GROOM LAKE (2002)

Cette histoire de science-fiction à tout petit budget, réalisée par William Shatner, raconte une opération secrète liée à des activités extra-terrestres…

GROOM LAKE

 

2002 – USA

 

Réalisé par William Shatner

 

Avec William Shatner, Dan Gauthier, Amy Acker, Tom Towles, Dick Van Patten, John Prosky, Dan Martin, Rickey Medlocke, Duane Whitaker, Brenda Bakke

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES I SAGA CHARLES BAND

Après avoir fait ses débuts de metteur en scène sur la série Hooker, William Shatner passe au format long avec Star Trek 5, sans beaucoup de succès. Tant et si bien que sa carrière de réalisateur se poursuit alors timidement sur les petits écrans. Mais le capitaine Kirk a plein de projets dans ses cartons, notamment le film de science-fiction Groom Lake qu’il essaie désespérément de vendre un peu partout. En désespoir de cause, il se tourne vers la très modeste compagnie de production Full Moon, qui lui ouvre grand la porte. Pour l’occasion, Charles Band alloue au projet un budget de 200 000 dollars et un planning de tournage de 22 jours. C’est colossal selon les canons des films Full Moon, mais aux yeux de Shatner, de tels moyens sont dérisoires. Et c’est là que commencent les problèmes. J.R. Bookwalter, chargé de produire le film, se heurte quotidiennement aux frustrations de l’acteur/réalisateur dont les sautes d’humeur finissent par entacher sérieusement l’ambiance du tournage. A tel point que tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette étrange aventure préfèrent l’oublier poliment. Le résultat n’est certes pas honteux, mais Groom Lake souffre clairement de l’écart abyssal qui sépare ses ambitions de ses moyens, et s’oublie rapidement après son visionnage.

Le film s’intéresse d’abord à un camionneur qui aperçoit des lumières bizarres scintiller derrière une montagne, arrête son véhicule et hurle vers le ciel « Je suis là, prenez-moi ! », tandis qu’une étrange lueur colorée se dépose sur ses mains. Puis nous voilà en présence des deux héros du film, Kate (Amy Acker, vue notamment dans Alias et La Cabane dans les bois) et son époux Andy (Dan Gauthier, habitué des soap operas tels que Beverly Hills ou Melrose Place). En virée dans un road trip au beau milieu du désert d’Arizona, ils se dirigent vers Groom Lake, à proximité de la fameuse Zone 51. Un flash-back cotonneux nous apprend que les médecins ont diagnostiqué une forme de lupus incurable chez Kate et que ses jours sont comptés. Cette quête d’une région où ont été signalées des présences extra-terrestres est donc un moyen désespéré, pour la jeune femme, d’entrer en contact avec d’autres formes de vies et, pourquoi pas, de découvrir ce qui se passe au-delà de cet univers. Parallèlement, le film s’intéresse au général Gossner (William Shatner) qui dirige un centre militaire top secret à Groom Lake et cherche à renvoyer vers sa planète une entité extra-terrestre qu’il garde sous sa protection…

Rencontres du troisième cheap

Si Shatner se laissait inspirer par 2001 l’odyssée de l’espace pour concocter son peu convaincant Star Trek 5, sa référence principale ici est de toute évidence Rencontres du troisième type : les lumières derrière la montagne, les scientifiques qui s’affairent en secret, le couple qui tente d’atteindre le sommet pour découvrir le secret venu des étoiles, les populations fascinées qui se regroupent dans le désert… Malheureusement, les effets spéciaux ont bien du mal à suivre. Ce vieil homme qui émet une lueur phosphorescente disgracieuse, cet OVNI mi-tambour mi-méduse en affreuses images de synthèse ou cette combinaison extra-terrestre qui n’aurait pas dépareillé dans un épisode de X-Or auraient plutôt tendance à provoquer le rire que la fascination. Sans compter les idées bizarres et glauques qui éloignent définitivement le film du grand public auquel il semblait pourtant destiné, comme cet homme calciné en gros plan contre un portail électrifié où ces cowboys qui violent l’héroïne dans leur camionnette. Mal fichu malgré ses intentions initiales et malgré toute la « production value » que J.R. Bookwalter parvient péniblement à mettre au service de la mise en scène (hélicoptères, cascades automobiles, scènes de foules), Groom Lake connaîtra une sortie vidéo très discrète et tombera dans l’oubli. En dépit de cette expérience décevante, Shatner continuera à animer pour Charles Band l’émission Full Moon’s Fright Night sur la chaîne Sci-Fi Channel.

 

© Gilles Penso

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