, la créature semble vouloir imiter Christopher Lee dans Le Cauchemar de Dracula.

Moitié os, moitié bandage !

Mais par la suite sa présence et les meurtres qu’elle commet suivent une routine qui laisse les spectateurs un peu indifférents. Le film est sans doute aussi dévalorisé par l’absence de tête d’affiche, même s’il bénéficie des habituelles qualités propres à la Hammer, c’est-à-dire de splendides décors, une photographie soignée, des comédiens convaincants et même un peu de gore, comme en témoignent pas moins de trois mains tranchées. Le dossier de presse préliminaire annonce à l’époque « Un monstrueux géant de vingt pieds de haut au parcours parsemé de meurtres au milieu des paysages du Caire », avec une illustration muant la momie en émule de King Kong, une jeune fille terrifiée au creux de sa main. Cette affiche un tant soit peu mensongère est pourtant utilisée telle quelle lors de l’exploitation du film en double programme avec La Gorgone. Le monstre retrouve ses proportions normales dans le poster américain du film, accompagné d’un slogan imparable : « Moitié os, moitié bandage, entièrement horrifique à vous glacer le sang ! »

 

© Gilles Penso


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