SOUVIENS-TOI L’ÉTÉ DERNIER (2025)

Près de vingt ans après le premier opus de la saga, cette suite tardive tente de renouer avec les vieilles recettes d’antan, sans beaucoup de succès…

I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER

 

2025 – USA

 

Réalisé par Jennifer Kaytin Robinson

 

Avec Chase Sui Wonders, Madelyn Cline, Jonah Hauer-King, Tyriq Withers, Sarah Pidgeon, Billy Campbell, Freddie Prinze Jr., Jennifer Love Hewitt, Austin Nichols

 

THEMA TUEURS I SAGA SOUVIENS-TOI L’ÉTÉ DERNIER

Bizarre, cette mode qui consiste à ressusciter les slashers d’antan en recyclant tel quel le titre du premier film, comme s’il s’agissait d’un remake ou d’un reboot flambant neuf. Pourtant, à l’image du Halloween de David Gordon Green, du Massacre à la tronçonneuse de David Blue Garcia ou du Scream signé Bettinelli-Olpin et Gillett, ce Souviens-toi l’été dernier millésime 2025 n’est rien d’autre qu’une séquelle peinant à ranimer les braises d’une franchise depuis longtemps refroidie. Déjà à la fin des années 90, Souviens-toi l’été dernier et ses suites n’étaient qu’un ersatz opportuniste du carton Scream, sans véritable valeur ajoutée face au néo-slasher de Wes Craven. Alors, que pouvait-on espérer d’un quatrième opus ? Le film de Jennifer Kaytin Robinson (scénariste de Thor : Love and Thunder – aïe !) situe l’action plusieurs décennies après les deux premiers volets, sans tenir compte du troisième épisode sorti en 2006 en DTV. Et pour caresser les fans dans le sens du poil, les têtes d’affiche de l’époque reprennent du service. Freddie Prinze Jr. et Jennifer Love Hewitt, désormais proches de la cinquantaine, affrontent donc à nouveau le croque-mitaine au crochet.

L’inévitable trauma qui fait démarrer l’intrigue emprunte toujours la même mécanique : des amis fêtards déclenchent involontairement un accident nocturne sur la route et décident de garder le secret. L’entame est mise en scène avec soin, le suspense fonctionne plutôt bien, mais cette récurrence finit par devenir absurde, pour ne pas dire improbable. Le film ne cesse d’ailleurs de se référer aux événements survenus en 1997, pour bien nous faire comprendre que nous opérons ici un retour aux sources. Et même si l’un des dialogues affirme avec cynisme que « la nostalgie, c’est pour les vieux », c’est bien à une manœuvre régressive que nous assistons ici. Une fois que le drame s’enclenche et que les premiers meurtres ensanglantent la ville, les « legacy characters » entrent en scène, autrement dit les vieux acteurs qui assurent le lien avec les films originaux et s’efforcent – sans beaucoup de conviction, comme s’ils se prêtaient au jeu de mauvaise grâce – d’assurer par leur seule présence une certaine légitimité à cet opus tardif. Destination finale Bloodlines ne se donnait pas tant de mal et parvenait pourtant habilement à raviver une franchise horrifique elle aussi née à la fin des années 90, en lui injectant du sang neuf. Mais ici, on se contente des vieilles recettes en espérant qu’elles fonctionnent encore.

Oublie-moi l’été prochain

Or les clichés qui s’accumulent ici sont sérieusement éculés, y compris la surcharge de « chansons cool » qui alimentent la bande son. Aucune séquence ne sort vraiment du lot, tout semble avoir déjà été vu ailleurs, et même les lieux visuellement intéressants (comme le sauna enfumé) ne sont pas exploités par un scénario désespérément paresseux. L’attitude du tueur, de son côté, est parfaitement incompréhensible, plus propice aux besoins de la mise en scène que mues par une motivation logique. Exemple : notre assassin surgit debout, immobile, derrière l’un des personnages principaux, laisse le temps à ce dernier – et aux spectateurs – de remarquer sa présence, de sursauter, de crier, et décide seulement ensuite de passer à l’attaque. Par ailleurs, il apparaît et disparaît à volonté, défiant les lois de la physique, comme s’il se muait en créature surnaturelle selon les besoins du récit. C’est par pure charité que nous éviterons de nous attarder sur la scène de la révélation finale, affublée du sempiternel monologue explicatif du tueur qui atteint ici les sommets du comique involontaire. Et que dire de la ridicule séquence post-générique façon Marvel ? Chers amis de Columbia Pictures et de Screen Gems, serait-ce trop vous demander de laisser mourir gentiment les vieilles franchises et d’inventer de nouvelles choses ?

© Gilles Penso

À découvrir dans le même genre…

 

Partagez cet article