DINOSAUR VALLEY GIRLS (1996)

Un acteur hollywoodien obsédé par des visions de la préhistoire se retrouve propulsé dans une vallée peuplée de dinosaures et de tribus sauvages…

DINOSAUR VALLEY GIRLS

 

1996 – USA

 

Réalisé par Donald F. Glut

 

Avec Jeff Rector, William Marshall, Griffin Drew, Harrison Ray, Elizabeth Landau, Carrie Vanston, Shirlee Jean Brown, Tony Clay, Joan Gregory, Yvonne Green

 

THEMA DINOSAURES

Don Glut a été biberonné aux films de monstres, aux comics et à la science-fiction sous toutes ses formes. Entre 1953 et 1969, il réalise une quarantaine de films amateurs qui finissent par attirer l’attention de Forrest J. Ackerman, l’éditeur du célèbre magazine Famous Monsters of Filmland. Celui-ci va l’aider à se faire connaître et à se frotter au monde professionnel. Glut devient ainsi scénariste pour la télévision (sur des séries live ou animées telles que Land of the Lost, L’Araignée, Transformers ou G.I. Joe), écrit une soixantaine d’ouvrages (dont la novélisation officielle de L’Empire contre-attaque tout de même), bref se révèle extrêmement prolifique. Avec Dinosaur Valley Girls, il passe enfin au long-métrage, même si le budget reste anémique et les moyens techniques très limités. C’est l’occasion pour lui de rendre hommage aux films de Ray Harryhausen, d’appliquer à grande échelle sa passion sans borne pour les dinosaures (auxquels il a consacré un grand nombre de livres), de mettre en scène une brochette de jolies filles en peaux de bêtes et de faire apparaître quelques guest-stars. Forrest J. Ackerman joue donc furtivement les passants et l’actrice Karen Black (747 en péril, La Poupée de la terreur, Trauma, Capricorn One) entre dans la peau d’une des femmes préhistoriques.

Le scénario concocté par Glut ne s’embarrasse ni de cohérence, ni de fioritures. Autant aller directement à l’essentiel. Son héros, Tony Markham (Jeff Rector), est une star hollywoodienne qui travaille sur son nouveau film d’action, Feet of Fury 4. Mais depuis quelques temps, il est perturbé par des rêves et des hallucinations dans lesquels il voit des dinosaures s’ébattre dans la nature et une jolie pin-up préhistorique, Hea-Thor (Denise Ames), qui semble l’inviter à la rejoindre. Alors qu’une journaliste lui propose une interview pour évoquer sa carrière, il l’emmène dans un musée d’histoire naturelle pour aller voir de plus près les squelettes de dinosaures. En découvrant un étrange talisman dans la pièce où sont stockés les artefacts les plus anciens, il formule le vœu de rejoindre la fille préhistorique de ses rêves… et se retrouve aussitôt propulsé dans « la vallée des dinosaures », un lieu sauvage où cohabitent des espèces appartenant à plusieurs époques…

Jurassic Girls

Comme à l’époque de Un million d’années avant JC ou Quand les dinosaures dominaient le monde, les deux attractions principales du film sont les playmates préhistoriques en bikini fourré (ici beaucoup moins pudiques que Raquel Welch ou Victoria Vetri) et les créatures antédiluviennes. La stop-motion qui leur donne vie est maladroite et saccadée mais ne manque pas de charme. Dans des décors miniatures minimalistes s’animent ainsi des ptérosaures, un brontosaure, un stégosaure, un camposaure et surtout un redoutable allosaure qui représente la menace principale de ce monde sauvage improbable. Quelques accessoires mécaniques sont également sollicités, notamment une marionnette pour que la tête de l’allosaure bave et une griffe grandeur nature pour qu’il puisse arracher les soutien-gorge des sauvageonnes ! Pour compléter le tableau, Don Glut sollicite un véritable iguane qu’il fait passer pour un reptile géant, dans l’esprit de Tumak fils de la jungle et Voyage au centre de la Terre. Les traits d’humour patauds du film sont principalement véhiculés par la tribu d’hommes préhistoriques flatulents qui vivent séparément des femmes et grognent dans un sabir inventé de toutes pièces. Dinosaur Valley Girls est une œuvrette sympathique mais qui n’a pas grand-chose à raconter. En plein milieu du métrage, sans doute pour faire office de remplissage, Glut insère d’ailleurs un clip avec la chanson « Jurassic Punk », dans lequel les filles dansent les seins nus pendant que les dinosaures se baladent dans la forêt. Le film a au moins le mérite d’afficher clairement ses modestes ambitions et nous évoque irrésistiblement le Dinosaur Babes de Brett Piper, sorti la même année, qui repose sur les mêmes ingrédients.

 

© Gilles Penso

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