OUTPOST EARTH (2019)

Après que la Terre ait été dévastée par une attaque extra-terrestre, les survivants errent au milieu de mutants et de monstres invraisemblables…

OUTPOST EARTH

 

2019 – USA

 

Réalisé par Brett Piper

 

Avec Erin Waterhouse, Titus Himmelberger, Kristen Gylling, Mason Carver, Yolie Canales, Steve Diasparra, James Carolus, Jeff Kirkendall.

 

THEMA FUTUR I EXTRA-TERRESTRES

Les faibles moyens à sa disposition n’ayant jamais réfréné les ambitions de Brett Piper (réalisateur, scénariste, producteur et créateur des effets spéciaux de la grande majorité de ses films), ce dernier décide de faire démarrer Outpost Earth comme une sorte de remake décomplexé d’Independence Day, au cours duquel des nuées de vaisseaux extra-terrestres saccagent toutes les cités de notre planète. L’intrigue se situe donc dans un monde post-apocalyptique qui nous ramène à l’époque de Battle for the Lost Planet, l’un de ses premiers longs-métrages. Une poignée de survivants erre sur cette terre dévastée, s’efforçant d’échapper aux « goons », surnom qu’ils ont donné aux aliens pilotant des vaisseaux dont le look rétro évoque l’imagerie de Flash Gordon et Buck Rogers. Impitoyables chasseurs, les envahisseurs lancent à l’assaut des derniers rescapés des molosses carnassiers, qu’ils contrôlent grâce à un collier commandé à distance, et des « clickets », autrement dit des espèces d’insectes-crustacés géants dont la gueule crochue est ornée de cornes. Ces créatures sont toutes animées en stop-motion, dans l’esprit de celles de Ray Harryhausen.

La créature vedette du film est un golem titanesque, ancien humain ayant muté après avoir été irradié par les rayons extra-terrestres. Bienveillant, ce monstre impressionnant à la morphologie simiesque évoque tour à tour King Kong et le cyclope du 7Voyage de Sinbad. Il vient en aide à nos héros en affrontant plusieurs « clickets », puis les sauve des rayons destructeurs des machines de guerre extra-terrestres. Ces robots, montés sur des sortes de pattes de crabe et équipés d’un canon articulé, sont eux aussi animés image par image, tout comme les nombreux vaisseaux qui se livrent des batailles homériques dans les cieux de cette Terre rétrofuturiste. À mi-chemin entre Flesh Gordon et Le Jour de la fin des temps, les nombreux effets visuels d’Outpost Earth sont les atouts principaux de ce film modeste qui n’est pas dénué d’humour, notamment lorsque l’un des personnages principaux découvre qu’il ne peut piloter les vaisseaux ennemis qu’en état d’ivresse.

Des techniques héritées de King Kong

La démarche de Piper peut sembler totalement anachronique, à une époque où les effets numériques bon marché inondent les petits films de science-fiction déployés par les compagnies indépendantes. Mais il s’accroche à la stop-motion comme à une bouée de sauvetage, seul médium capable selon lui de donner corps à ses folles idées. « C’est King Kong qui m’a donné envie de faire des films », raconte-t-il. « C’est pour cette raison que j’aime utiliser les mêmes techniques, aujourd’hui encore. Peut-être que si j’étais né plus tard, mes sentiments ne seraient pas les mêmes. Mais j’essaie de tirer parti de tous les outils qui sont à ma disposition. Je crée les plans composites numériques et parfois j’ajoute des flous de mouvement ou j’ajuste le timing de mes animations. Je ne suis pas contre l’idée de me simplifier la vie. Ça me permet de rattraper des plans qui, avant, auraient dû être recommencés. » (1) Du moment que cette démarche permet à Brett Piper de continuer à mettre en boîte des films aussi légers, sympathiques et riches en bestioles délirantes qu’Outpost Earth, ça nous va !

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mai 2019

 

© Gilles Penso

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